Le rapport de forces s'équilibre entre grands comptes et PME
Le Pacte PME évolue en association. Présents à parité égale au conseil d’administration, grands comptes et PME travailleront main dans la main pour une plus grande efficacité.
En choisissant un statut d'association paritaire, dont le conseil d'administration est constitué de 14 représentants de grands comptes et de 14 dirigeants de PME désignés par les organisations professionnelles (Comité Richelieu, Syntec Informatique, Afdel...), la structure opère un changement de gouvernance total. « Avant, le Pacte PME était dirigé unilatéralement par le Comité Richelieu, donc par les PME. Cette évolution est indispensable à la dynamisation du dispositif », renchérit Tristan Monroe, PDG de Metanext, et représentant de Syntec.
Trente et un grands comptes ont déjà rejoint l'association et payé 10 000 euros de cotisation pour l'année. Soutenue par le gouvernement, la Direction générale de la compétitivité, de l'industrie et des services versera 1,2 million d'euros sur trois ans, là où Oséo avait réglé près de 500 000 euros chaque année de 2006 à 2009.
20 % des achats aux petites structures
Autre cheval de bataille : la lutte contre la massification des achats. « Conscients des contingences économiques qui pèsent sur les grands donneurs d'ordre et qui sous-tendent cette action de massification pour réduire les coûts, nous souhaitons qu'ils ouvrent de l'ordre de 20 % de leurs achats à de plus petites structures spécialisées, pour des prestations d'expertise notamment », insiste Tristan Monroe. Une façon de lutter contre les effets pervers des 100 % de commandes réalisées auprès des grandes SSII, qui les contraignent à sous-traiter en cascade, asphyxiant d'autant les petites SSII. Il s'agit de faire évoluer les mentalités des acteurs en les aidant à passer d'une culture de pression sur les prix unitaires à celle d'une culture d'intérêt partagé.
Une trentaine de grands comptes ont déjà rejoint l’association
Le sourcing, qui consiste à mettre en relation les grands comptes et les PME sur des thèmes attendus par les grandes entreprises, sera aussi dynamisé. « Chaque mois, nous organiserons des réunions avec les grands comptes : réponse à des besoins déjà identifiés, validation de la pertinence de nouvelles idées ou contribution à la diminution des coûts par des solutions alternatives. Ils y rencontreront les PME spécialistes du sujet », dit Emmanuel Leprince.
2 questions à...
Quels rapports entretiennent grands comptes et sous-traitants ?
Pour avoir des rapports avec les grands donneurs d'ordre, encore faudrait-il pouvoir avoir accès à eux. On sent une volonté de s'ouvrir, mais cela ne se traduit pas dans les faits. Le Pacte PME va dans le bon sens, mais il faudrait que les 100 premiers groupes français s'engagent.
La conjoncture a-t-elle dégradé ces relations ?
Je n'ai pas eu de retour dans ce sens des adhérents du syndicat 3SCI. Les grands comptes sont naturellement durs en affaires. Bien sûr, des contrats n'ont pas été renouvelés entre fin 2008 et 2009, mais nous n'avons pas constaté de déréférencements notables.
Les actions en faveur des PME industrielles
- Création d'une conférence nationale de l'industrie associant grands groupes et PME au sein de 11 filières, dont une consacrée aux TIC.
- Mobilisation de l'épargne salariale via la création de deux FCPE, pour un encours total de près de 80 Md€.
- Incitation à la relocalisation avec 200 M€ de primes pour les PME et les ETI revenant au bercail.
- 500 M€ de prêts verts bonifiés délivrés par Oséo pour les PME et les ETI investissant dans des projets de performance environnementale.
- Nomination d'un médiateur de la sous-traitance, Jean-Claude Volot.
- Réforme de la loi du 31 décembre 1975 encadrant la sous-traitance. Un rapport dans ce sens sera finalisé fin août.

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