Esprit de la Silicon Valley, es-tu là ?
Après avoir traîné mes guêtres à la conférence LeWeb, je suis forcé de constater que Loïc Le Meur a réussi son pari initial : créer l’évènement majeur en Europe pour l’industrie du web. C’est en tous les cas l’avis des participants que j’ai pu rencontrer sur place et qui semblent satisfaits de leur déplacement en dépit des tarifs assez prohibitifs (de 500 à 2000 euros l’entrée).
« Dans le domaine du web, c’est celui qui rassemble le plus de monde, qui a une véritable taille critique », m’a expliqué Steven Willmott, PDG de 3scale networks, un allemand qui a créé sa startup à Barcelone il y a trois ans et qui, de surcroît, parle un excellent français. Il est venu à Paris pour présenter sa plateforme de gestion d’API, capter de nouveaux clients, tisser des liens.
Et c’est vrai : un esprit de Silicon Valley plane sur cet évènement. Que l’on fasse la queue à St-Denis pour l’inscription ou que l’on sirote un verre lors du cocktail à la Mairie de Paris, on n’est pas déçu de ce que l’on voit ou entend. Les participants sont jeunes voire très jeunes et portent une tenue décontractée avec jeans, T-shirt, basket et sac DJ en bandoulière. Ils discutent de leurs projets, de leurs problèmes, de leurs idées. Petit florilège de quelques bribes verbales notées sur le vif :
« - Quel genre de boîte tu veux créer ?
- Je veux révolutionner le carnet d’adresses. »
- Je veux révolutionner le carnet d’adresses. »
« Notre but, en fait, c’est de monter en valeur sur nos APIs. »
« Là, on vient de prendre quelques étudiants pour nous donner un coup de pouce. »
« Et toi, tu gagnes déjà de l’argent ? »
Alimenter le mythe de la Silicon Valley, c’est évidemment le fond de commerce de Loïc Le Meur. Et pour cela, rien de tel que d’exhiber quelques stars sur le devant de la scène, tel que Dennis Crowley, le PDG de Foursquare, un archétype de l’entrepreneur web américain. Immédiatement, on est un peu transporté dans le film « The social network » de David Fincher : les grandes écoles américaines, les valorisations boursières fulgurantes, les batailles judiciaires, la course aux abonnés,…
C’est dans cet imaginaire collectif que les discussions se poursuivent alors jusque tard dans la nuit, sur les beats de Bob Sinclar. On se rend compte alors que le web – aussi hype qu’il soit – n’arrive pas non plus à résoudre un des problèmes majeurs du monde informatique : il y a toujours trop d’hommes sur la piste de danse.
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