Un critère ethnique dans les offres d’emploi de Salesforce
Sur son espace de recrutement en ligne, l’éditeur demande aux candidats leur appartenance raciale ou ethnique. Une mention sujette à caution en France.
C'est une offre d'emploi pour un poste de responsable de marketing on line chez Salesforce. Contrairement à la réglementation française, l'offre n'a pas été traduite de l'anglais alors que le « job » en question est basé à Paris. Plus gênant, la petite annonce ouvre sur un formulaire en ligne dont l'un des champs porte sur l'appartenance ethnique et raciale. Le candidat doit préciser s'il est de type latino, blanc, asiatique ou africain.
Un avertissement précise que l'information restera confidentielle et ne sera pas consignée dans le dossier de candidature. Cette donnée n'a qu'un but statistique. Elle rentre dans le cadre de la politique américaine d'Equal Employment Opportunity (EEO), qui vise à lutter contre les discriminations à l'embauche.
En France, cette mention est toutefois perçue dans un sens contraire. Comme le rappelle un guide pratique de Pôle emploi sur la rédaction des offres d'emploi sur internet, il ne peut être fait mention de critères liés à la race, à l'ethnie ou à la nation dans les annonces, mais aussi tout au long de la procédure de recrutement. Ce principe est inscrit dans le Code du travail (article L 1132-1) et le Code pénal (article 225-1).
Données traitées aux Etats-Unis hors du périmètre de la Cnil
Vice-président marketing Europe de Salesforce, Woodson Martin rappelle que, comme nombre de sociétés américaines, le site de Salesforce est géré depuis les Etats-Unis. L'éditeur se conforme donc aux lignes directrices émises par le gouvernement américain en matière d'équité dans le recrutement. « Les informations ne sont pas envoyées à des entités locales Salesforce, ni utilisées dans l'évaluation des candidats. Elles nous servent, en revanche, à évaluer l'efficacité de nos campagnes de sensibilisation visant à une politique de diversité. »
Woodson Martin précise, par ailleurs, que les articles 2 et 5 de la loi Informatique et Libertés sur la protection des données personnelles ne s'appliquent pas à des données traitées aux Etats-Unis.
Salesforce n'est pas, bien sûr, un cas isolé. La question se pose à nombre d'entreprises américaines. Pour éviter ce type de controverse, Thierry Dor, avocat à la Cour au cabinet Gide Loyrette Nouel, conseille à ses clients de supprimer ce champ. Ce qui suppose que le site institutionnel dispose d'une partie francisée distincte. Il souligne aussi l'ambiguïté de la formulation du champ incriminé. Un astérisque précise qu'il est obligatoire, mais juste en dessous, le candidat peut cocher une case s'il ne veut pas se soumettre à l'enquête EEO. Que comprendre ?
Mr
de
AstroMan
, posté le 21 juin 2010 à 09h28
Nous en France, on n'a l'interdiction formelle de mettre des critères d'origine ethnique dans l'annonce...Mais c'est pas grave puisque la discrimination se fait dès le premier entretien d'embauche...
Traduction
de
TurtleCrazy
, posté le 21 juin 2010 à 09h44
> Contrairement à la réglementation
> française, l'offre n'a pas été traduite
> de l'anglais alors que le « job » en
> question est basé à Paris
Ah bon ?
C'est obligatoire de traduire en français les postes basés en France ?
C'est pourtant un bon moyen de trier les candidats qui ne comprennent pas l'anglais alors que c'est un point nécessaire pour occuper le poste.
> française, l'offre n'a pas été traduite
> de l'anglais alors que le « job » en
> question est basé à Paris
Ah bon ?
C'est obligatoire de traduire en français les postes basés en France ?
C'est pourtant un bon moyen de trier les candidats qui ne comprennent pas l'anglais alors que c'est un point nécessaire pour occuper le poste.
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