Plaidoyer pour un « vrai » ministère du numérique
Pas question de surjouer la surprise. Nicolas Sarkozy nous a prévenus avant les grandes vacances. Un remaniement de grande ampleur interviendra cet automne. Il donnera naissance à un gouvernement resserré autour de quelques ténors politiques.
Ce nouveau virage pourrait mettre fin à un certain nombre de secrétariats d'Etat. Avec le risque de voir la politique numérique de la France pilotée depuis Bercy au sein d'un super ministère de l'économie, à l'image du METI japonais.
Cette dilution sonnerait comme un désaveu et un cruel retour en arrière. En donnant naissance, en 2008, au secrétariat d'Etat chargé de la prospective et du développement de l'économie numérique, le gouvernement Fillon II créait une première historique.Une bonne surprise que l'on doit certainement à François Fillon, ancien ministre de la Poste, des Télécommunications et de l'Espace sous Juppé (1995) et geek notoire.
L'économie numérique était enfin incarnée par un représentant de l'Etat. Brièvement par Eric Besson et plus durablement par Nathalie Kosciusko-Morizet. Une NKM dont même les détracteurs les plus virulents lui reconnaissent une bonne connaissance des dossiers et une appétence non feinte pour les nouvelles technologies. 

La secrétaire d'Etat n'a pourtant pas la vie facile. Les 4,5 milliards du grand emprunt dévolus au numérique ont attisé la convoitise de ses confrères Michel Mercier, Frédéric Mitterrand et Christian Estrosi impliqués respectivement dans le haut débit pour tous, la numérisation du patrimoine ou la politique industrielle.
Non seulement elle doit gérer en parallèle le dossier de la prospective mais NKM fait partie des membres du Gouvernement les plus touchés par la réduction des effectifs imposée par le chef de l'Etat. Elle devait passer à la rentrée de onze collaborateurs à quatre.
Et maintenant, si on prenait une voie contraire en profitant de ce remaniement pour créer un grand ministère du numérique aux prérogatives élargies ? Comme il en existe au Maroc ou en Côte d'Ivoire.
C'est tout les sens de l'appel de Laure de la Raudière, député UMP, et de quelques blogueurs. Une proposition qui dépasse, d'ailleurs, les questions de partis. Directeur de cabinet de l'adjoint au maire de Paris chargé de la Culture, Gaspard Gantzer va même plus loin en évoquant la création d'un ministère de la culture, de la communication et du numérique.à lire aussi
SUR LES MÊMES THÈMES 


nos newsletters
Abonnez-vous à Micro Hebdo : 4,90 €/mois
Abonnez-vous à l'Ordinateur Individuel : 3 €/mois
Abonnez-vous à la version digitale
Abonnez-vous à 01Business et Technologies : 19 €/mois
















