La Silicon Valley après la crise : Zoho veut réussir sans investisseur
La Silicon Valley dessoûle. Les start up s’y implantent pour être aux premières loges des opportunités commerciales. Plus vraiment pour trouver des investisseurs. Zoho est l’une d’elles.
Zoho est un nom à retenir. Demain, cet éditeur d'applications collaboratives en ligne sera peut-être le fournisseur de la solution bureautique la plus utilisée. Telle est en tout cas son ambition. Sa suite éponyme propose l'équivalent des Google Docs (à savoir un traitement de texte, un tableur, un outil de présentation, un calendrier ou encore des messageries) avec une interface plus fonctionnelle, proche de celle d'Office.
Y figurent également des progiciels d'entreprise, tout comme chez Salesforce : du suivi de clientèle et de projets, de la facturation, de la gestion d'entreprise, de la mise en place de conférences, de la gestion des ressources humaines... L'ensemble représente 22 applications gratuites qui s'utilisent sur le web. On peut aussi s'en servir en mode déconnecté.
Zoho peut se comporter comme une extension de Google Docs. Il communique avec ses applications, importe ses données, et s'utilise même avec un compte Google. Il est également possible d'y recourir en remplacement d'Office, puisqu'il se connecte au serveur Sharepoint d'une entreprise.
Une start up autonome
Surtout, Zoho est emblématique des nouvelles start up de la Silicon Valley. Celles qui ne veulent plus des folies de la net économie. Celles qui ne veulent plus des investisseurs.
SelonSridhar Vembu, PDG de Zoho, « demain, le cloud constituera un marché aussi important que celui de la téléphonie mobile. C'est-à-dire qu'il y aura suffisamment de place pour y accueillir tous les acteurs qui disposent d'un produit intéressant. Si je ne détient qu'1 % de ce marché, je pourrai rouler sur l'or. »
Sauf que, selon ses propres dires, il devra attendre dix ans avant que le cloud compte autant d'utilisateurs que les téléphones mobiles. Mais hors de question de faire appel à des business angels pour s'engraisser d'ici là, une pratique qui était devenue une coutume à la fin des années 90 et qui avait perduré jusqu'à la dernière crise financière.
« On ne veut plus de ces investisseurs. Ils poussent les start up à entreprendre des actions déraisonnables dans l'espoir de gagner rapidement un maximum d'argent. Quitte à ce qu'elles en meurent ensuite », lance Sridhar Vembu.
En progression constante
Apparu en 2005, Zoho totalise aujourd'hui trois millions d'utilisateurs, soit trois fois plus que l'année dernière. Cinquante mille d'entre eux sont abonnés aux options payantes, soit une progression de presque 100 % en un an. Ces options payantes donnent droit à davantage de stockage, de collaborateurs ou de fonctions.
Aujourd'hui, l'éditeur complète son catalogue avec un moteur de recherche contextuel et un convertisseur universel de bases de données. Ce dernier s'exécute en local, sur Windows, et ne nécessite pas de compte Zoho. Il s'agit néanmoins d'un produit d'appel, censé inciter les utilisateurs à installer leur base de données sur Zoho.

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