Grand emprunt : les arbitrages concernant la numérisation des contenus progressent
Suite à la consultation publique de juin 2010, quatre projets de numérisation du patrimoine sont déjà presque assurés d'être sélectionnés.
Surprise ! Si certains pensaient que l'Etat financerait « en priorité les projets maximisant le retour sur l'investissement (ROI) », ils ont été rassurés sur les objectifs du grand emprunt : « Pour l'Etat, le ROI n'est pas le même que celui d'un acteur privé. Il n'est pas nécessairement financier, et les délais et les taux ne sont pas les mêmes », expliquait Nathalie Kociusko-Morizet, secrétaire d'Etat chargée de la Prospective et du Développement de l'économie numérique, lors du point d'étape sur les arbitrages pour la numérisation des contenus dans le cadre du grand emprunt. Gageons que cette précision sur le modèle économique libérera la créativité lors d'éventuels appels à projets futurs.
750 millions pour la numérisation des contenus
En attendant, la sélection des projets qui bénéficieront du grand emprunt national bat son plein. Sur les 2,25 milliards d'euros destinées aux développements des services, usages et contenus numériques innovants, un tiers est prévu pour la numérisation des contenus culturels, scientifiques et éducatifs.
Une centaine de propositions a été reçue par le ministère de la Culture et de la Communication suite à la consultation publique de juin dernier, ouverte à l'ensemble des citoyens, collectivités territoriales et acteurs économiques des NTIC (nouvelles technologies de l'information et de la communication).
Déjà 100 millions de prévus pour quatre grands projets
Quatre propositions sont quasiment assurées d'être sélectionnés et devraient recevoir, au total, 100 millions d'euros. Elles concernent le développement d'une offre légale pour le cinéma et le livre, mais aussi le domaine des services innovants et la valorisation de contenus existants. Leur présentation, la semaine dernière, par le ministre de la Culture, Frédéric Mitterand, a été l'occasion de rappeler l'objectif de l'emprunt : « La logique de co-investissement et le développement de partenariats public-privé sont au cœur de cette démarche, car il s'agit de créer une véritable filière numérique culturelle. »
Ces projets étaient aussi différents que la création d'une plate-forme VOD mutualisant les catalogues de partenaires privés, la production de livres « augmentés » (avec du contenu multimédia ajouté au texte) comme le propose la société i-gutenberg, la création d'une plate-forme répertoriant l'ensemble des contenus audiovisuels et cinématographiques disponibles (autour de l'INA) et, enfin, un kiosque numérique de la presse regroupant plusieurs éditeur (le groupement d'intérêt économique « e-presse premium »).
Certains secteurs, comme la musique et la photographie, ont moins répondu à la consultation publique, mais d'autres appels à projets seront peut-être lancés en 2011, ce qui permettra aux retardataires de se manifester.

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