La Silicon Valley après la crise : Fusion-io va réinventer le disque dur
La Silicon Valley dessoûle. Désormais, les start up s’y implantent pour durer, plutôt que pour faire rapidement fortune. Leur technique : lancer des produits à contre-courant des technologies historiques. Fusion-io est l’une d’elles.
Demain, le disque dur n'existera peut-être plus. C'est le pari que fait Fusion-io, une start up de 250 personnes lancée en 2006 par David Flynn, l'inventeur du Network Computer chez Oracle, et Rick White, un homme d'affaires de la Silicon Valley. Fusion-io propose de remplacer les disques durs par des cartes PCIe qui intègrent de la mémoire flash, les ioDrives. Les volumes de données ainsi raccordés sont 100 fois plus rapides que des disques accessibles en NAS et 10 fois plus que ceux directement installés dans un serveur ou une station de travail.
Des produits conçus par le fondateur d’Apple
Fusion-io a surtout une botte secrète. Aux manettes du design technologique de ses produits, on retrouve Steve Wozniak, l'autre fondateur d'Apple, celui qui a conçu les Apple I et II pendant que Steve Jobs les vendait. Passée plus ou moins inaperçue pendant ses premières années de gestation, la start up Fusion-io a soudainement connu une croissance de son activité il y a un an. A l'époque, Steve Wozniak, jusqu'ici conseiller technique externe, devient le chef scientifique officiel. Il n'en faut pas plus pour attirer la curiosité de partenaires clés. Parmi eux, HP signe pour distribuer les ioDrives dans ses serveurs en lames. IBM et Dell suivront.
Depuis lors, Fusion-io est parvenu à séduire un petit millier de clients. La moitié de ceux-ci sont des grands comptes. Ils comprennent Boeing, Starbucks, Myspace, Sony Ericsson ou encore Facebook.
Seule ombre au tableau, Rick White, l'un des deux fondateurs, était jusqu'ici connu pour lancer des start up qu'il revendait rapidement. « Cette période est révolue ! s'exclame Neil Carson, qui seconde Steve Wozniak à la direction technologique. La récente crise financière a changé la donne. Désormais, entreprises des nouvelles technologies ne gagneront de l'argent que sur le long terme. C'est-à-dire qu'elles doivent durer. Et pour durer, on ne peut pas tricher. Il faut être porteur d'une véritable innovation », ajoute-t-il.
Maintenir une avance technologique
LSI, Sun, Seagate, Intel pourraient-il proposer des produits similaires, avec la force commerciale en plus ? Neil Carson en doute : « Ces acteurs n'oseront pas aller à contre-courant des axes technologiques établis. Lorsqu'ils cloneront nos ioDrives, nous aurons transformé les nôtres en cartes d'extension mémoire. Et, ça, personne d'autre n'ose l'imaginer à partir de composants flash. »
Dans le proche avenir, Fusion-io lancera de nouveaux modèles de ses cartes, avec une capacité record en SSD, de 1,28 To. Ce modèle sera décliné, par application, en une version à la capacité deux fois moindre mais à la longueur de vie double, soit 4 millions d'heures.
Fusion-io est l'un des premiers fabricants à doter ses unités flash de puces MLC de Samsung, quatre fois plus denses que les composants SLC utilisés généralement.

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