Paris s’apprête à libérer ses données publiques
Feu vert pour l’open data dans la capitale : l’accès libre aux données publiques gérées par la ville de Paris sera bientôt une réalité. Le Conseil de Paris vient de définir la licence sous laquelle seront publiées ses données.
01net.
le 15/12/10 à 13h01
Si le principe d’une telle diffusion a été arrêté par le Conseil de Paris en juin dernier, il restait à définir la forme et, surtout, sous quelle licence allaient être publiées les données de la Ville de Paris. La licence choisie,
Open Database Licence (ODbL), est celle qui est déjà mise en œuvre à San Francisco. Elle autorise le partage, la copie et la distribution et, bien entendu, l’exploitation des données.
La principale contrainte est le devoir de mention des auteurs de la base de données pour toute utilisation publique. François Bancilhon, responsable de
Data Publica, le projet de mise à disposition des données publiques, souligne : «
La Mairie de Paris a fait le choix de la licence libre ODbL. C'est une bonne chose, mais elle va avoir un travail de trraduction et d'adaptation de la licence au droit français, notamment vis-à-vis du droit d'auteur sur la structure des données, car il n'existe pas en droit anglo-saxon. »
Vingt bases de données ouvertes dans l'année
Pour l’instant, une vingtaine de bases de données ont été identifiées dans les différents services de la Ville, qui peuvent être publiées rapidement. Toutefois, la Mairie de Paris a exclu de cette démarche open data un certain nombre de sources de données : celles dont l’accès est déjà réservé à quelques personnes et celles inclues dans les documents administratifs échangés dans le cadre de missions de service public à caractère industriel ou commercial.
Autre bémol : la Ville de Paris ne publiera pas sous licence ODbL les données de ses registres d’état civil et les documents issus du recensement. Une autre licence ou un autre règlement intérieur est à l’étude pour donner accès à ces données nominatives.
Dernière étape à franchir avant la mise à disposition effective des données : le volet technique et la façon dont elles seront effectivement mises en ligne. Aucune piste n'a été confirmée pour l'instant quant à la forme que prendront ces informations de la Ville de Paris sur le web.
L'avis de l'expert : « Tout ce qui va vers l’open data est une excellente chose »
François Bancilhon, chef du projet Data Publica
« L’annonce de la Marie de Paris est une excellente chose. Elle montre aussi que c’est un processus compliqué et subtil, qui prend du temps. Le choix de la licence OBdL va dans le bon sens : elle est libre, c'est-à-dire qu’on peut faire ce que l’on veut à condition de mentionner les auteurs. Le seul point qui m’ennuie, c’est qu'OBdL est la troisième licence utilisée en France, après la LIP, du ministère de la Justice, et celle de l’Apie. Ce qui complique inutilement la perception de l’open data, d’autant que les différences sont ténues.
Du point de vue technique, la Mairie de Paris doit opter pour des solutions d’accès aux données simples : API Rest, Json ou simples fichiers Excel, les développeurs sauront traiter l’information. Il ne faut pas multiplier les contraintes techniques afin de ne pas rendre l’accès aux données trop cher pour les administrations. Enfin, si les données contiennent de la sémantique, il vaut mieux utiliser des standards, tel Inspire pour les données géographiques. »