Flash 11 contre WebGL : la bataille du web 3D est lancée
Adobe propose aux développeurs une préversion de Flash 11 avec la technologie 3D Molehill. Elle entrera en concurrence avec WebGL soutenu par les constructeurs et les éditeurs.
Alors que la version 10.2 de Flash vient tout juste de sortir, Adobe travaille à la prochaine version 11 intégrant la 3D. Le programme Adobe AIR and Flash Player Incubator vient d'en partager les fonctionnalités principales avec les développeurs :
• Les API 3D Molehill pour Flash Player et AIR, soit un ensemble d’API 3D de bas niveau permettant d’accéder à l’accélération matérielle des cartes GPU. Ces API, destinées aux développeurs de moteurs et d’applications 3D, s’appuient sur DirectX 9 sous Windows, sur OpenGL 1.3 sous MacOS et Linux, ou sur OpenGL ES 2.0 pour les plates-formes mobiles. En cas d’absence d’accélération matérielle, un repli automatique est effectué sur le CPU.
• Des API permettant de créer des courbes de Béziers cubiques sans utiliser d’instructions ActionScript.
Grâce aux API Molehill, les développeurs peuvent porter ou créer leurs applications 3D en faisant abstraction de la plate-forme matérielle et logicielle du navigateur, tout en exploitant au maximum la puissance du matériel à disposition.
Des applications innovantes
C’est évidemment toutes les applications exploitant la 3D à travers un navigateur qui vont pouvoir bénéficier de Flash 11 : jeux sociaux, serious games, mondes virtuels, magasins en ligne, catalogues d’objets industriels, réalité augmentée, 3D en relief, etc. Nul doute que le marketing saura également trouver des usages innovants. Au final, un marché potentiel énorme.
Boutique virtuelle « Wine Collection » [Source AlternativaPlatform]
Modèle 3D dans Away3D 4.0, moteur Flash 3D [Source Away3D]

L'environnement de développement Unity va proposer l’export en Flash pour Molehill [source Unity]
En concurrence avec WebGL
Cependant, Flash 11 arrive alors qu’une spécification pour la 3D dans le navigateur est en cours de développement : WebGL, promu par Khronos Group, un consortium regroupant des constructeurs (AMD, Apple, ARM, Intel, Nokia, nVidia, Oracle, Samsung, Sony, Texas Instruments…), et des éditeurs (Adobe, Google, IBM, Mozilla, Opera, etc.). L’objectif étant de créer une API ouverte, cross plate-forme, conforme aux standards ouverts du web (OpenGL, HTML 5) et, comme Molehill, permettant la 3D dans le navigateur en exploitant l’accélération matérielle.
Pour l’heure, WebGL est supporté par très peu de navigateurs : Mozilla Firefox/4.0b8+, Safari Mac OSX 10.6 (WebKit Nightly Builds), Google Chrome et Opera 11 Preview Build. Comme le souligne Fred Cavazza, « le taux de renouvellement du marché pour les navigateurs est extrêmement lent. En six mois, le Flash Player 11 peut être installé sur 90 % du parc, un taux de couverture que les navigateurs de nouvelle génération n’atteindront jamais. » Une course à la montre est donc lancée. Encore une fois, l’approche propriétaire mais pragmatique de Flash pourrait bien l’emporter sur l’approche œcuménique de WebGL. Quoiqu’il en soit, la révolution du web 3D est bel et bien en marche.
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