La Silicon Valley après la crise : Clustrix se donne pour mission de sauver SQL
La crise est passée par la Silicon Valley. Des ingénieurs quittent les entreprises où ils ne peuvent plus innover et partent en fonder d’autres pour relever des défis de haut niveau. C’est la cas de Paul Mikesell avec Clustrix.
A force d'enregistrer de plus en plus de données sociales sur leurs utilisateurs ou leurs clients, la plupart des entreprises auront demain des bases de données qui dépasseront les capacités de leurs serveurs. Clustrix propose une solution pour fragmenter des bases de données MySQL existantes – les plus répandues – sur une batterie de serveurs.
« Nous évitons ainsi aux entreprises de migrer vers de coûteuses solutions Unix qui proposent plus de capacité par serveur ou, pire, de réécrire entièrement leurs applications pour utiliser les bases non SQL de Twitter, Facebook, Google ou Amazon. Jusqu'ici, celles-ci étaient les seules capables de fonctionner nativement en cluster », explique Paul Mikesell, le PDG de Clustrix.
Comme la mode est à l'hébergement de la salle informatique chez un prestataire de cloud computing, et comme ces derniers, pour des questions économiques, se refusent à déployer autre chose que des batteries de serveurs non Unix, le marché s'attendait à voir disparaître ces sacro-saintes bases de type SQL. Grâce à Clustrix, il n'en sera peut-être rien.
Une solution qui s'autoconfigure
En fait, et en cela réside le génie de la solution de Clustrix, il n'y a rien à configurer. La base MySQL est découpée en tranches sur plusieurs boîtiers CLX 4000 de Clustrix, avec un algorithme propre au constructeur. Un logiciel est fourni pour automatiser la migration depuis le serveur existant. En production, l'application transmet ses requêtes à tous les serveurs, et seuls ceux qui possèdent la donnée à traiter répondent.
Par conséquent, si la base de données manque encore de place, il suffit d'installer des boîtiers CLX supplémentaires et, ce, jusqu'à plusieurs centaines. « Aucune autre solution ne peut faire croître autant une base de type SQL. Avec, qui plus est, un impact nul sur les performances », se targue Paul Mikesell.
Clustrix, un remake corrigé d’Isilon
Paul Mikesell
PDG de Clustrix.
Clustrix n'a pas encore trois ans, son premier produit est sorti en mai dernier, mais son offre est déjà bien rodée. Et pour cause, elle est basée sur le même principe technique que les solutions de stockage en cluster d'Isilon, l'entreprise que Paul Mikesell avait fondée en 2001. « Nous avons aussi le même investisseur qu'à l'époque d'Isilon, Sequoia. Et les mêmes clients, dans le monde des médias. J'aurais pu développer les produits Clustrix chez Isilon. Mais j'estime qu'on ne peut plus innover dans une entreprise de la Silicon Valley au-delà de cinq ans », lâche Paul Mikesell.
Cet ex-ingénieur de Realnetwork, qui a conçu tous les produits d'Isilon, se méfie des patrons financiers de la Valley. « Ils ont le défaut de ne pas savoir inculquer la culture de la durée à leurs équipes. Du coup, ils ne parviendront jamais à lancer des produits qui satisferont durablement les utilisateurs », juge-t-il. Et d'ajouter qu'il ne répètera pas avec Clustrix, l'erreur qu'il a faite avec Isilon : « cette fois-ci, je garderai les rênes de l'entreprise... Au moins jusqu'à ce que je sois sûr que la relève technique soit assurée par des gens auxquels j'aurai donné envie de rester. »

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