Les patrons du CAC 40 négligent leur réputation sur internet
A part quelques exceptions, la plupart des grands dirigeants ne se préoccupent guère de leur propre image sur le web : tel est le constat dressé par le baromètre Hopscotch de l'e-réputation.
Jean-Luc Dehaene (Dexia) ou encore Franck Riboud (Danone) arrivent en tête du classement des dirigeants d'entreprises qui veillent sur leur réputation en ligne. Un classement réalisé par Hopscotch, spécialiste du web social et des stratégies d'information sur internet. Dans le secteur du high-tech, Paul Hermelin (Capgemini) et Ben Verwaayen (Alcatel-Lucent) font partie du top 20, occupant respectivement la cinquième et neuvième place du palmarès.
« Paul Hermelin a une réputation assez stable. Il s'en occupe ou l'on s'en charge pour lui. Lorsqu'on le “googlise”, les contenus qui contiennent son nom sont plutôt équilibrés voire positifs », analyse Jérôme Lascombe, président d'Hopscotch. L'étude a décortiqué la réputation en ligne des patrons du CAC 40 à partir des résultats obtenus par l'internaute quand il fait des recherches au sujet de ces dirigeants sur Google. Hopscotch s'est appuyé pour cela sur des experts du référencement (ePerf Consulting) prenant en compte plusieurs critères. Par exemple, la solidité de cette réputation sur le web, son niveau de maîtrise, la qualité des contenus ou la visibilité (nombre de liens indexés par Google contenant le nom du dirigeant).
Une question de génération
Premier enseignement : les patrons du CAC 40 ont une existence sur la Toile, mais plutôt malgré eux. Ils y sont très peu actifs, voire pas du tout. Aucun d'entre eux ne dispose d'un blog personnel visible et seulement 5 % ont une page Facebook, 16 % sont présents sur Linkedin ou Viadeo. Résultat : à part quelques exceptions – comme Arnaud Lagardère (Lagardère SCA) ou Lakshmi Mittal (Arcelormittal) – qui prennent en main leur e-réputation, la plupart de ces patrons la subissent et s'exposent notamment aux commentaires négatifs des internautes.
Plusieurs raisons à cela. Pour Jérôme Lascombe, c'est une question de génération. « Nombre des dirigeants du CAC 40 sont nés et ont grandi avant l'ère numérique. Du coup, ils s'intéressent moins à leur réputation en ligne. Toutefois, ils prennent conscience progressivement qu'il faut au moins savoir ce que l'on dit d'eux sur internet pour ensuite essayer de maîtriser cette réputation. » Ils peuvent désormais difficilement faire l'impasse sur ce phénomène. « Aujourd'hui, les leaders d'opinion s'informent beaucoup en ligne. Les internautes postent de plus en plus de commentaires (wikis, blogs, forums, réseaux sociaux, etc.). Google commence à indexer des contenus en temps réel... Tout cela fragilise la réputation des dirigeants », précise Jérôme Lascombe.
Autre enseignement, plus surprenant : ce n'est pas parce qu'une entreprise va mal que la réputation de son dirigeant sur internet en est salie. C'est le cas de Dexia, par exemple. Dans les détails, les commentaires des internautes, contrairement à ce qu'on aurait pu croire, portent d'abord sur la stratégie, la crise, les résultats de l'entreprise (29 %), avant la rémunération et la fortune des dirigeants (respectivement 11 % et 3 %), qui font moins couler d'encre sur la Toile.
à lire aussi
SUR LES MÊMES THÈMES 


nos newsletters
Abonnez-vous à Micro Hebdo : 4,90 €/mois
Abonnez-vous à l'Ordinateur Individuel : 3 €/mois
Abonnez-vous à la version digitale
Abonnez-vous à 01Business et Technologies : 19 €/mois
















