Jerry Cuomo (IBM): « Nous vendons moins de middleware générique qu'auparavant »
Responsable technique de Websphere et cofondateur du serveur d’application du même nom, Jerry Cuomo revient sur la profonde mutation que vivent tous les fournisseurs de middleware.
Jerry Cuomo, le co-créateur de Websphere, serveur d'application Java EE d'IBM, a répondu aux questions de 01 Informatique. Le directeur technique aborde l'évolution du marché du middleware, ainsi que le virage de Websphere vers les métiers et le cloud computing. Il détaille également la stratégie de consolidation des briques acquises récemment par IBM avec la prise de contrôle d'Ilog et de Lombardi.
01net Pro : Le middleware se vend-il comme avant ?
Jerry Cuomo : Non. Il y a cinq ans, nos ventes restaient confinées aux seuls interlocuteurs IT. Dans les entreprises, les échanges entre informaticiens et métiers passaient par de rares diagrammes gribouillés sur une serviette à la cantine... Aujourd'hui pourtant, la plupart de nos ventes stratégiques intègrent un volet métier, qui peut prendre la forme d'un package ou d'une modélisation prêts à l'emploi.
A quoi est dû ce changement ?
Aux architectures orientées métier (SOA) qui, il y a cinq ans, ont commencé à changer la donne en faisant de l'alignement sur les métiers une priorité. Elles nous on fait prendre conscience que la beauté technique ne suffisait plus. Nous avions pris l'habitude de ne parler qu'entre ingénieurs. Désormais, nous nous fions à d'autres points de vue. Ce changement d'état d'esprit n'est pas si évident pour des experts habitués jusque-là à bâtir des systèmes de A à Z.
Qui, au sein de Websphere, insuffle cette nouvelle mentalité métier ?
La branche service d'IBM, avec laquelle nous collaborons. Pour chaque domaine d'activité, GBS (IBM Global Business Services) a bâti un ensemble de ressources au dessus de notre infrastructure : services, modélisation de processus, modèles de données... Il y a deux ans, nous avons créé au sein de Websphere une division, Business Peformance Team, dont les architectes sont chargés de récupérer les ressources en provenance de GBS. Ils identifient celles qui gagneraient à être généralisées, pour donner lieu à des packages sectoriels.
Allez-vous pour autant délaisser toute rhétorique technologique ?
Non, bien entendu. Déjà parce que tous les clients n'ont pas la même typologie. Certains continueront d'acheter séparément nos ESB ou nos courtiers de message. Bon nombre d'arguments technologiques ont aussi une répercussion directe sur l'activité métier. Ainsi, un service de caching de données peut directement, grâce à ses faibles temps de réponse, améliorer le taux de conversion d'achat sur un site web.
Il nous faut donc trouver un équilibre entre l'approche technologique, encore très rentable, et une démarche guidée par les métiers dont on sait qu'elle est porteuse de croissance.
Avec le rachat de Lombardi, vous disposez de trois moteurs de gestion de processus. N'y a-t-il pas un risque de confusion chez les clients ?
Certes, Process Server, Filenet BPM et Lombardi présentent quelques zones de recouvrement. Mais ils excellent chacun dans leur domaine spécifique, à savoir la gestion des processus, des documents et des interactions humaines. Par ailleurs Lombardi nous apporte une solution beaucoup plus rapide et facile à déployer que Process Server, notre offre historique. Pas question donc de faire converger ces trois offres. D'ailleurs nous avons également trois ESB... trois, c'est un nombre biblique (rire).
Que devient le moteur de règles d'Ilog ?
Nous cherchons non seulement à accroître sa présence sur le marché, mais également à l'étendre au sein de notre catalogue. Dans les dix-huit prochains mois, Ilog sera nativement embarqué dans notre BPM et dans notre gestion d'événements complexes (CEP). D'autres modules comme le décisionnel, avec Cognos, ou les MDM seront également concernés.
Même si elle ne recouvre pas les mêmes réalités, la notion de règles n'est-elle pas en train de supplanter la gestion de processus ?
Les deux se complètent. Mais disons que la gestion de règles peut être placée en premier, face aux métiers. Il est plus naturel pour eux d'exprimer leur pensée au travers de règles facilement identifiables qu'avec du BPM. Lorsque les processus en place sont mal identifiés, la gestion de règles est donc un bon moyen d'instrumenter un système. Dans ce cas de figure, là où nous positionnions du BPM, nous proposons aujourd'hui Ilog.
Quel est l'autre prochain défit que le middleware devra relever ?
L'approche cloud évidemment. La grande bataille que se livrent actuellement les différents fournisseurs de cloud se résume à une question : quel élément doit-on virtualiser ? Le matériel ? L'OS ? L'application ? Nous pensons que c'est bien l'ensemble de ces éléments qu'il faut considérer et non un seul comme le proposent nos concurrents.
Ainsi dans le courant de l'année, nous offrirons au dessus de notre première couche de cloud privé (ndlr : Cloudburst regroupe pour l'heure matériel, base de données, administration, provisionning et hyperviseur), une seconde, orientée middleware. Elle comprendra notamment des services de sécurité et d'intégration.
Jerry Cuomo : Non. Il y a cinq ans, nos ventes restaient confinées aux seuls interlocuteurs IT. Dans les entreprises, les échanges entre informaticiens et métiers passaient par de rares diagrammes gribouillés sur une serviette à la cantine... Aujourd'hui pourtant, la plupart de nos ventes stratégiques intègrent un volet métier, qui peut prendre la forme d'un package ou d'une modélisation prêts à l'emploi.
A quoi est dû ce changement ?
Aux architectures orientées métier (SOA) qui, il y a cinq ans, ont commencé à changer la donne en faisant de l'alignement sur les métiers une priorité. Elles nous on fait prendre conscience que la beauté technique ne suffisait plus. Nous avions pris l'habitude de ne parler qu'entre ingénieurs. Désormais, nous nous fions à d'autres points de vue. Ce changement d'état d'esprit n'est pas si évident pour des experts habitués jusque-là à bâtir des systèmes de A à Z.
Qui, au sein de Websphere, insuffle cette nouvelle mentalité métier ?
La branche service d'IBM, avec laquelle nous collaborons. Pour chaque domaine d'activité, GBS (IBM Global Business Services) a bâti un ensemble de ressources au dessus de notre infrastructure : services, modélisation de processus, modèles de données... Il y a deux ans, nous avons créé au sein de Websphere une division, Business Peformance Team, dont les architectes sont chargés de récupérer les ressources en provenance de GBS. Ils identifient celles qui gagneraient à être généralisées, pour donner lieu à des packages sectoriels.
Allez-vous pour autant délaisser toute rhétorique technologique ?
Non, bien entendu. Déjà parce que tous les clients n'ont pas la même typologie. Certains continueront d'acheter séparément nos ESB ou nos courtiers de message. Bon nombre d'arguments technologiques ont aussi une répercussion directe sur l'activité métier. Ainsi, un service de caching de données peut directement, grâce à ses faibles temps de réponse, améliorer le taux de conversion d'achat sur un site web.
Il nous faut donc trouver un équilibre entre l'approche technologique, encore très rentable, et une démarche guidée par les métiers dont on sait qu'elle est porteuse de croissance.
Avec le rachat de Lombardi, vous disposez de trois moteurs de gestion de processus. N'y a-t-il pas un risque de confusion chez les clients ?
Certes, Process Server, Filenet BPM et Lombardi présentent quelques zones de recouvrement. Mais ils excellent chacun dans leur domaine spécifique, à savoir la gestion des processus, des documents et des interactions humaines. Par ailleurs Lombardi nous apporte une solution beaucoup plus rapide et facile à déployer que Process Server, notre offre historique. Pas question donc de faire converger ces trois offres. D'ailleurs nous avons également trois ESB... trois, c'est un nombre biblique (rire).
Que devient le moteur de règles d'Ilog ?
Nous cherchons non seulement à accroître sa présence sur le marché, mais également à l'étendre au sein de notre catalogue. Dans les dix-huit prochains mois, Ilog sera nativement embarqué dans notre BPM et dans notre gestion d'événements complexes (CEP). D'autres modules comme le décisionnel, avec Cognos, ou les MDM seront également concernés.
Même si elle ne recouvre pas les mêmes réalités, la notion de règles n'est-elle pas en train de supplanter la gestion de processus ?
Les deux se complètent. Mais disons que la gestion de règles peut être placée en premier, face aux métiers. Il est plus naturel pour eux d'exprimer leur pensée au travers de règles facilement identifiables qu'avec du BPM. Lorsque les processus en place sont mal identifiés, la gestion de règles est donc un bon moyen d'instrumenter un système. Dans ce cas de figure, là où nous positionnions du BPM, nous proposons aujourd'hui Ilog.
Quel est l'autre prochain défit que le middleware devra relever ?
L'approche cloud évidemment. La grande bataille que se livrent actuellement les différents fournisseurs de cloud se résume à une question : quel élément doit-on virtualiser ? Le matériel ? L'OS ? L'application ? Nous pensons que c'est bien l'ensemble de ces éléments qu'il faut considérer et non un seul comme le proposent nos concurrents.
Ainsi dans le courant de l'année, nous offrirons au dessus de notre première couche de cloud privé (ndlr : Cloudburst regroupe pour l'heure matériel, base de données, administration, provisionning et hyperviseur), une seconde, orientée middleware. Elle comprendra notamment des services de sécurité et d'intégration.

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