Les opérateurs déboulent dans le cloud
Les acteurs télécoms multiplient les offres pour les entreprises. Ils misent sur la sécurité et la performance de leurs infrastructures pour les convaincre.
01net.
le 10/09/10 à 11h09
Quand on dit cloud computing, on pense d'abord à Google, Amazon, Microsoft ou Salesforce. Des acteurs du monde informatique. Mais depuis quelques mois, de plus en plus d'opérateurs télécoms veulent avoir leur part du nuage informatique et multiplient les offres cloud pour entreprise. Parmi ceux qui sont présents en France, Orange, Colt et Verizon ont été les plus réactifs et ont lancé leurs premières offres dès 2009.
SFR a suivi, en annonçant en juin 2010 son offre baptisée Infrastructure SI à la demande. Tous ont pour partenaire VMware, qui leur fournit la technologie de virtualisation de serveurs et de création de machines virtuelles. Cela constitue la base du
cloud computing.
Fin août, Colt et Verizon ont poussé leur partenariat avec VMware un cran plus loin, en adoptant la technologie vCloud Datacenter pour créer des offres cloud dites hybrides. Objectif : aider les entreprises à basculer tout ou partie de leurs machines virtuelles existantes chez le prestataire, de manière transparente et interopérable, en fonction des besoins. Ces nouvelles offres devraient être commercialisées dans les mois qui viennent. Actuellement, elles sont en test chez certains de leurs clients. Verizon, par exemple, expérimente la technologie vCloud Datacenter auprès du groupe hôtelier Intercontinental, qui compte 4 500 hôtels à travers le monde, et qui souhaite ainsi absorber plus facilement les pics d'activité durant les périodes de vacances et de congés annuels.
Objectif : rassurer l'entreprise
Mais Orange et SFR ne sont pas en reste. L'opérateur historique prévoit d'étendre son offre cloud, entre autres, dans le domaine des applications métiers : finance, santé, transport, distribution, etc. Un but que poursuit également SFR, qui souhaite pour cela faire appel au savoir-faire de prestataires tiers. « Je discute avec beaucoup de SSII françaises qui pourront s'appuyer sur notre infrastructure pour développer des offres à valeur ajoutée », explique Paul Corbel, directeur général SFR Business Team.
Cette percée des opérateurs télécoms n'est pas étonnante. Le cloud computing a pour vocation de délocaliser l'informatique dans des centres de données distants et gérés par des tiers. Les entreprises sont très intéressées par les perspectives de réductions des coûts, mais restent méfiants quant à la sécurité et la performance. Et c'est justement dans cette brèche que s'engouffrent les opérateurs : ils veulent devenir des « intermédiaires de confiance » pour le cloud, comme l'explique le cabinet The Yankee Group. En effet, tous mettent en avant le niveau de sécurité de leur réseau, ainsi que leur capacité à proposer des hébergements de proximité et à maîtriser l'infrastructure informatique et télécoms de bout en bout.
Un argumentaire déjà rodé
Chez Verizon, les clients peuvent concevoir leur architecture cloud sur le réseau MPLS privé de l'opérateur tout en bénéficiant de services de securité cloud (pare-feu, détection d'intrusion, protection contre le déni de service). L'argumentaire de vente de SFR souligne le fait que les données sont hébergées en France et que l'entreprise bénéficie d'un service support client de proximité. Quant à Colt, il se targue de pouvoir proposer des contrats de niveaux de services globaux, couvrant le réseau, l'infrastructure logicielle et les applications. « Nous possédons notre propre réseau et nos propres centres de données. Notre infrastructure est certifiée ISO 27001 et nos processus conformes Itil v3. En cas d'incident, il est plus simple de trouver la cause, car les même équipes gèrent l'informatique et le réseau », explique Béatrice Rollet, directrice marketing services managés chez Colt. Reste à voir si ces arguments passeront le cap des appels d'offre.
Radiographie des offres opérateurs
• Iaas (Infrastructure as a Service) : tous les opérateurs qui se dirigent vers le cloud proposent des serveurs virtuels fournis à la demande, parfois configurables en ligne. Souvent, ils complètent cela avec des briques de sécurité, voire même des services de stockage à la demande (tel que l'offre Verizon Business Storage as a Service).
• Saas (Software as a Service) : les applications à la demande sont encore assez clairsemées chez les opérateurs : gestion de flotte et applications bureautiques chez Orange, applications bureautiques chez Colt, progiciels de gestion SAP chez T-Systems.
• Paas (Platform as a Service) : aucun opérateur ne propose – ni ne souhaite proposer – de plate-forme de développement et de déploiement logiciel, telle que Salesforceforce.com, Google App Engine ou Microsoft Azure.