BPO : Jouve prend le contrôle de son rival Safig
Spécialiste de la dématérialisation, Jouve met la main sur Safig, l’un de ses principaux concurrents, notamment dans le domaine de la numérisation des bibliothèques. Il muscle ainsi son pôle BPO et se rapproche de ses clients.
La Bibliothèque nationale de France
Une référence clé de la numérisation des fonds patrimoniaux.
La rivalité entre Jouve et Safig, notamment pour décrocher les différents contrats de dématérialisation de la Bibliothèque nationale de France (BNF), tourne court. Jouve vient en effet d'annoncer le rachat de Safig. Si le montant de l'opération n'a pas été dévoilé, il s'agit d'une acquisition majeure pour Jouve qui, en accueillant les 1 565 employés de Safig, fait plus que doubler en taille. Outre ce volet dématérialisation, c'est dans le domaine du BPO (Business Process Outsourcing) que Jouve se renforce avec cette opération. C'est désormais un pôle de 1 800 personnes qu'il alignera dans le domaine. « Nous avons réalisé une croissance de 17 % sur notre activité de 2009 à 2010, détaille Benoît Drigny, responsable de l'offre BPO de Jouve et nouveau président de Safig. Avec cette acquisition, nous changeons de dimension et nous positionnons sur le podium français des premiers fournisseurs de BPO. » Le groupe, qui comptera près de 3 000 personnes sur 27 sites de productions dont 16 en France, réalisera désormais un chiffre d'affaires de 143 millions d'euros. Il renforce sa présence dans le secteur bancaire : BNP Paribas, Calyon, et LCL figurent parmi les grands clients de Safig.
Jouve met la main sur 11 centres de production
Le responsable vante la complémentarité des deux entreprises, l'activité BPO de Jouve étant plus axée sur ces centres de production, alors que Safig dispose de neuf sites en province. En France, Jouve gagne donc en présence sur le terrain, ainsi que deux gros centres de production à Madagascar, où il est déjà présent, et à l'île Maurice. « Nous disposons désormais d'une offre BPO complète, depuis la réception des plis, leur ouverture, la numérisation, les traitements automatisés dont l'intégration des données dans les ERP, jusqu'au traitement des retours et la réception des appels téléphoniques avec des ateliers de traitement des appels entrants. »
Cette acquisition, réalisée sur fonds propres, ne modifie pas l'actionnariat de Jouve, qui reste un groupe familial.
communiqué CGT
de
Jouve Safig
, posté le 06 mai 2010 à 11h36
Le tournant le plus important depuis la création de JOUVE
Nous sommes bien à la veille d’une remise en cause totale des sites de français sans qu’aucune politique de traitement social des problèmes qui vont se poser ne soit invoquée. Le risque d’irresponsabilité sociale de JOUVE que nous avions dénoncée est encore à l’ordre du jour.
Ainsi, la société française qui nous présentait l’internationalisation comme moyen de conforter ses activités historiques devient une entreprise qui localisera ses activités là où le client approuvera le prix.
Première étape : JOUVE annonce la fusion absorption des filiales MCP, IN et JSI dans le but de rationaliser le fonctionnement. On imagine facilement les étapes suivantes. Une réduction d’effectif est plus facile sur une société que sur quatre.
Le groupe JOUVE aurait-il tout de même quelques considérations ou, pour le moins quelques inquiétudes sociales à sa mise en marché vers le bas coût ? Même pas. C’est avec suffisance qu’après avoir annoncé la fusion des comités d’entreprises et la réduction des moyens de représentation du personnel, qu'il annonce sa volonté de remettre en cause la convention collective des imprimeries et industries graphiques pour aller vers la convention SYNTEC « Au regard de l’évolution des métiers et des groupes JOUVE et SAFIG, il est clair qu’à terme notre activité principale relèverait de la CCN Syntec ».
Notre directeur semble bien pressé de réaliser ses grands projets de réduction des coûts…il est vrai qu’une convention sans treizième mois ferait bien son affaire ainsi que la remise en cause des bonifications horaires dans le secteur de l'imprimerie, avec en plus une mobilité imposée à l'unique structure qu'il veut préserver. A noter également que les accords d'entreprise très différents les uns des autres risquent de disparaitre contre le seul engagement d’une négociation.
A peine l’acquisition de SAFIG réalisée, JOUVE annonce un repositionnement des services des deux sociétés et de ce fait souhaite procéder à un remaniement des institutions représentatives des différentes sociétés qui composent les deux groupes. Les commerciaux de JOUVE et SAFIG vont vendre indifféremment les prestations des deux sociétés.
Bien, mais cela remet-il en cause le traitement opérationnel des commandes par les différents sites existants ?
Quid de la rémunération?
Pas d’explication ou plutôt, quelques indications qui nous laissent augurer des intentions de la direction sur le sujet : la ventilation des travaux entre les sites français et offshore est laissée à l’appréciation du seul marché !
La refonte de l'organigramme commercial est exposée mais les conséquences de ce redéploiement sur les sites opérationnels ne sont pas décrites. Elles devaient pourtant être colossales !
JOUVE qui jurait encore récemment de son attachement au dialogue social se déclare enclin à procéder à une diminution spectaculaire de ses représentants du personnel en passant de 25 titulaires CE à moins de 15 réunis en remplacement d'un CCE.
Il ne s’agit pas pour nous de nous opposer à des évolutions nécessaires pour s’adapter aux évolutions des marchés et des techniques. Nous les appelons de nos vœux car elles conditionnent l’avenir de l’entreprise.
Là où nous ne pouvons être d’accord, c'est le manque de considération pour ceux qui ont largement contribué à l’existence et à la richesse du groupe et dont l’emploi ne parait vraiment pas peser lourd dans la balance.
La FILPAC-CGT, placée encore une fois devant l’évidence de l’existence d’un projet stratégique qui n’a pas fait l’ombre d’une discussion préalable avec les syndicats, constate que contrairement aux annonces précédentes, le Groupe Jouve est bien en train d’engager des actions qui risquent d’être extrêmement préjudiciable à l’emploi, aux conditions de travail et conditions de salaires.
Nous dénonçons l’absence totale de considération pour les conséquences sociales prévisibles alors même que le groupe Jouve a parfaitement les moyens de mettre en place une gestion prévisionnelle des emplois et des qualifications.
Nous sommes bien à la veille d’une remise en cause totale des sites de français sans qu’aucune politique de traitement social des problèmes qui vont se poser ne soit invoquée. Le risque d’irresponsabilité sociale de JOUVE que nous avions dénoncée est encore à l’ordre du jour.
Ainsi, la société française qui nous présentait l’internationalisation comme moyen de conforter ses activités historiques devient une entreprise qui localisera ses activités là où le client approuvera le prix.
Première étape : JOUVE annonce la fusion absorption des filiales MCP, IN et JSI dans le but de rationaliser le fonctionnement. On imagine facilement les étapes suivantes. Une réduction d’effectif est plus facile sur une société que sur quatre.
Le groupe JOUVE aurait-il tout de même quelques considérations ou, pour le moins quelques inquiétudes sociales à sa mise en marché vers le bas coût ? Même pas. C’est avec suffisance qu’après avoir annoncé la fusion des comités d’entreprises et la réduction des moyens de représentation du personnel, qu'il annonce sa volonté de remettre en cause la convention collective des imprimeries et industries graphiques pour aller vers la convention SYNTEC « Au regard de l’évolution des métiers et des groupes JOUVE et SAFIG, il est clair qu’à terme notre activité principale relèverait de la CCN Syntec ».
Notre directeur semble bien pressé de réaliser ses grands projets de réduction des coûts…il est vrai qu’une convention sans treizième mois ferait bien son affaire ainsi que la remise en cause des bonifications horaires dans le secteur de l'imprimerie, avec en plus une mobilité imposée à l'unique structure qu'il veut préserver. A noter également que les accords d'entreprise très différents les uns des autres risquent de disparaitre contre le seul engagement d’une négociation.
A peine l’acquisition de SAFIG réalisée, JOUVE annonce un repositionnement des services des deux sociétés et de ce fait souhaite procéder à un remaniement des institutions représentatives des différentes sociétés qui composent les deux groupes. Les commerciaux de JOUVE et SAFIG vont vendre indifféremment les prestations des deux sociétés.
Bien, mais cela remet-il en cause le traitement opérationnel des commandes par les différents sites existants ?
Quid de la rémunération?
Pas d’explication ou plutôt, quelques indications qui nous laissent augurer des intentions de la direction sur le sujet : la ventilation des travaux entre les sites français et offshore est laissée à l’appréciation du seul marché !
La refonte de l'organigramme commercial est exposée mais les conséquences de ce redéploiement sur les sites opérationnels ne sont pas décrites. Elles devaient pourtant être colossales !
JOUVE qui jurait encore récemment de son attachement au dialogue social se déclare enclin à procéder à une diminution spectaculaire de ses représentants du personnel en passant de 25 titulaires CE à moins de 15 réunis en remplacement d'un CCE.
Il ne s’agit pas pour nous de nous opposer à des évolutions nécessaires pour s’adapter aux évolutions des marchés et des techniques. Nous les appelons de nos vœux car elles conditionnent l’avenir de l’entreprise.
Là où nous ne pouvons être d’accord, c'est le manque de considération pour ceux qui ont largement contribué à l’existence et à la richesse du groupe et dont l’emploi ne parait vraiment pas peser lourd dans la balance.
La FILPAC-CGT, placée encore une fois devant l’évidence de l’existence d’un projet stratégique qui n’a pas fait l’ombre d’une discussion préalable avec les syndicats, constate que contrairement aux annonces précédentes, le Groupe Jouve est bien en train d’engager des actions qui risquent d’être extrêmement préjudiciable à l’emploi, aux conditions de travail et conditions de salaires.
Nous dénonçons l’absence totale de considération pour les conséquences sociales prévisibles alors même que le groupe Jouve a parfaitement les moyens de mettre en place une gestion prévisionnelle des emplois et des qualifications.
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