Dix millions d’euros pour des projets de services mobiles sans contact
Le gouvernement lance un appel à projets pour développer des services innovants utilisant les téléphones mobiles et les technologies RFID ou NFC.
Christian Estrosi vient d'annoncer un appel à projets destiné à encourager le développement de services mobiles, subventionnés à hauteur de 10 millions d'euros. Le ministre chargé de l'Industrie pense en effet « qu'en étant à la pointe de ces nouveaux usages, la France pourra renforcer la position de son industrie dans des secteurs de hautes technologies, tels que les télécommunications, les composants électroniques ou le logiciel ».
Les services mobiles sans contact devraient améliorer le quotidien des Français en leur permettant d'accéder à des informations contextuelles, de payer avec leur téléphone mobile, de rassembler toutes leurs cartes de fidélité sur un même support, etc.
Ces services utilisant des technologies sans contact – RFID (Radio Frequency IDentification), NFC (Near Field Communication) – devront s'appuyer sur les téléphones mobiles et leurs capacités d'interaction : localisation GPS, mouvement, appareil photo...
Vers l'Internet des objets
Pour le gouvernement, l'essor des étiquettes électroniques RFID ouvre des perspectives d'un Internet des objets. Un nombre croissant d'objets de la vie quotidienne sont connectés entre eux ou à Internet (lapin communiquant, trousse de santé numérique, maison numérique, smartcode...). La technologie NFC fait converger la technologie RFID et la téléphonie mobile. Le mobile peut alors émuler le fonctionnement d'une carte sans contact, servir d'étiquette électronique et même fonctionner en mode pair à pair.
L'appel à projets est réservé aux PME. Pour être éligible, le projet devra être collaboratif, c'est-à-dire rassembler au moins deux entreprises indépendantes. Les dossiers de candidature devront être déposés avant le 30 avril 2010.
Donner de l'autonomie aux objets
Pour Philippe Gautier, ancien DSI de Bénédicta et président fondateur de Business-2-any, cet appel à projets est une excellente initiative. Il note cependant que la démarche se focalise sur les technologies, sans prendre en compte l'usage de ces technologies et des perspectives d'un nouveau business. Pour lui, l'enjeu de l'Internet des objets est dans l'interopérabilité des services, dans une approche globale. « Pour évoluer, l'Internet des objets devra travailler à la fois sur le logiciel et le matériel pour dispenser une certaine autonomie aux objets communicants. C'est ni plus ni moins l'opportunité de ressortir les technologies d'intelligence artificielle pour les adapter aux objets », précise-t-il. Selon lui, cet appel à projets va favoriser la création de bulles, de silos de services indépendants et non interopérables.
Philippe Gautier interviendra dans les Mercredis de la RFID, une conférence suivi d'un débat sur les enjeux de l'Internet des objets, mercredi 17 février.

Avis sur «Dix millions d’euros pour des projets de services mobiles sans contact»
Et le débat public sur le RFID, c'est pour quand ?
de
Nacyl
, posté le 12 février 2010 à 16h33
C'est bien joli tout ça, c'est plein de promesses (ce qui n'a d'ailleurs pas échappé à Mr Estrosi : « qu'en étant à la pointe de ces nouveaux usages, la France pourra renforcer la position de son industrie dans des secteurs de hautes technologies, tels que les télécommunications, les composants électroniques ou le logiciel ») mais pour le quidam moyen, les promesses ne sont, encore une fois, pas totalement rose.
Ce que promet en fait le RFID c'est un changement radical de mode de vie.
Le RFID, à l'origine, était pensé pour assurer la traçabilité des produits.
Il devrait permettre demain de faire communiquer les objets entre eux...
J'entends déjà le "Et alors ?" de certains.
Si les objets communiquent, il y a une petite chance pour que ce soit au détriment de l'humain. Une des particularité que nous avons est, en cas de besoin, de ne pas communiquer !
Les spécialistes dans ce domaine en savent quelque chose.
Mais là, pour le coup, impossible d'y échapper. Si nos téléphones portables (qui accessoirement servent aussi à téléphoner...) servent aussi de "passeport" RFID, alors là, impossible d'y échapper.
Vision pessimiste ?
Pas si sûr.
Une puce RFID est, par défaut, passive. Pas besoin donc de la mettre en marche et de l'arrêter, elle est disponible en permanence.
Pas grave tant que l'industrie (et la publicité) ne se mêlent pas de la partie.
Imaginez des pubs ciblées en fonctions de vos "goûts" (profile) et qui vous suivent dans la rue grâce à votre toute nouvelle puce RFID collée à votre GSM...
Et ce n'est qu'une éventualité parmi d'autres !
Tout comme il existe une loi bioéthique et des consultations populaires sur le sujet, pourquoi ne pas initier le même genre de chose pour les technologies de l'information ?
L'impacte est différent mais, à mon sens, tout aussi important.
Ce que promet en fait le RFID c'est un changement radical de mode de vie.
Le RFID, à l'origine, était pensé pour assurer la traçabilité des produits.
Il devrait permettre demain de faire communiquer les objets entre eux...
J'entends déjà le "Et alors ?" de certains.
Si les objets communiquent, il y a une petite chance pour que ce soit au détriment de l'humain. Une des particularité que nous avons est, en cas de besoin, de ne pas communiquer !
Les spécialistes dans ce domaine en savent quelque chose.
Mais là, pour le coup, impossible d'y échapper. Si nos téléphones portables (qui accessoirement servent aussi à téléphoner...) servent aussi de "passeport" RFID, alors là, impossible d'y échapper.
Vision pessimiste ?
Pas si sûr.
Une puce RFID est, par défaut, passive. Pas besoin donc de la mettre en marche et de l'arrêter, elle est disponible en permanence.
Pas grave tant que l'industrie (et la publicité) ne se mêlent pas de la partie.
Imaginez des pubs ciblées en fonctions de vos "goûts" (profile) et qui vous suivent dans la rue grâce à votre toute nouvelle puce RFID collée à votre GSM...
Et ce n'est qu'une éventualité parmi d'autres !
Tout comme il existe une loi bioéthique et des consultations populaires sur le sujet, pourquoi ne pas initier le même genre de chose pour les technologies de l'information ?
L'impacte est différent mais, à mon sens, tout aussi important.
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