Les grandes marques ont protégé leurs .co
Les noms de domaine en .co s’ouvrent à tous en juillet à des tarifs élevés (phase « landrush » jusqu’au 16 juillet 2010) puis « normaux » à partir du 20 juillet. En amont, les marques ont bénéficié d’une période d’enregistrement prioritaire pour déposer leurs noms en .co.
01net.
le 08/07/10 à 11h07
Les conclusions de notre étude (*) basée sur l'analyse whois des marques les plus valorisées par
Interbrand sont claires. La plupart des entreprises (89%) ont protégé efficacement leur nom dans la nouvelle extension .co.
Censée avoir de plusieurs significations comme company, corporate, commerce, communication, connect, etc., l'extension colombienne ne peut pas nier sa proximité typographique avec l'hégémonique .com.
Des .co qui redirigent vers des .com
Douze entreprises qui ont déjà enregistré et activé leur .co le font logiquement rediriger vers leur .com. C'est le cas des Adidas, Giorgio Armani, Nestlé, Nintendo et Starbucks. Il serait intéressant de connaître le trafic naturel généré par ce typosquatting d'extension (nommé « TLD squatting » dans notre jargon).
Ces bons élèves qui utilisent déjà un nom de domaine qu'ils payent (pratique assez logique tout de même mais bizarrement pas si répandue) ne sont pas majoritaires. Ainsi 87% des noms déposés ne sont pas activés. Les Apple, BMW, Canon, Ebay ou Google n'ont pas encore fait de redirections. Laissons leur un peu de temps, la période d'enregistrement prioritaire s'est terminée il y a à peine un mois.
Innovation de l'ouverture du .co, l'agent de validation Deloitte a créé une liste de marques notoires protégées. Ainsi 33% des sociétés comme Axa, Ikea, Nike, Pepsi ou Sony ont utilisé ce système pour que leur .co soit bloqué à l'enregistrement par des tiers.
Quelques noms libres et déjà les premiers squatting
Huit marques dont nous tairons les noms pour ne pas attirer d'éventuels cybersquatteurs ont laissé leurs noms à la merci du premier arrivé, seul servi.
Malgré la possibilité laissée aux marques du monde entier pour sécuriser leurs noms, le .co n'échappe pas au cybersquatting.
La belle Hannah a déjà posé son visage au milieu de liens sponsorisés sur burberry.co. Des publicités concurrentes de KFC apparaissent déjà sur la page parking kfc.co.
Est-ce que le .co deviendra le repère de squatteurs en tout genre, avides de récupérer le trafic d'internautes étourdis qui oublient le « m » du .com ? Ou bien au contraire, le .co sera-t-il un nouveau suffixe « crédible, mondiale et reconnaissable » comme le vante son registre ?
Nous en saurons plus cet été. Il ne reste plus que jusqu'au 16 juillet (la période vient d'être prolongée de trois jours) pour profiter de la phase « Landrush » pour déposer le nom de votre choix (société, patronyme, noms génériques...) mais à un tarif assez élevé (plusieurs centaines d'euros selon les prestataires). Cette limitation par le prix permet de contenir le nombre de demandes et optimise les chances d'obtenir les noms de domaine de votre choix avant l'ouverture totale. Cependant, des enchères auront lieu pour départager les noms faisant l'objet de plusieurs commandes.
A partir du 20 juillet 2010, l'attribution des .co se fera sur la base du premier arrivé, premier servi pour quelques dizaines d'euros. Des pré-enregistrements ont débuté pour cette période plus accessible économiquement.
(*) Analyse effectué le mardi 6 juillet 2010 par Eva Lecorps
Jean-François Poussard
Depuis 2004, Jean-François Poussard est un spécialiste du marché des noms de domaine. Il en maîtrise l'ensemble des enjeux transversaux : juridique, marketing, communication, référencement, technique et administratif. Il conseille les plus grandes sociétés françaises et européennes dans leur stratégie mondiale de nommage.
Au printemps 2010, il rejoint l'agence internet Systonic pour y diriger le nouveau département sur les noms de domaine, baptisé Prodomaines.
Il promeut également la plate-forme Keep Alert de Systonic, qui surveille les noms de domaine, les réseaux sociaux, les régies publicitaires (Google Adwords), le plagiat de contenu... afin d'aider les marques contre des agissements frauduleux (cybersquatting, détournement de trafic et de notoriété...).