SSII : les vrais chiffres du «traitement social» de la crise
Entre 2008 et 2009, les licenciements économiques ont plus que doublé au sein des SSII et éditeurs. Les « départs volontaires » ont, eux, été multipliés par six.
La crise a été gérée « différemment » chez les éditeurs et les SSII que dans les autres secteurs d’activité. C’est ce que relève le Munci en s’appuyant sur les statistiques de Pôle emploi. Entre 2008 et 2009, les ruptures de contrat de travail ont plus que doublé dans l'informatique alors que, sur la même période, leur nombre progressait de 17 % tous secteurs d’activité confondus.
Les prestataires informatiques ont, notamment, fait une grande consommation des licenciements économiques, qui ont été multipliés par 2,5. Les « départs volontaires », parmi lesquels figurent les ruptures conventionnelles ont, eux, été multipliés par plus de six. Deux fois plus que sur l’ensemble du marché du travail. « Ce qui laisse envisager de nombreux licenciements déguisés », estime Régis Granarolo, président du Munci.
Autre surprise, le nombre de fin de CDD a presque doublé, alors qu’il augmentait très légèrement tous secteurs confondus. Un paradoxe pour un secteur qui communique sur le CDI comme contrat de travail roi.
Ces statistiques mettent à mal le discours dominant des dirigeants de SSII. Tirant les enseignements de la crise précédente [2001-2003], ils auraient eu cette fois une gestion plus « sociale » du retournement de conjoncture en limitant au maximum les licenciements. Apparemment non.
Pour sa part, Régis Granarolo dénonce le décalage anormal entre le volume important de ces licenciements et la rareté des plans sociaux au cours de cette année 2009. « A quelques exceptions près, les SSII privilégient toujours les moyens de séparation individuelle aux procédures collectives. Ce qui n'est pas sans rappeler la crise précédente, et qui est surtout illégal. »
Le chômage partiel aurait pu limiter la casse sociale
Rejoignant en cela Syntec numérique, il regrette que les négociations sur le chômage partiel n’aient pu aboutir à la mise en place d’un accord de branche. « La situation aurait été beaucoup moins néfaste. »
Le président du mouvement d’informaticiens nuance toutefois la dureté de ces chiffres, en rappelant que beaucoup de SSII ont usé de la formation pendant les intercontrats. « Et même abusé car il s'agissait assez souvent de chercher à repousser aussi loin que possible les licenciements par des formations bouche-trous. »
Ce qui expliquerait pourquoi les caisses du Fafiec – l'organisme paritaire en charge de la formation pour la branche – ont commencé à se vider à partir de 2009 et que les montants de prise en charge au titre du plan de formation ont fortement baissé en 2010.
Il reconnaît aussi qu’une fois rapportés à la population d’informaticiens recensée par l’Unedic, ces ruptures de contrat de travail restent inférieures – en pourcentage – aux chiffres tous secteurs. A l’exception des départs volontaires (1,35 % contre 1,12 %).
Controverse autour des créations d’emplois
Une autre étude contredit, par ailleurs, le mythe d’un secteur informatique, locomotive du marché du travail. Après vérification effectuée par le Munci, le Centre d’analyse stratégique (CAS) – ex-Commissariat général du Plan – anticipe environ 35 000 créations d'emplois dans les activités informatiques sur la période 2010-2015. Soit un tiers des emplois générés par le secteur "conseils et assistance". Loin derrière la construction et ses 149 000 créations d’emplois.
« Un chiffre toujours appréciable mais en nette baisse par rapport aux années précédentes », note Régis Granarolo. Cette projection sectorielle se situe bien en deça de la moyenne de 20 000 de créations nettes par an sur les dix dernières années avancée par Syntec numérique. L’année 2009 aura déjà fait baisser cette statistique, avec selon l’Apec une destruction de près de 3 670 postes pour la seule population cadre. Sur l'ensemble des catégories, Pôle emploi arrive à 9 298 suppressions de postes.
Surprise??
de
Samk
, posté le 17 décembre 2010 à 18h24
Vous venez d'apprendre que less ssii font de la com comme tout le monde et ont tendance à dire n'importe quoi pour attirer les jeunes talents?
Très juste
de
dupontxxx
, posté le 25 décembre 2010 à 11h50
Excellent article qui confirme en substance la triste réalité du secteur informatique : beaucoup de recrutements certes mais aussi beaucoup de licenciements (et de ruptures + ou - à l'amiable...)
Tout çà parceque nos clients-gogos continuent à faire confiance à ces marchands de viande, alors qu'ils auraient tout intérêt à embaucher en interne dans la plupart des cas
Tout çà parceque nos clients-gogos continuent à faire confiance à ces marchands de viande, alors qu'ils auraient tout intérêt à embaucher en interne dans la plupart des cas
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