Lorsque le très haut débit crée des services innovants
Plus puissant et plus rapide, le très haut débit stimule la créativité des entreprises, comme le prouvent les projets soutenus par le pôle de compétitivité Cap Digital. Témoignages.
Trente projets, réalisés en l’espace de deux ans, dont la moitié débouchant sur une commercialisation immédiate, une grande variété de domaines d’application, des entrepreneurs ou des chefs de projet satisfaits à 86 %. C’est le bilan global de la plate-forme THD (très haut débit), que le pôle de compétitivité Cap Digital vient de présenter les 28 et 29 janvier dernier, à l’occasion d’un évènement « portes ouvertes » à la Cité des sciences.
Créée en 2008, la plate-forme THD est, en quelque sorte, un banc de tests géant pour les créateurs de services numériques à très haut débit. Elle donne accès, gracieusement, à des infrastructures (datacenter, réseau fibre optique), des conseils et des expertises techniques et, surtout, un panel de plus de 2 300 foyers Fiber to the Home (FTTH). Grâce à elle, on est en mesure de tester une montée en charge réelle, et de valider des scénarios d’usage.
Les projets qui ont eu la chance d’être sélectionnés couvrent des domaines très variés : e-learning, serious game, jeux vidéos, vidéo on demand, TV interactive, webcast, visioconférence, etc. Voici quelques témoignages qui précisent l’intérêt du très haut débit.
iTowns, un « Street View » ultraprécis, personnalisable et en 3D
Le projet iTowns est piloté par l’Institut géographique national (IGN). Le service propose d’accéder à une vue panoramique des rues citadines, comme le fait le fameux Google Street View. Mais avec deux différences notables : la précision et la 3D. Les voitures de numérisation de l’IGN utilisent dix appareils photo Full HD, et des pointeurs laser pour capter le relief en 3D. Résultat : les zooms sont d’une qualité impressionnante, et on effectue des mesures au centimètre près, directement à partir de l’image. « C’est une fonctionnalité qui sera réservée aux professionnels, tels que les géomètres », explique Nicolas Paparoditis, directeur de recherche au sein de l’IGN. iTowns aidera aussi à incruster dans les images des documents multimédias : vidéos publicitaires, animations explicatives, textes Wikipédia. « Le THD apporte plus de confort et plus de fluidité à ce type de service », précise le directeur de recherche.
Teleclasse, le manuel de cours interactif
Piloté par la société ISI, ce projet d’e-learning propose un livre électronique enrichi par des services interactifs : chat et vidéoconférence en temps réel, tableau blanc, enregistrement des sessions, intégration d’animations, etc. Les fonctionnalités ont même prévu le chuchotement entre deux élèves, pour rendre le cours aussi ergonomique que possible. « Le trafic généré par une classe virtuelle de 6-7 personnes est important. Le THD offre une très grande qualité d’image et un très bon niveau d’interactivité, ce qui améliore l’enseignement », explique Vincent Wartelle, dirigeant d’ISI.
Messann, créer et partager ses animations 3D
Destiné aux jeunes de 10 à 25 ans, Messann est un service de dessins animés participatifs. Grâce à lui, on crée et on partage des animations en 3D et en temps réel, sur PC et mobile. Le projet est piloté par la société Brocéliande, qui fournit déjà un service similaire pour le site web de Canal J, mais sans fonction de partage. « Le panel de tests de la plate-forme THD nous a permis de constater que l’usage prédominant de Messann était d’ordre impulsif. Plutôt que de multiplier des fonctions élaborées, nous avons donc préféré miser sur la simplicité et la facilité d’usage », souligne Alexis Vivant de Grotthuss, président de Brocéliande.
Zavastar, le jeu télévisuel virtuel cross-média
Géré par la société Virdual, le projet Zavastar propose un système créant un jeu télévisuel virtuel, animé par un personnage réel, mais où les participants sont des internautes représentés sous forme d’avatars. Ces derniers jouent entre eux, de manière communautaire. « Les jeunes passent de moins en moins de temps devant la télévision. Avec Zavastar, nous espérons les y ramener », explique François Xavier Cardon, directeur général de Virdual. Pour les diffuseurs de télévisison, l’avantage serait double : augmenter l’audience et, grâce à internet, mieux connaître les participants. La valeur de la publicité s'en trouverait valorisée. « L’avantage du THD, c’est que l’on crée des décors plus sophistiqués et plus rapides à télécharger. Car il s'agit d’avoir le même environnement sur PC et à la télévivion », ajoute le directeur général.
De THD vers THD²
Le succès du socle THD ne s’arrêtera pas là. Planifié initialement sur une durée de deux ans, ce dispositif de R&D sera remplacé, vers mi-2011, par THD², une plate-forme de test plus ambitieuse, qui intégrera plusieurs types de réseaux (fibre optique, 3G, 4G, ADSL), et plusieurs types de supports (PC, mobile, TV). En revanche, les services proposés seront partiellement payants. Ce changement devrait se faire dans le cadre de la création de « Vie numérique », un institut de recherche technologique que compte mettre sur pied Cap Digital.

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