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« L’Etat va supprimer 80 % des imprimantes personnelles et toutes celles à jet d'encre »

Entretien avec Hervé le Dû, responsable de la division technologie du Service des achats de l'Etat. Son service veut réduire les dépenses courantes de 10 % sur trois ans, soit 15 milliards d'euros par an.

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Hervé le Dû
Hervé le Dû
Cet été, la branche technologie du Service des achats de l’Etat (SAE) a signé un accord cadre visant à rationaliser dans tous les ministères les achats d’imprimantes et de copieurs multifonctions.

Quel est le contenu de l’accord cadre signé autour de l’impression ?

En collaboration avec les ministères, nous avons standardisé sept configurations, chacune correspondant à un besoin graduel, de la petite imprimante jusqu’au matériel d’étage. Cinq constructeurs ou distributeurs titulaires ont été retenus. L’accord prévoit un coût à la page global et propose des services de sécurisation d’impression et de gestion des flux. Les ministères devront donc désormais s’appuyer exclusivement sur cette grille pour passer leurs appels d’offre.

Concrètement, comment comptez-vous réaliser des économies ?

En favorisant notamment la centralisation des impressions. Notre accord cadre référence à la fois les copieurs multifonctions (MFP) et les imprimantes ce qui, au passage, est assez original puisque les deux matériels sont traditionnellement gérés séparément. Reste que nous privilégierons clairement les MFP. Car d’après nos études, sur toute la durée de vie des matériels, le coût global d’une une page imprimée sur une imprimante, peut être dix fois supérieur à celui d’une page issue d’un MFP. Le service des achats aidera les ministères à respecter le « plan administration exemplaire » qui vise, entre autres, la suppression du jet d’encre et 80 % des imprimantes personnelles.

Quelle composante du processus d’achat manquait-il aux ministères ?

Jusque là, les cahiers des charges étaient classiquement élaborés par un service technique – la DSI, par exemple – puis transmis à un service juridique, missionné pour lancer l’appel d’offres dans le cadre des marchés publics. Mais la vision économique de l’achat était très rarement portée.
C’est donc le rôle du SAE, qui étudie l’offre des fournisseurs, les confronte au différents besoins, s’assure que ces derniers ne sont pas en déphasage avec le potentiel des fournisseurs, ou ne pourraient pas être comblés par des pratiques déjà existantes. Pour cela, il coordonne l’expression de besoin des différents DSI des ministères.

Y-a-t-il des avancées similaires dans d’autres domaines que l’impression ?

C'est pour l'impression que la rationalisation des achats est la plus avancée. Mais nous sommes en train de référencer, via d’autres accords cadres, des systèmes de stockage pour sept ministères, en négociant un prix global au gigaoctet. Et l’année prochaine, ce processus concernera les serveurs.
Entretien avec Hervé le Dû, responsable de la division technologie du Service des Achats de l'Etat. Son service veut réduire de 10 % sur trois ans, les dépenses courantes de l'état (15 milliards d'euros par an).

Comment réagissent les fournisseurs au principe d’un tarif négocié et unique pour l’Etat ?

Différemment selon leur profil. Les constructeurs jouent clairement le jeu mais les éditeurs de logiciels freinent des quatre fers. Il faut dire qu’ils disposent d’une multitude de contrats avec chacun des ministères et refusent tout ce qui pourrait faire baisser à court terme leur chiffre d'affaires et altérer leur position dominatrice.
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