Humeur : « Réduction du domaine de la co-opétition »
Merveille si rare dans notre industrie de menteurs qu'un moment de vérité. Une épiphanie. Entre HP et Cisco, les masques sont tombés. La cire tendre du visage a fondu, ne laissant à nu que le crâne dur de la concurrence. L'équipementier, qui se veut fabricant de serveurs, met fin aux partenariats qui le liaient au marchand de serveurs, aspirant équipementier. C'est le divorce. Cisco décomplexé s'affirme désormais pleinement concurrent de HP. Lequel tout de même un peu fâché invoque l'histoire qui « a prouvé que les clients et le marché demandent à la fois de la co-opétition et de la collaboration entre fournisseurs ».
Co-opétition, le mot est lâché. Terme hybride, concept bancal, voile pudique jeté sur de dures réalités. Que prouve l'histoire finalement ? Le chantre de la co-opétition – assemblage de compétition et collaboration – dans le domaine informatique se nommait Ray Noorda, patron de Novell. Au début des années 1990, son entreprise rafla le marché naissant des systèmes d'exploitation réseau avec Netware, serveur reliant des machines sous MS-DOS. Co-opétition, disait Noorda : je vends Netware, Microsoft vend encore plus de MS-DOS, tout le monde y gagne. Et puis Microsoft décida de prendre le contrôle de son écosystème avec Windows NT. Et réussit : je vends Windows, je vends NT, je vends tout, tu ne vends plus rien. Netware a disparu. Triste destin du co-opétiteur : devenu un parasite, un concurrent, une entité prête à l'acquisition, lorsque son allié temporaire décide qu'il n'y a plus de place pour deux.
La co-opétition est au mieux un temporaire aveu d'impuissance : « Si je ne peux pas te tuer, alors embrassons-nous » ; au pire un monde de faux amis plein d'arrière-pensées. Alors, l'informatique ne serait qu'une grande famille de co-opétiteurs ? Oui : comme les Atrides, cette lignée grecque obsédée à s'entrégorger. En mettant fin à leur co-opétition, Cisco et HP entérinent un changement d'ère. Le temps des systèmes ouverts touche à sa fin. Il importe moins de coopérer avec ses concurrents, temporaire concession à un état donné des techniques, que de se comporter en fournisseur intégré. La co-opétition a fait son temps.
Las Vegas & Place Vendôme !
de
ClubAlliances
, posté le 05 mars 2010 à 09h54
A Las Vegas, sur la Place Vendôme, casinos et joailliers de luxe sont en co-opétition permanente... dans un modèle gagnant-gagnant, non ?
Affirmer que la co-opétition "a fait son temps", et est "au mieux un temporaire aveu d'impuissance" est réducteur en ce sens que vous ne vous attachez évidemment qu'à un seul type de co-opétition dans votre article.
D'autres modèles co-opétitifs existent et se développeront peut-être.
C'est par exemple le pari que nous faisons au sein du Club Alliances qui, précisèment, réunit des acteurs du SaaS et du Cloud "complémentaires", mais également "concurrents".
Le modèle de collaboration "Las Vegas" appliqué au solutions métier BPaaS/SaaS peut permettre (a) d'apporter aux entreprises à la fois du choix et des solutions pour l'ensemble de leurs besoins [au même titre qu'un visiteur de Las Vegas trouve également hotels, limousines, spectacles et autres services au delà du jeu] (b) de donner aux co-opétiteurs une capacité d'attaction, de visibilité "à la Las Vegas".
Au fait, à las Vegas, on trouve certes des fournisseurs intégrés, mais également et toujours beaucoup de "pure players" focalisés qui coopérent entre eux et avec leurs concurrents pour faire en sorte que Las Vegas soit LA destination des joueurs ou des futurs mariés.
Ils pensent tous qu'ils auront plus de chance de faire du business que s'ils étaient seuls dans le désert.
Co-opétition : Pas morte, AU CONTRAIRE, surtout dans la décennie SaaS/Cloud qui s'ouvre !
Loic Simon - Club Alliances
Affirmer que la co-opétition "a fait son temps", et est "au mieux un temporaire aveu d'impuissance" est réducteur en ce sens que vous ne vous attachez évidemment qu'à un seul type de co-opétition dans votre article.
D'autres modèles co-opétitifs existent et se développeront peut-être.
C'est par exemple le pari que nous faisons au sein du Club Alliances qui, précisèment, réunit des acteurs du SaaS et du Cloud "complémentaires", mais également "concurrents".
Le modèle de collaboration "Las Vegas" appliqué au solutions métier BPaaS/SaaS peut permettre (a) d'apporter aux entreprises à la fois du choix et des solutions pour l'ensemble de leurs besoins [au même titre qu'un visiteur de Las Vegas trouve également hotels, limousines, spectacles et autres services au delà du jeu] (b) de donner aux co-opétiteurs une capacité d'attaction, de visibilité "à la Las Vegas".
Au fait, à las Vegas, on trouve certes des fournisseurs intégrés, mais également et toujours beaucoup de "pure players" focalisés qui coopérent entre eux et avec leurs concurrents pour faire en sorte que Las Vegas soit LA destination des joueurs ou des futurs mariés.
Ils pensent tous qu'ils auront plus de chance de faire du business que s'ils étaient seuls dans le désert.
Co-opétition : Pas morte, AU CONTRAIRE, surtout dans la décennie SaaS/Cloud qui s'ouvre !
Loic Simon - Club Alliances
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