Urgent, première puissance mondiale recherche RSSI
Bien plus que la révélation des 251 287 mémos de la diplomatie américaine, le véritable scoop de Wikileaks tient dans la démonstration de l’extraordinaire vulnérabilité de son système d’information.
Que Berlusconi ait un goût prononcé pour la fête ou que notre Président soit un tantinet susceptible, on pouvait le supputer. Mais qu’un gamin au visage poupin soit à l’origine de cette « mégafuite » surprend autrement plus.
Bradley Manning, soldat de 23 ans, dont l’homosexualité aurait tenu à l’écart de la vie de garnison, fait figure de suspect numéro un. Spécialiste du renseignement, il est emprisonné depuis 188 jours sur dénonciation d’un hacker. Un site web et une page fan Facebook appellent d’ailleurs à sa libération.
A première vue, Manning n’a pourtant rien d’un génie du piratage. Son mode opératoire (décrit ci-dessous par le site canadien Canoë) prête même à sourire. Affecté en Irak, il arrivait au bureau avec un CD réinscriptible, sur lequel il avait copié des titres de Lady Gaga. Tout en chantonnant les chansons de la star, il effaçait la musique pour la remplacer par les données sensibles en format compressé.
Cette histoire est d’autant plus glaçante qu'il ne s'agit pas de la première fuite. Le même soldat a alimenté Wikileaks un peu plus tôt dans l’année, en divulguant 70 000 documents confidentiels sur la guerre en Afghanistan. Manning arrêté en juin, aucune mesure n’a été alors prise depuis alors que près de trois millions de fonctionnaires ont accès au système informatique Secret Internet Protocol Router Network (SIPRNet).
Pirate de la transparence contre « hacktiviste » au service du bien
La Maison Blanche se devait de réagir. C’est fait. Elle a annoncé, hier, que dorénavant les documents confidentiels ne pourront ainsi plus être copiés sur un support externe (CD ou clé USB) et leur transfert devra se faire par deux personnes habilitées. Des alertes préviendront de toute activité suspecte. Un bel aveu d’impuissance.
Mais dans sa lutte, le gouvernement US a aussi des partisans côté hackers. Alors qu’il s’apprêtait à publier les câbles diplomatiques, les serveurs de Wikileaks ont été victimes dimanche d’un déni de service. Le site devant alors utiliser une autre adresse.
L'homme derrière cette attaque se fait appeler "Jester" ou "bouffon". Il se définit comme un « hacktiviste au service du bien » et a déjà plusieurs sites extrémistes à son tableau de chasse. Il a revendiqué son action sur Twitter.
Sur son compte « th3j35t3r », on peut lire le message suivant : « www.wikileaks.org - ELIMINE - pour avoir tenté de mettre en danger la vie de nos soldats, "d'autres ressources" & les relations internationales ».
Entre pirate de la transparence d’un côté, et « hacktiviste » au service du bien, il faudra choisir son camp. Pensez-vous comme François Baroin, porte-parole du gouvernement, qu’une société transparente soit une société totalitaire ? Un beau sujet pour le bac philo.



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