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Echanges B to B : IBM reprend Sterling Commerce

Avec le rachat de la filiale d’AT&T, Big Blue met un pied dans l’intégration interentreprise, un domaine dans lequel il brillait par son absence.

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Après le rachat de Lombardi en janvier dernier, la branche middleware d’IBM reprend aujourd’hui Sterling Commerce pour 1,4 milliard de dollars. La filiale d’AT&T apportera à Big Blue une plate-forme d’échanges B to B, un domaine dans lequel le géant du middleware était finalement très peu présent.
Autant IBM est parfaitement outillé pour couvrir les problématiques de gestion processus ou d’intégration de données au sein d'une même entreprise, autant son catalogue a du mal à répondre aux besoins d’échanges de données informatisées (EDI) ou d’orchestration de flux de commande entre différentes entreprises.

S’aligner sur les protocoles d’échange sectoriels

Service de contrôle de transfert de fichiers
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Dans ce contexte, Sterling offrira trois grandes familles d’outils à IBM. La première, celle qui rapporte le plus d’argent mais qui est déclinante, relève du transfert industrialisé de fichiers en FTP. IBM utilisait sa messagerie MQ Series pour l’envoi de fichiers. Il disposera désormais de Sterling Connect, qui jouit d’une grande base installée dans la banque par exemple. 
La seconde famille d’outils, qui devrait être plus précieuse à IBM, touche à l’EDI. Pour rappel, il s’agit ici d’échanger et de transformer des messages selon des formats et des protocoles définis par secteurs : CFONB, Swift, Etebac pour le monde bancaire, Eancom ou X12, pour celui de la distribution.
« L’EDI manquait à IBM dans le domaine de la fabrication. Il offrira une complémentarité avec ses systèmes end to end de type RFID. De même, dans la distribution, il présentera enfin à ses grands clients, comme Carrefour, un portefeuille étoffé de produits permettant de huiler les échanges entre producteurs et distributeurs », explique Mathieu Poujol, directeur technologies chez PAC. A noter que Sterling a récemment enrichi sa plate-forme EDI d’un volet orchestration de processus reposant sur les notions d’abonnement-publication de messages.

La gestion de commandes multicanal, une priorité

 Siège de Sterling Commerce à Dublin (Ohio)
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Enfin, dernière famille d’outils de Sterling, la plus récente : la gestion de commandes. Elle s’adresse cette fois à des utilisateurs métier. La promesse ? Gérer une chaîne de commande dans sa globalité et dans toute sa complexité. Une chaîne qui exige de mettre en correspondance des fournisseurs, des clients, des logisticiens, des transporteurs, des produits, des prix, des disponibilités de stocks, des lieux de stockage et de plus en plus, des canaux de vente variés (magasin, internet, mobile…). La plate-forme « d’order management » met alors en œuvre des règles d’allocation et de distribution des ressources tout au long de cette chaîne.

Une acquisition défensive

Ces trois grands modules devraient largement profiter à l’offre de commerce électronique d’IBM (Websphere Commerce). Ils l’ouvriraient surtout à d’autres canaux, l'offre d'IBM restant essentiellement axée sur le net.
Reste à expliquer le timing de cette acquisition. IBM ne découvre pas aujourd’hui l’intégration B to B, qui, même si elle connaît de nouvelles problématiques (le multicanal, par exemple) évolue finalement bien peu. Alors, pourquoi racheter Sterling aujourd’hui ? Par certains côtés, cette acquisition est défensive.
« Sterling permet à IBM de ne pas abandonner les segments de la distribution ou de la fabrication à SAP ou Oracle, lequel a récemment procédé à de nombreux rachats dans ces domaines », analyse Mathieu Poujol. Sans compter qu’avec Sterling, IBM acquiert de fortes compétences sur Swift, protocole de plus en plus utilisé en milieu bancaire. Et ce, alors même que le quasi-monopole de MQ Series dans le monde bancaire commence à être remis en question.
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