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Quels salaires pour les artistes du Web ?

Webdesigner, flasheur, ergonome, architecte de l’information… Passage en revue des salaires 2009 des métiers du design numérique. Une profession qui vit différemment les aléas de la crise.

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C'est un homme jeune, parisien, de niveau bac + 4. Il travaille dans le design numérique et gagne en moyenne 35 500 euros bruts. Le designer Web n'échappe pas au cliché qui lui colle à la peau. Pour la troisième année consécutive, l'association Designers Interactifs (*) a cartographié ces métiers souvent mal identifiés que sont l'ergonome, le designer d'interaction ou l'architecte de l'information. Des métiers jeunes qui ne dépassent pas les quinze ans d'existence.
A mi-chemin entre la création graphique et la prestation de service informatique, ces professionnels du Web ont plutôt bien traversé la crise sur le plan de la rémunération. Sur les 1710 réponses que comporte l'étude, 37 % déclarent une progression de leurs revenus en 2009 contre 33 % en 2008.
En revanche, leurs conditions de travail ont changé. Beaucoup, suite au retournement de conjoncture, ont massivement abandonné leur statut de free lance (- 11 %) pour intégrer l'annonceur (+ 2 %), et surtout les agences (+ 10 %). Plus d'un designer sur deux travaille désormais en agence. Les multiples rachats de Publicis ont participé à ce mouvement de consolidation.

Les femmes gagnent 22 % de moins

Entre le webdesigner junior qui affiche 25 657 euros bruts au compteur et le directeur de création qui émarge à 66 124 euros, le chiffre rond de la rémunération moyenne cache de fortes disparités. Prime est donnée à l'expérience dans cette profession qui finit malgré tout par mûrir. En effet, 39 % des sondés ont désormais plus de cinq ans d'expérience et 12 % d'entre eux plus de dix ans.
L'appartenance à une école de prestige est également déterminante. Un diplômé de l'ENSCI ou des Beaux-Arts gagne de 10 à 15 000 euros de plus qu'un confrère issu de l'Esag. On note aussi un écart de salaire de plus de 22 % entre hommes et femmes. Une disparité choquante au sein d'un secteur censé être novateur dans son approche de l'organisation du travail. Elle montre surtout la difficulté des « designeuses » à accéder aux postes de management.

Haro sur les charlatans du Web Design

Président fondateur de Designers Interactifs, Benoît Drouillat pointe aussi du doigt les personnes qui s'autoproclament ergonome ou architecte de l'information et nuisent à la profession : « Ce charlatanisme tend à faire plafonner les rémunérations qui nous paraissent basses par rapport aux autres fonctions de cadre ». Et si des filières de formation existent, il manque un véritable Ordre de la profession pour réguler ces pratiques.
Preuve de cette absence de reconnaissance, l'Insee vient tout juste d'accorder un code NAF au design numérique dans sa nomenclature des activités, alors que la profession était jusqu'alors ballottée entre design et conception logicielle.
Un flou également entretenu par les donneurs d'ordres. « Les entreprises acheteuses ne comprennent pas encore les bénéfices du design. On est perçu comme les gens qui donnent un coup de couleur à la fin du projet, alors qu'un ergonome intervient dès la phase de conception. »
La profession est davantage assimilée à de la prestation informatique et à du développement logiciel qu'à du design. Pour autant, l'expertise ou la rareté de certaines compétences peuvent se monnayer sur le marché.
Cela explique une certaine surenchère sur les profils d'ergonome, de développeur front office ou d'architecte de l'information. Avec parfois des retours de bâton. Le développeur Flash voit son salaire radicalement revu à la baisse. Son comportement de diva a fini par lasser. La réinternalisation de cette compétence en agence et sa réaffectation vers des profils juniors à accentué le tassement.

Salaires bruts moyens annuels pour des profils confirm?

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(Descriptif des métiers depuis le Guide des métiers de Designers Interactifs et le portail des métiers de l'Internet).

- Webdesigner, 30 459 € (25 000 € en 2008) ▲ Le webdesigner intervient sur la conception de l'interface Web : l'architecture, l'organisation des pages, l'arborescence et la navigation d'un site. Il tient compte des contraintes spécifiques à l'ergonomie, l'utilisabilité et l'accessibilité. Métier chapeau, il peut recouvrir différentes spécialités.

- Webmaster, 32 280 € (35 000 € en 2008) ▼ C'est une fonction générique. Le poste de webmaster est le plus souvent assimilé à celui de responsable d'un site Web, et donc associé à la conception comme à la mise en œuvre du site, puis à sa gestion et à sa maintenance.

- Développeur Web, 33 083 € (32 900 € en 2008) ► Le développeur Web programme, teste, corrige les erreurs, assure le suivi et la maintenance d'applications en ligne. Il manie les principaux langages orientés serveurs (PHP, ASP...) pour assurer le dialogue entre l'interface Web et les bases de données.

- Ergonome Web, 34 777 € (30 000 € en 2008) ▲ L'ergonome transcrit les besoins et les objectifs des utilisateurs afin de créer des interfaces utiles, intuitives et utilisables. Il collabore aussi avec l'équipe design pour assurer la cohésion et la conformité des choix.

- Chef de projet, 37 500 € (45 000 € en 2008) ▼ Il est le garant de la mise en œuvre complète du projet. Son intervention comprend le management de l'équipe, des ressources externes ou internes, le respect du budget et du calendrier, le suivi et l'attribution des tâches. En relation permanente avec le client, il veille également à la rentabilité du projet et à sa qualité globale.

- Développeur front office, 40 000 € (35 000 € en 2008) ▲ Le développeur front office transforme les maquettes d'interface fournies par l'équipe créative en gabarits (X)HTML et en feuilles de styles CSS. Ces derniers pouvant s'afficher dans un navigateur Web pour des applications alimentées en contenus par des bases de données.

- Designer Web et Flash, 41 400 € (55 000 € en 2008) ▼ Le designer Flash ou flasheur crée des contenus et des animations dynamiques en intégrant des animations Flash au sein de sites développés en HTML ou en produisant des interfaces intégralement en Flash. Il programme en se fondant sur les spécifications fonctionnelles de la direction artistique.

- Architecte de l'information, 44 760 € (35 000 € en 2008) ▲ L'architecte de l'information définit des structures, des taxinomies et des systèmes de navigation pour optimiser un site Web. Combinant objectifs marketing et besoins utilisateurs, il définit ou supervise le comportement de l'interface et son organisation spatiale.

- Designer d'interaction, 57 000 € (55 000 € en 2008) ▲ Les usages RFID et autres objets interconnectés ont mis sur le devant de la scène ce profil rare. Le designer d'interaction est le garant du comportement d'un produit, de la façon dont le produit agit ou réagit face à l'utilisateur. Il dispose pour cela de toute une gamme d'outils de modélisation qui lui permettent d'explorer différentes hypothèses.

(*) Extraits de la synthèse, dont la version complète (116 pages) est réservée aux membres de Designers Interactifs. L'association vient de lancer le sondage 2010 pour la 4ème édition de son guide.

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9 AVIS SUR CET ARTICLE
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Avis sur «Quels salaires pour les artistes du Web ?»

 

Mdr les graphistes ralent toujours...

de HIPe , posté le 04 février 2010 à 20h12
C'est incroyable comment les web graphistes sont corporatistes! LDLC lance un concours pour redesigner son site avec un lot de 20 000€ à la clé pour le premier et tous les graphistes crient au scandale sur leur blog: "ça ruine la profession", "les conditions sont inacceptables la propriété de toutes les créations est transférée à LDLC"... C'est comme ça à chaque fois qu'un site lance un concours pour changer le design de son site!

Mais bon sang si vous êtes pas content fallait pas choisir web designer comme job!!! Les sociétés sont libres de faire des concours pour remplacer leur design non???? Tant mieux pour elles si elles font des économies par ce biais! A ma connaissance quand un site lance un concours de coding ou de webmastering y a pas tous les codeurs et webmasters pro qui montent au crénau pour crier au scandale...

Et maintenant ça râle sur l'amateurisme de certains graphistes... Jusqu'à nouvel ordre on est dans un pays libre, si un gars arrive à faire un site avec Paint et gagner sa vie avec c'est son droit... tant pis pour vous si ça fait baisser les salaires!...

Si les salaires sont bas c'est pas à cause des designers amateurs mes amis, c'est soit 1) parce que graphiste n'est pas un métier assez qualifié (j'ai des amis qui maîtrisent parfaitement Photoshop et qui n'ont jamais mis pied dans une école de graphisme...), 2) parce qu'il y a trop de graphistes sur le marché par rapport à la demande.
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M

de Edwood972d , posté le 09 février 2010 à 20h14
Je partage pas entièrement ton point de vue, surtout sur ton explication des salaires bas. tu dis premièrement "1) parce que graphiste n'est pas un métier assez qualifié (j'ai des amis qui maîtrisent parfaitement Photoshop et qui n'ont jamais mis pied dans une école de graphisme...". En fait c'est faux. La raison, est plus qu'en France surtout le métier ne sait pas bien mis en valeur réellement. Des autodidactes, ça existe, c'est normal, il en a qui ont vraiment du talent. Tous les artistes, ne sont pas sorti de l'école. Mais le problème, c'est que des gens pense trop comme l'idée que tu sous-entend, qu'être graphiste s'improvise rapidement, sans recherche, sans effort personnel. C'est totalement faux, même pour un amateur. Le bon graphisme web, c'est beaucoup de boulot, d'analyse, de recherche, de réflexion. Sinon on fait, excuser moi l'expression de la "connerie". Croyez moi, c'est pas drôle quand on investit de l'argent, et on se fait arnaquer par certain. En outre, un web designer, n'utilise pas que Photoshop, il y a aussi tout une suite de logiciel à connaitre et posséder, il ne faut pas oublier le prix exorbitant des logiciels, à moins qu'on la pirate. Un bon webdesigner au un minimun de base en langage HTML, CSS, voir des notions en Flash et son langage Action-Script pour des animations en autre, ne serait-ce pour optimiser pour l'Internet. Et je passe des détails, comme les formations, les remises en questions. Tiens on passera au (x)HTML5 bientôt, donc cela signifie de modifier des technique et méthode de travail, un apprentissage, etc. Tout cela, c'est pas si simple qu'on y croirait. Et le temps c'est de l'argent.
2)"trop de graphistes sur le marché", oui mais c'est pas un problème, surtout les bons graphistes.
Autre choses, vous faites une grave erreur, quand on cherche trop de profit personnel, et fini par perdre dans le long terme. C'est simple, l'effet c'est qu'on perde l'intérêt des plus doués, ou des gens pour ce métier, qui serait une catastrophe. On pourrait même se trouver à une situation surréaliste ou une enseigne quelconque pour se différencier vraiment devra payer des prix exorbitant alors quelle pourrait payer bien moins chère...
Enfin, si les graphistes ralent, c'est pas juste le fun, par égoisme. C'est qu'il y a de vrais problèmes.
Vous êtes très simpliste en comparant les graphiste web au codeur et webmaster. Chacun à ses réalités, ses problèmes particuliers. Pour le webdesigner, il aura des investissements particuliers outre que des efforts, comme l'achat plus important, très important, la suite Adobe très onéreuse à amortir juste quelques années, tout évolue trop vite pour eux.
Ce métier n'est pas du gâteau à mon avis, si on veux faire fortune, c'est pas ce métier. Il faut être passionné !
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A propos du charlatanisme

de Benoît Drouillat , posté le 05 février 2010 à 01h07
J'aimerais clarifier quelques idées à propos de ma déclaration sur le charlatanisme dont procède une minorité de la profession dans le design interactif. La première est que le propos est sorti de son contexte. Je pense que la profession a besoin de se réglementer et de faire apparaître plus clairement la distinction entre aspirants et praticiens dont la légitimité est sanctionnée par un ensemble de critères (formation, expérience, pertinence de la démarche etc.).
Je donnais cette explication pour expliquer un certain brouillage des repères tant sur la rémunération que sur la définition même des métiers.
La seconde est que cette tendance est réelle parce que les métiers souffrent d'un manque de lisibilité et de visibilité. La prolifération de l'offre de formation initiale y contribue, mais aussi la perception stéréotypée des métiers relayée dans les médias. Elle encourage une génération spontanée de jeunes gens qui confondent la maîtrise technique d'un outil et la capacité à mettre en oeuvre un processus de design (cf. commentaire de HIPe. C'est la raison pour laquelle *designers interactifs* remet en question chaque année son référentiel de métiers. Au fond, le problème, c'est aussi celui de l'identité de la profession qui en France est dispersée.
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Merci pour cette précision

de l'auteur , posté le 05 février 2010 à 09h57
Il n'est pas question bien évidemment de généraliser le fait d'une minorité à l'ensemble de la profession. Mais bien de pointer, comme vous venez de nouveau de le faire dans votre réaction, le besoin de réglementer la profession.
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Le terme "artiste"

de Benoît Drouillat , posté le 05 février 2010 à 01h10
Une dernière chose : le terme "artiste" est un contresens de notre travail et il témoigne bien de la confusion qui s'exerce toujours en France entre art et design.
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De l'art d'être artiste

de l'auteur , posté le 05 février 2010 à 16h09
"Un artiste est un individu faisant (une) œuvre, cultivant ou maîtrisant un art, un savoir, une technique, et dont on remarque entre autres la créativité..." Une définition qui se prête a priori aux professionnels du design numérique.
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Confusion design / art

de Benoît Drouillat , posté le 09 février 2010 à 23h43
La confusion design / art fait partie des conceptions qui ruinent la perception de notre profession ;-) Mais vous voyez, cela rejoint mon propos sur la maturité de la profession.
J'ignore d'où vous tenez la définition de l'artiste, mais en ce qui concerne le design numérique, nous reconnaissons la définition du design donnée l'ICSID, traduite sur le site de l'APCI :
http://www.apci.asso.fr/design/index.php

"Le design est une activité créatrice dont le but est de présenter les multiples facettes de la qualité des objets, des procédés, des services et des systèmes dans lesquels ils sont intégrés au cours de leur cycle de vie. C’est pourquoi il constitue le principal facteur d’humanisation innovante des technologies et un moteur essentiel dans les échanges économiques et culturels."

La créativité concerne les 2 champs du design et de l'art, à cette différence importante que le design n'agit pas dans un projet d'expression personnelle mais imagine des solutions adaptées à une problématique qui s'inscrit dans le contexte décrit par la définition de l'ICSID et qui est valable pour l'application du processus du design aux usages numériques.

Trop souvent considérée comme une discipline avale, le design est à envisager autant comme une méthodologie, un processus que comme la mise en oeuvre de pratiques spécialisées.
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En réponse à Hipe

de Mike35545 , posté le 05 février 2010 à 12h35
Bonjour,

Je voudrais réagir par rapport au poste de Hipe qui dit : vous avez cas changer de métier.
Hipe si dans votre travail votre patron convoque ses employés et leur dit :
Pendant un mois vous allez préparer un projet et le projet retenu aura sa paye du mois! Et les autres auront rien! Vous pensez pas que vous allez râler un peu?! Ben pour notre profession c'est la même chose! On fait des études (qui coutent chère) et si on a choisi cette voie c'est pas pour faire du travail gratuit! C'est quand même extraordinaire de voir ce genre de propos! Nous graphiste mangeons comme tous le monde, payons nos facture comme tous le monde! C'est un procédé lamentable qui se répand de plus en plus! Tout travail mérite salaire c'est tout.
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La valeur du travail...

de ShoLysJi , posté le 09 février 2010 à 23h41
Mike, je suis d'accord avec vous sur le fait que tout travail mérite salaire mais s'il n'y avait pas des abrutis pour répondre positivement à ces propositions de concours, je pense que le problème se réglerait de lui-même... Dans tous les métiers c'est pareil, il y a toujours des gens pour tirer les autres vers le bas et des donneurs d'ordres pour en profiter.
On a même maintenant des sites internet qui font leur choux gras de cet état de fait (progonline, codeurs.com)...
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