Les robots se convertissent à l’open source
La plate-forme Urbi, qui anime les Lego Mindstorm ou le Segway, est désormais publiée sous licence Affero GPL 3. Gostai, son éditeur, espère ainsi booster sa diffusion dans les produits destinés au grand public.
Après avoir collaboré, au sein du laboratoire parisien de Sony Computer Science, au développement d'Aibo, le célèbre chien robot de Sony, puis créé le laboratoire robotique de l'ENSTA, Jean-Christophe Baillie, brillant polytechnicien, a créé la start up Gostai, dont le credo est la robotique pour tous !
Elle édite ainsi Urbi, un système d'exploitation pour les robots grand public. « Cet OS, qui s'exécute sur Linux ou Windows, apporte des fonctionnalités et une approche de la programmation radicalement différente de la traditionnelle », précise Jean-Christophe Baillie. Son langage de script, Urbiscript, est proche de celui qui est exploité par de nombreux jeux vidéo. D'un fonctionnement totalement parallèle et événementiel, il vise à simplifier la programmation du robot.
Le petit éditeur, qui compte une vingtaine de personnes, a adapté son système pour les robots les plus connus : Aibo, de Sony, mais aussi Nao, le robot du français Aldebaran. Même la robotique accessible aux (grands) enfants, les Lego Mindstorm, peut être contrôlée avec Urbi.
Une décision capitale pour une start up
Après une longue phase de réflexion, l'équipe de Gostai a choisi de placer sa plate-forme en open source. « C'est une décision qui a été mûrement réfléchie, reconnaît le créateur. L'avenir d'un OS de bas niveau passe aujourd'hui par le modèle open source. C'est une façon de ne pas enfermer les fabricants et utilisateurs dans une technologie propriétaire et de les rassurer. »
Gostai a mis en place une forge sur laquelle il diffuse son système, ainsi que les multiples modules de contrôle. Jean-Christophe Baillie espère que la communauté va contribuer et apporter de nouveaux modules qui élargiront la portée d'Urbi à d'autres domaines. Le système est par ailleurs compatible avec les composants ROS, un autre OS robotique déjà open source. « Dans un premier temps, je ne pense pas qu'il y aura beaucoup de contributions au niveau du noyau, car cela demande des connaissances très poussées. Mais un des membres de notre communauté travaille depuis plusieurs mois sur l'adaptation de la version 2 d'Urbi pour le robot Aibo et il est sur le point d'y parvenir, alors... »
Si le noyau et les modules sont désormais publiés sous licence Affero GPL v. 3, l'éditeur propose sa solution en licence commerciale aux industriels qui ne veulent pas voir le code qu'ils développeront publié sur Ubiforge. De même, Gostai garde sous licence commerciale son environnement de développement, Gostai Studio, ainsi que Gostai Lab, son outil d'édition des interfaces de contrôle.
Gostai Studio
L'environnement de développement n'est pas disponible sur Urbi Forge.
L'open source élargit la portée d'Urbi
« Le passage à une licence open source nous ouvre largement l'univers des “hobbyistes” ainsi que le monde académique pour lesquels une licence commerciale était un véritable obstacle », explique Jean-Christophe Baillie. Le fondateur de Gostai espère aussi une diffusion plus large d'Urbi, notamment auprès d'industriels tels que Segway, qui propose sa technologie aux industriels pour créer leurs propres robots programmables avec cet OS. Enfin, d'autres débouchés pourraient apparaître dans le domaine des jeux vidéo et de la simulation : « Dès lors qu'il s'agit d'un logiciel basé sur des agents, les capacités d'orchestration d'Urbi peuvent être très intéressantes. »
Un marché de 5,26 milliards de dollars en 2015
Selon le cabinet d'études ABI Research, le marché mondial du robot personnel – jouets et robots monotâches (par exemple le robot aspirateur) – atteindra 5,26 milliards de dollars en 2015 contre 1,28 milliard en 2009. Si les analystes reconnaissent que ce marché a été affecté par la crise économique, ils croient en une reprise rapide. Toutefois, ils estiment que la recherche pour le développement de robots capables d'appréhender et de manipuler leur environnement doit continuer. On ne verra pas de C3P0 de sitôt !
Le robot Nao d'Aldebaran robotics
de
BastienAR
, posté le 26 aout 2010 à 14h57
Bien qu'il soit très ouvert, Nao n'est pas à proprement dit open source, dans la mesure où l'ensemble du code n'est pas intégralement partagé.
Ceci dit, cela ne limite en rien ses capacités de programmation et sa versatilité, Nao étant déjà utilisé par plus de 800 labos et universités dans le monde.
Ceci dit, cela ne limite en rien ses capacités de programmation et sa versatilité, Nao étant déjà utilisé par plus de 800 labos et universités dans le monde.
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