La Sacem attend l'effet Hadopi
Alors que la loi anti-piratage se met en place en France, la Sacem a réuni l'industrie du disque et les artistes pour faire le point sur l’évolution du marché de la musique sur internet. Un marché encore très modeste en France.
© Sacem
Le siège de la Sacem
Sur les 750 millions d’euros que la Sacem doit percevoir cette année, seulement 10 millions proviennent d’internet », résume Catherine Kerr-Vignale, membre du directoire de la Sacem. Car si les moyens légaux de diffusion de la musique se sont multipliés ces dernières années, les revenus tardent à tomber dans la poche des auteurs. Téléchargement temporaire ou définitif, sites et applications de streaming gratuit financés par la publicité ou sur abonnement payant… les moyens d’accès à la musique se sont multipliés. Face à ce bouillonnement, le droit d’auteur, créé en 1793, et les droits voisins qui protègent producteurs et interprètes accusent le poids des années.
Des situations parfois ubuesques
Les producteurs se méfient du téléchargement gratuit financé par la publicité, modèle du français Beezic.
Une situation juridique complexe, qui mène parfois à des situations ubuesques : un interprète ne peut en aucun cas offrir un titre gratuitement à ses fans Facebook ou aux visiteurs de son site personnel. « Il n’y a pas de raison que l’artiste se fasse connaître aux dépens des auteurs et compositeurs, argumente Catherine Kerr-Vignale. Il doit solliciter une autorisation, qui lui sera accordée à titre exceptionnel s’il est l’auteur et le compositeur du morceau, et s’il ne génère pas de revenus sur ces téléchargements. »
De même, les contenus publiés par les internautes sur les grands sites vidéo sont soumis au droit d’auteur. Le fan de Céline Dion filmé devant sa piscine avec une chanson de son idole en musique de fond devrait formellement demander une autorisation et s’acquitter de droits avant de poster sa vidéo sur Youtube. Si la Sacem ne poursuit pas chaque internaute, elle parvient à faire plier les sites de partage vidéo. Après Dailymotion en 2008, elle est parvenue avec Youtube à un accord de reversement de droit rétroactif pour la période 2006-2012.
Ce type d’accord, la Sacem en signe tous azimuts, afin de faire entrer dans le droit chemin les acteurs de l’internet français. Corinne Champarnaud, directrice du département des droits phonographiques et numériques à la Sacem, détaille ces accords : « Nous avons signé avec 1 400 clients dans ce qu’on appelle l’illustration de sites web. Ce sont les grands portails des médias qui diffusent de la vidéo, mais aussi les sites de sociétés qui diffusent une musique de fond. Nous leur proposons des forfaits mensuels ou annuels. Nous avons fait de même avec 300 radios web, bien souvent associatives, ainsi qu’une centaine de sites de contenu qui proposent de la musique en téléchargement ou en streaming. Enfin, nous sommes en négociations avec une cinquantaine de plates-formes de Video on Demand (VOD). »
« Hadopi ne règle rien »
La Sacem espère que Hadopi poussera les internautes à se tourner en masse vers ces moyens de diffusion légaux. Denis Ladegaillerie, le fondateur de Believe, une société qui prend en charge pour les artistes la distribution de leurs œuvres sur les principaux services numériques du marché, y croit : « Quand on regarde les statistiques pour la France, on constate que le peer to peer est en chute libre depuis quatre mois. Si on prend l’exemple de l’Ipred, l’équivalent de Hadopi en Suède, on a constaté que les téléchargements illégaux ont été divisé par deux en quelques mois et que le marché légal à été multiplié par trois. » Feu de paille ou renouveau pour l’industrie musicale ? Les résultats enregistrés par l’Ipred ont depuis été remis en cause et certains, à l’image de Jean-Michel Peffer, le PDG de KPM (Karaoké Paris Musique), n’hésitent pas à remettre en cause l’efficacité de Hadopi à contrer le téléchargement illégal. Et de réclamer rien de moins qu'un filtrage du web dans la plus pure tradition chinoise…
Merci à la SACEM...
de
poilagratter2
, posté le 21 octobre 2010 à 14h34
...et aux Thénardier du Phonographe.
En nous traitant collectivement comme des vauriens, vous nous avez poussés vers la musique libre où nous avons découvert des trésors.
Nos libertés contre les rentes des "ayants droit" (il ne s'agit pas des artistes qui, eux, ont droit à des queues de cerises), c'est un marché de dupes.
Article sous licence libre ici:
http://monoeil.info
En nous traitant collectivement comme des vauriens, vous nous avez poussés vers la musique libre où nous avons découvert des trésors.
Nos libertés contre les rentes des "ayants droit" (il ne s'agit pas des artistes qui, eux, ont droit à des queues de cerises), c'est un marché de dupes.
Article sous licence libre ici:
http://monoeil.info
Suede
de
Phach
, posté le 21 octobre 2010 à 15h22
" en Suède, on a constaté que les téléchargements illégaux ont été divisé par deux en quelques mois "
on a surtout constaté une reprise et un taux de téléchargement identique 1 mois plus tard... mais ils oublient bien souvent cette partie de la stat.
Cet article est un exemple flagrant qu'ils se fichent bien des artistes. C'est pas l'artiste qui est défendu, c'est l'argent récolté par ces organismes d'un autre temps.
on a surtout constaté une reprise et un taux de téléchargement identique 1 mois plus tard... mais ils oublient bien souvent cette partie de la stat.
Cet article est un exemple flagrant qu'ils se fichent bien des artistes. C'est pas l'artiste qui est défendu, c'est l'argent récolté par ces organismes d'un autre temps.
mais oui
de
Phach
, posté le 21 octobre 2010 à 15h23
l'effet, elle peut l'attendre longtemps...
Mouais...
de
lawicca
, posté le 22 octobre 2010 à 16h08
La SACEM et consorts sont des parasites qui pourrissent le net avec leur lobbyisme et leurs prise de positions partisanes. Il est temps de tous les mettre à Pôle-Emploi tous ces oisifs qui s'engraissent sur le dos des créateurs.
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