Une plate-forme décisionnelle taillée pour l’iPad et l’iPhone
Lors de son congrès européen à Cannes, Microstrategy, l’un des rares éditeurs de BI encore indépendant, a lancé une offensive sur le décisionnel mobile, en ciblant l’iPad et l’iPhone.
Le fondateur et PDG de Microstrategy, Michael Saylor, est l’un des meilleurs ambassadeurs de terminaux mobile Apple. C’est sous ce jour qu’il est en tout cas apparu à Cannes, lors du congrès européen de sa société. Sur scène, il n’a eu de cesse que de vanter les vertus de la BI (Business Intelligence) mobile, de l’iPad, de l’iPhone et surtout de sa nouvelle plate-forme décisionnelle spécialement conçue pour la tablette et le téléphone d'Apple. Et, reconnaissons-le, cette version – Microstrategy Mobile for iPhone & iPad – a de quoi séduire.
S’adapter à la taille de l’écran
La visualisation classique du client web de Microstrategy a été ici repensée de manière à exploiter avantageusement le contact tactile des écrans (en particulier les aspects multi touch) et les différents capteurs sensoriels embarqués dans les terminaux. Et ce pour les trois grandes fonctions de la BI : les tableaux, les rapports et les analyses multidimensionnelles.
Quelques exemples : pour visualiser un large tableau impossible à restituer en l’état sur un iPhone, les différentes colonnes s’affichent et s’effacent en tapant sur les intitulés en abscisse. De la même façon, des éléments de zoom et d’incrustation d’histogramme s’affichent automatiquement au contact du doigt sur les lignes. Quant aux dimensions des environnements multidimensionnels, elles passent de l’une à l’autre par un simple balayage.
Géolocalisation et lecture de codes barre
« Nous avons été agréablement surpris par la lecture des codes barre de l’application iPhone. Ils permettent par exemple d'avoir la visualisation des ventes ou du stock du produit concerné et ce sans devoir saisir le gencod », explique Raphael Pousset-Bougere, responsable du décisionnel à la Fnac et béta testeur de la solution. Autre fonction appréciée : les aspects de géolocalisation. « Pour des itinérants, cela pourrait permettre de récupérer automatiquement les informations du magasin concerné ».
Cette offensive de l’éditeur sur la visualisation contraste avec son histoire. « Microstrategy a historiquement privilégié la performance sur l’ergonomie. Son point fort est de savoir générer des requêtes très complexes et les faire exécuter entièrement par l’entrepôt de données. Et ce pour alléger au maximum les serveurs de reporting et les rendre accessibles au plus grand nombre, via des protocoles légers », rapporte Eric Guigné, le patron de Polarys, société de conseil en BI. L’éditeur a ainsi été l’un des premiers à exploiter un client web. « En contrepartie de cette performance, l’ergonomie de Microstrategy est restée longtemps pauvre, comparée à celle de BO ou Cognos »
Combler un retard
Avec la version 8 de Microstrategy (qui date de 2008) et le lancement aujourd’hui de l’offre mobile, Microstrategy cherche donc à combler un retard. « Certes, nos concurrents se positionnent également sur la mobilité mais notre version tire bien mieux parti des caractéristiques de l’iPad et de l’iPhone. Elle offre par ailleurs de meilleurs temps de réponse », précise Jorge Zaera, président Europe de l’ouest de Microstrategy.
Quant au risque, bien existant, de miser autant sur le marché de la BI mobile, encore balbutiant, il tient à le minimiser : « D’ici deux à trois ans, il y aura plus de connexions web via des terminaux mobiles que via les PC ».
Quant au risque, bien existant, de miser autant sur le marché de la BI mobile, encore balbutiant, il tient à le minimiser : « D’ici deux à trois ans, il y aura plus de connexions web via des terminaux mobiles que via les PC ».
Une situation financière saine
Après l’effondrement des années 2000, où il a failli faire banqueroute, l’éditeur semble avoir recouvré la santé. Il dispose de plus de 200 millions de dollars en liquidité, n’a pas de dettes, voit ses revenus croître (de près de 5%, pour environ 380 millions de revenus annuels) et reste maître de son avenir. En effet, son fondateur et PDG détient la majorité des voix au conseil d’administration.
Une ombre au tableau pourtant. En France, la valse des DG est continuelle : cinq en cinq ans (certains étant évincés au bout de quelques mois!). Bonne chance donc à Jean-Pascal Ancelin, ancien d’Information Builders, qui vient de prendre ses fonctions...
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