La Silicon Valley après la crise : le petit Nexenta s’approprie une technologie de l’ex-géant Sun
La Silicon Valley dessoûle. Finis les succès éphémères pour s’enrichir rapidement. Désormais, les start-up veulent durer. L’une d’elles, Nexenta, mise sur une valeur sûre : elle relance le système ZFS de Sun.
Demain, le système de stockage ZFS orchestrera peut-être la plupart des offres de cloud computing. Mais Sun, son inventeur, ne les commercialisera pas. Ce sera probablement une société que personne ne connaît encore, Nexenta.
Fondée il y a moins de deux ans par deux développeurs fondus de Linux, le Russe Dmitry Yusupov et l'Américain Alex Aizman, Nexenta assemble, enrichit et commercialise plusieurs logiciels proposés en open source par Sun. L'Unix Opensolaris et le système de fichiers ZFS, en l'occurrence. Son système d'exploitation Nexentacore est librement téléchargeable et sert à transformer un matériel x86 en baie SAN, compatible iSCSI et FC, ou en serveur NAS pour machines Unix et Windows.
Incarner le système de stockage du cloud
Si on le compare à une solution équivalente sous Linux, un NAS sous Nexentacore a l'avantage des performances : soit 2500 Mo/s de débit mesuré.
Par dessus tout, Nexenta commercialise sa suite Nexentastor. Cette dernière comprend l'administration à distance, la réplication synchrone entre différents NAS ainsi que des pilotes pour attribuer automatiquement des images disque aux machines virtuelles. « Nous faisons ainsi démarrer 50 machines virtuelles en sept secondes », se targue Brad Stone, en charge de la commercialisation des produits et des services. Tous les hyperviseurs sont pris en charge.
La prochaine version 3.0 de Nexentastor apportera pNFS. Ce dispositif servira à assembler un volume de données à partir d'une grille de baies de disques. C'est la solution qui devrait enfin aider les hébergeurs à déployer simplement des offres de stockage en cloud.
Parier sur le succès des acteurs technologiques après une crise
Nexenta se targue d'être épaulé par 30 000 développeurs et de compter plus de 20 000 utilisateurs. En réalité, si l'on excepte la communauté open source, Nexenta s'appuie sur 30 salariés et environ 1 000 clients qui ont acheté une licence. « Notre carrière commerciale est devant nous. Nous en sommes persuadés, car nous sommes une entreprise purement technologique. Et c'est ce dont les fournisseurs ont besoin en sortie de crise. Tout comme les éditeurs Linux leur ont été nécessaires après 2001 », revendique Brad Stone.
Son modèle ? Celui de Canonical, l'entreprise qui soutient le Linux Ubuntu. « Comme eux, nous refusons les investisseurs parce qu'ils chercheraient à dénaturer notre technologie et nous déclinons les versions communautaires (gratuites et open source – ndlr) de notre produit », explique Brad Stone. Nexenta va même jusqu'à proposer une version StormOS avec un environnement de travail pour postes clients.
La startup Nexenta a surtout un atout : elle a récupéré les concepteurs de ZFS et de pNFS, après que ceux-ci aient quitté Sun, suite au rachat par Oracle. Elle se retrouve ainsi mieux placée que le géant du logiciel pour fournir la principale solution de stockage des futures offres de cloud.

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