Salesforce et VMware bâtissent un cloud pour Java
Le cloud applicatif Force.com intègre désormais le serveur d’applications Spring. Il devient ainsi plus compétitif face à son concurrent Azure, de Microsoft, qui exécute des applications Windows en ligne.
Désormais, les applications Java fonctionneront depuis le cloud de Salesforce, Force.com. L'éditeur vient en effet de passer un accord avec VMware afin d'enrichir sa solution du serveur d'applications Spring, un environnement Java que VMware avait racheté à Springsource l'année dernière.
Ainsi étendue, Force.com pourrait être rebaptisée VMforce. Ni sa disponibilité, ni une majoration éventuelle de son coût ne sont encore connus. Jean-Louis Baffier, directeur technique chez Salesforce, s'engage néanmoins à livrer VMforce « avant la fin de l'année ».
VMforce aussi fonctionnel que Windows Azure
Cette annonce permet de remettre le cloud Force.com au même niveau fonctionnel que son récent concurrent Windows Azure. En effet, la plate-forme de Salesforce obligeait jusqu'alors les développeurs à tout réécrire dans un langage propriétaire, l'Apex. Désormais, ils pourront déployer leurs applications Java sur le cloud aussi simplement que les applications .Net sur Azure. Certes, Google App Engine permet aussi de déployer des applications Java, mais seulement avec une base de données non relationnelle (Big Table), ce qui est assez contraignant pour les entreprises.
En son temps, Springsource avait bien tenté de lancer un cloud applicatif dédié à l'environnement Java, Cloud Foundry. Mais le rachat par VMware avait, semble-t-il, tué ce projet dans l'œuf.
Par ailleurs, Salesforce ne fait pas mention du support de machines virtuelles dans VMforce, alors que Microsoft a bien prévu cette fonction dans Azure pour la fin de l'année. Cela dit, Jean-Louis Baffier révèle que l'infrastructure nécessaire est en place : « Désormais, les salles informatiques de Salesforce reposent toutes sur la couche de virtualisation de VMware... pour nos propres besoins, pour l'instant. »
Pour mettre les applications Java locales dans le cloud
Force.com n'importera pas directement les applications qui tournent aujourd'hui dans le centre de données. Tout comme Microsoft, qui impose d'ouvrir une application .Net dans l'environnement de développement Visual Studio 2010 pour l'enregistrer sur Windows Azure, il faudra équiper Eclipse, l'outil client préféré des programmeurs Java, d'une extension spéciale. Celle-ci publiera l'application sur Force.com et permettra même de la déboguer en ligne.
Néanmoins, Sylvain Siou, directeur technique de VMware, promet qu'il sera possible d'étendre automatiquement les ressources d'une application Java locale vers le cloud VMforce. Une manipulation particulièrement utile lorsqu'une entreprise, typiquement un commerce en ligne, doit absorber des pics d'activité ponctuels. « Dans ce cas, le fonctionnement de l'application sur les serveurs locaux ou dans le cloud, ainsi que la répartition des charges entre les deux, seront pilotés depuis l'outil d'administration Hyperic. C'est celui que nous livrons avec les serveurs Spring », indique Sylvain Siou.
Pas de crainte non plus à avoir sur l'apparition de dysfonctionnements entre l'exécution en locale et celle sur VMforce d'une même application Java. « Spring est doté de suffisamment de couches d'abstractions pour que l'application Java s'interface avec une base quelconque dans l'entreprise et avec une base Oracle sur VMforce, puisque c'est celle qu'utilise Salesforce en interne », ajoute Sylvain Siou.
Outre Hyperic, Spring est basé sur le serveur d'applications TC Server, une version propriétaire du serveur Java open source Tomcat. Selon VMware, Spring est utilisé par un tiers des six millions de développeurs Java. Il a un défaut cependant : ce n'est pas un serveur Java EE, c'est-à-dire qu'il n'a pas toutes les fonctions des serveurs d'applications Glassfish ou Weblogic d'Oracle.
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