Quaero : Preuves de vie à mi-parcours
Les acteurs du projet européen Quaero ont présenté les premières démonstrations la semaine dernière, toutes axées sur l'extraction automatique de contenu de fichiers multimédia.
01net.
le 04/06/10 à 14h58
Assister à une conférence dans une langue qu'on ne comprend pas grâce à un module de traduction automatique en temps réel ? C'est peut-être le futur que nous prépare le projet de recherche (franco) européen Quaero. Lancé en mai 2008 et prévu pour durer cinq ans, celui-ci arrive à mi-parcours. L'occasion pour ses participants de présenter leurs avancées dans un contexte de compétition entre les équipes de recherche : Pieter van der Linden, directeur de programme chez Technicolor et coordinateur de Quaero explique que « les sujets sont définis conjointement, puis les partenaires effectuent leurs recherches séparément. Au final, deux entités indépendantes, la DGA (direction générale de l'armement) et le LNE (Laboratoire national d'essai) mesurent et déterminent le meilleur des procédés présentés. »
De la reconnaissance automatique de visage
Reconnaisance de visage
par le KIT
L'application de reconnaissance automatique de visage présentée par le KIT (Karlsruhe Institute of Technology) aide à retrouver des personnes sur le web ou via des outils de vidéosurveillance. Le système détecte en temps réel la position des visages, l'orientation de la tête, la position des yeux. De plus, il est capable de regrouper, par similarité, l'ensemble des photos d'une même personne, comme le montre l'intégration de la technologie dans le
moteur de recherche de test d'Exalead.
Transcrire du son en texte
La transcription de son en texte se révèle utile pour effectuer des recherches dans des bandes son ou des vidéos. Certaines transcriptions, comme celles des journaux télévisés, sont plus facile que d'autres. Ils contiennent, en effet, peu d'hésitation, d'interjection comme « heu », etc. L'application présentée par Yacast est déjà en test sur
le site de France 24.
Combiné à des modules de traduction, la transcription du son en texte rend plus crédibles les interprètes automates. Ce que dit un locuteur étranger est retranscrit en temps réel sur un écran dans les langues source et cible. La démonstration du KIT fonctionne grâce à des bases de données de correspondance entre les langues.
Du contenu personnalisé à l'écran
Projet Technicolor
Une tablette pour piloter sa télé
Les équipes de Technicolor travaillent, quant à-elles, autour de deux axes : la personnalisation du contenu télévisuel et la recherche d'autres moyens d'interaction entre le téléspectateur et sa télévision. L'objectif est notamment de recommander du contenu à un spectateur en fonction de ses goûts déclarés et de ce que d'autres clients ont regardé, avec un lien possible avec des médias sociaux externes comme Twitter ou d'autres sites internet.
Historique du projet
Le programme européen Quaero est né d'une initiative conjointe de la France et de l'Allemagne en 2005, mais s'est finalement concrétisé, en 2008, par un projet très français avec de grands groupes comme Technicolor (encore appelé Thomson en début de projet) et Orange, des laboratoires de recherche publics comme l'Inria, le CNRS ou l'Ircam et des entreprises plus petites comme Jouve, Exalead, Yacast, LTU Technologies, Vecsys, etc.
L'Allemagne a préféré créer son propre projet Theseus, axé sur le web sémantique, et n'est plus représentée dans Quaero que par deux organismes publics : le KI et l'université d'Aix-la-Chapelle, RWTH.
Au final, ce sont 26 partenaires qui mobilisent 300 ingénieurs en équivalent temps plein sur ce projet de 199 millions d'euros, financé à hauteur de 99 millions par l'Etat français.