Arrivée du DNSSEC en France : cinq points pour mieux comprendre le protocole sécurisé
1. Quel problème règle le DNSSEC, l'extension sécurisée du DNS ?
2. Par quel processus sécurise-t-on le DNS ?
3. Combien de temps le déploiement va-t-il durer ?
4. Les entreprises devront-elles investir ?
5. Le DNS est-il devenu invulnérable ?
L'explication de Stéphane Bortzmeyer, ingénieur à l'Afnic
DNSSEC repose sur quelques principes simples.
En premier lieu, on ne modifie pas le protocole DNS. DNSSEC est une extension du DNS, pas un nouveau protocole, elle fonctionne au travers d'un cache non modifié. Un client non-DNSSEC est en mesure d'interagir avec un serveur DNSSEC (et réciproquement).
Ensuite, on utilise la cryptographie asymétrique pour signer les données DNS.
Cela signifie que DNSSEC protège de bout en bout. Les techniques de sécurité qui préservent le canal de communication (comme TLS pour SMTP ou, dans le cas du DNS, comme DNScurve10) se déploient en général plus simplement, mais ne s'avèrent pas fiables pas contre un intermédiaire qui ne l'est pas.
Ainsi, avec SMTP sur TLS, si le courrier est relayé par un serveur de messagerie qui triche, par exemple en modifiant le message, TLS n'empêchera rien. Au contraire, PGP est une technique de sécurisation de bout en bout : même si un serveur intermédiaire triche, PGP permettra de détecter la modification du message. Contrairement à des techniques comme IPsec, DNSSEC aide donc à authentifier le message, même s'il est passé par des relais douteux.
Et pour finir, DNSSEC protège les données et non pas le canal.
DNSSEC garantit l'authenticité de l'origine, mais pas forcément la « véracité » du message. C'est une limite qui existait déjà dans le DNS : celui-ci ne permet pas d'affirmer qu'une information est « vraie ». Si l'administrateur système commet une faute de frappe et tape 19.0.2.1 comme adresse IP du serveur web, au lieu de 192.0.2.1, le DNS ne détecte pas l'erreur et sert la donnée « fausse ». De même, avec DNSSEC, si une base de données d'un bureau d'enregistrement n'est pas protégée contre l'injection SQL, l'attaquant pourra modifier cette base et DNSSEC n'y pourra rien, il intervient bien en aval.

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