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Le malaise grandit au sein de l’informatique de la SNCF

Soixante-cinq pour cent des informaticiens de la principale DSI du groupe ont rejoint le mouvement national de grève de mercredi dernier. L’inquiétude monte suite à la création de la coentreprise IBM-SNCF.

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D'habitude peu mobilisés, les informaticiens de la SNCF ont rejoint en masse leurs collègues cheminots lors de la grève nationale de mercredi dernier. Selon le syndicat SUD-Rail environ, 65 % du personnel de la DSIT (Direction des systèmes d'information et télécommunications) était mobilisé. Un taux qui de mémoire syndicale n'avait jamais dépassé les 5 %.
Ces chiffres donnent un aperçu du malaise engendré par le flou qui entoure la création de la coentreprise entre la SNCF et IBM. La DSIT avec un effectif de 1 000 à 1 200 informaticiens étant la plus importante DSI parmi les quatre qui s'occupent de l'informatique de l'opérateur ferroviaire.

Un manque de communication officielle

Cette inquiétude est amplifiée par le manque de communication officielle de la part de la direction, et notamment de Michel Baudy, le patron de la DSIT, qui doit prendre la tête de la coentreprise fondée avec IBM. Pour ne rien arranger, un document de travail présenté par IBM en octobre dernier, soit trois mois avant l'officialisation du contrat, a circulé en interne et attisé les craintes des informaticiens. Ce document, dont les grandes lignes ont été dévoilées sur le site d'un blogueur anonyme, montre que le constructeur envisageait le détachement de 209 postes d'agents SNCF de la DSIT-X, l'entité responsable de l'exploitation et de la production des applications du groupe, vers le joint venture. La délocalisation d'un certain nombre de tâches notamment de la totalité du pilotage, de l'administration des systèmes, du support messagerie vers les centres d'IBM en Inde y est également évoquée.

Le transfert de postes d’agents rejeté par la SNCF

Michel Baudy a depuis précisé qu'il s'agissait d'un scénario proposé par IBM écarté ensuite par la SNCF. Plus précisément, le directeur des systèmes d'information a formellement démenti le transfert de salariés de la SNCF vers la coentreprise mais pas le recours à l'offshore en Inde. « Avec 20 % d'économies prévues sur le volume de sous-traitance concerné, c'est un scénario tout à fait envisageable. D'autant que Michel Baudy se plait à citer en exemple des entreprises ou ministères qui ont recours à l'offshore », relève Pascal Modeste, délégué du personnel à la DSIT et représentant SUD-Rail. En revanche, aucune information sur ce thème n'a pour l'instant filtré concernant la partie études (DSIT-E) .

La coentreprise pour échapper aux règles d'achat des marchés publics

Pour le reste, on en sait désormais davantage sur le montage et les objectifs de la coentreprise. Le projet envisagé vise à refondre totalement le système de sous-traitance informatique dispendieux de la SNCF qui avait jusqu'à présent un recours massif à la régie. Au programme, massification des prestations, engagement de résultats et industrialisation via un recours généralisé à des centres de services. La coentreprise sera chargée de piloter ces centres qui vont progressivement être mis en place. La création d'une filiale avec des fonds privés permet à la SNCF de s'affranchir des règles d'achats auxquelles est habituellement soumise l'entreprise publique (voir encadré ci-dessous).

Quel impact sur les équipes informatiques internes ?

L'utilisation généralisée de centres de services pose la question du devenir des postes de managers de la SNCF, fortement mobilisés d'ailleurs, qui devraient être moins nombreux par rapport à la configuration actuelle de sous-traitance sur site. En outre, les cartes vont être rebattues au sein des équipes qui vont passer d'un mode d'organisation mixte agents SNCF/prestataires à une organisation séparée. Avec à la clé des changements de missions. Mais ce sont surtout les prestataires qui seront touchés par cette déflagration. L'intersyndicale doit se réunir cette semaine pour réfléchir à la façon de poursuivre le mouvement. Une réflexion est d'ores et déjà lancée afin d'intenter une action en justice pour délit d'entrave.

Un montage financier à deux étages

La SNCF a créé une filiale commerciale ad hoc baptisée Stelsia chargé de la relation avec tous les commanditaires du groupe SNCF. Stelsia détient 51% du capital de la coentreprise, le solde étant dans les mains d'IBM. La coentreprise dont le nom définitif n'est pas encore connu est chargée, elle, de la production de services. Elle est dirigée par Michel Baudy, l'actuel responsable de la DSIT et Daniel Chaffraix, l'ex-président de IBM France qui en sera le directeur exécutif opérationnel. Eric Lelièvre, l'actuel DRH de la DSIT en sera le secrétaire général et Yves Thiébaudeau, le chef du département pilotage et gestion de la DSIT, le directeur financier, indique-t-on de source interne.

Pour les activités de développement et de tierce maintenance applicative, la coentreprise passera des commandes auprès des centres de services gérés par une dizaine* de SSII, référencées à la suite d'un appel d'offre attribué en avril dernier. IBM fait évidemment partie de ce panel de prestataire. « Officiellement aucune des sociétés ne peut s'octroyer plus de 30 % du marché », précise Pascal Modeste délégué du personnel à la DSIT et représentant SUD-Rail. Par contre, IBM se verrait confier 100 % de la production selon le blog tenu par un employé de l'informatique.

Selon le calendrier de la direction, les premiers centres de services dédiés aux études verront le jour dès le mois d'avril prochain. Au troisième trimestre pour la production. En termes de volume, l'activité gérée par la coentreprise représente environ 75 % de la sous-traitance informatique actuelle de la SNCF.

*Astek, Atos Origin, EDS, GFI, Capgemini/Sogeti/CSC, Sopra/Bull,Teamlog/T-Systems, IBM, Steria et Logica

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BIEN FAIT

de jean 2345 , posté le 10 février 2010 à 12h10
quand va t'on privatiser totalement ce machin dont la greve est la principale activite
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pfffff...

de calcoca , posté le 25 février 2010 à 18h20
Pauvre Jean...
Quand on ne connait rien au sujet, il vaut mieux éviter de donner son avis.
Pour la partie informatique, quand on voit ce qu'IBM a fait dans d'autres entreprises privées, il y a franchement de quoi s'inquiéter !
Concernant cette dernière grève, elle avait pour principale revendication l'avenir du fret ferroviaire.
Le royaume unis, après une grande campagne de privatisation de son réseau a été obligé de le re-nationaliser, tellement les conditions de sécurité et d'exploitation s'étaient dégradées (retards, pannes, accidents etc.). Pourtant, on ne peu pas dire que la nationalisation soit dans la culture britannique !
La SNCF est en train d'être éclatée en entités qui seront ensuite privatisée. Mais seuls les entités très rentables seront privatisé, bien sûr. Tout ce qui ne l'est pas restera à la charge de la collectivité.
Au lieu de renforcer l'efficacité d'une grande entreprise intégrée, on l'explose en petits bouts.
Il ne faut pas espérer que c'est cela qui va améliorer la circulation des trains ni diminuer le prix des billets !
Quand les cheminots font grève pour l'avenir du fret ferroviaire, on ne peut pas dire que c'est une revendication égoïste !
On le sait, le Fret ferroviaire ne pourra jamais concurrencer le camion en terme de prix : Transporter un wagon de chez un client jusqu'à sa destination demande beaucoup d'interventions humaines et matérielles.
Mais il faut donc savoir ce que l'on veut : subventionner un mode de transport sûr et propre ou bien ajouter des dizaines de milliers de camions sur les routes ?
Enfin bref.

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british rail

de railroader , posté le 30 novembre 2010 à 12h15
Ne négligeons pas le fait que, dans les années soixante (1960) british railway était une société nationale au même titre que British Road Transport qui avait le même staut et un quasi monopole du transport routier de marchandise. Culture
anglaise du privé ?
En France, le premier transporteur routier, c'est la SNCF au travers de ses filiales, Calberson, Bourgey Montreuil,
Géodis etc...
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on peut rêver

de Jacques-Marie Bichot , posté le 12 février 2010 à 01h48
Il y a des dizaines d'années que ce nid de privilégiés aurait dû être rendu à la vraie vie concurrentielle, si l'Etat était un tant soit peu efficace.
Alors, maintenant, après les grèves de 95 et les malfaisances continuelles des employés encouragés par des subventions sans fin, qu'espérer d'autre ? Il n'y a qu'à s'assoir pour contempler le naufrage, lequel sera long et couteux pour le contribuable.
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lamentable

de Chrlie , posté le 13 février 2010 à 19h56
Vos commentaires sont affligeants !

C'est tout ce que vous trouvez à dire "Bien fait" alors qu'une entreprise publique délocalise alors que Fillon fait semblant de travailler sur une loi "Anti-delocalisation" !

Un nid de privilégiés les informaticiens de la SNCF ? Y'a qu'à simplement regarder leurs salaires de m... pour comprendre à quels points ils sont privilégiés par rapport à leur confrère du privé !
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Pas tant que ca

de shinsei , posté le 15 avril 2010 à 13h16
Je suis plutot d'accord avec Jean.
L'activité principale de la SNCF c'est bien la grève, à laquelle on pourrait ajouter la prise d'otage et la séquestration.
Les mots sont fort mais comment qualifier ce qui est imposé à tous ceux bloqué sur les quais à qui on dit qu'il faudra attendre jusqu'à 2 jours pour voyager debout sans espérer être compensé pour un service payé mais pas délivré.
Sinon pour revenir aux informaticiens, comme les cheminots ils travaillent peu, ont un régime très avantageu à tout points de vue (protection, retraite...) et une augmentation de salaire garantie chaque année. Aller demander à ceux d'Atos Origin, Cap Gem ou IBM s'il en ont autant...
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honteux

de info56 , posté le 15 avril 2010 à 20h40
Les priviligiés en France ce ne sont pas les employés de la SNCF ce sont ceux qui bénéficient du bouclier fiscal(93% de l'argent redistribué par l'état dans le cadre du bouclier fiscal revient à la tranche supérieur de ceux qui paient l'ISF).
Moi-même je suis informaticien et je peux dire que c'est un travail assez exigeant , qui demande pas mal d'efforts de concentrations).
Alors si l'on doit en plus avoir un statut précaire c'est encore plus la porte au stress.
Par ailleurs, la SNCF fait avant tout rouler des trains en France pour des usagers français , je ne vois donc pas pourquoi une partie du travail devrait revenir aux Indiens.
Je préfère acheter un billet de train en me disant qu'il fait tourner l'économie française que l'inverse.
Il y a déjà assez de chômage en France et qui plus est personne pour s'en préoccuper dans les plus hautes sphères de l'état.
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