SAS France partage ses bonnes pratiques de management
Edouard Fourcade, directeur général de SAS France, est venu témoigner de sa gestion des ressources humaines dans le cadre du Trophée du capital humain.
Le 28 juin prochain se tiendra la troisième édition du Trophée du capital humain, organisée par Michael Page. Elle récompense les initiatives RH les plus innovantes des entreprises du CAC 40. Bien avant l’événement, un débat a eu lieu à Paris pour mettre en avant une entreprise exemplaire dans le domaine des ressources humaines. Il s’agit de l’éditeur de solutions décisionnelles SAS, déjà numéro un du classement américain Best Companies to Work for par le magazine Fortune… devant Google, numéro quatre.
Sur certains points d’ailleurs, SAS n’a rien à envier à Google ! « A mes yeux, Google est une imitation de SAS. Cela fait trente cinq ans que ce dernier propose des services à ses collaborateurs (conciergerie, etc.) », a lancé Charles-Henri Besseyre des Horts, professeur associé à HEC et animateur de la conférence. Selon Miguel Labourg, la DRH de SAS France, « Jim Goodnight (le PDG du groupe) considère que l’on travaille mieux si l’on n’a pas à se soucier de logistique ». Un projet de crèche est même à l’étude.
SAS met aussi l’accent sur le cadre de vie. Ainsi, dans l’Hexagone comme dans les filiales, les bureaux de l'entreprise sont installés dans des lieux magnifiques. Le siège français se situe dans la commune d’Evry-Grégy-sur-Yerres, en Seine-et-Marne, dans un domaine somptueux. Toutefois, a reconnu Edouard Fourcade, directeur général de SAS France, « avec les problèmes de trafic croissants, nous réfléchissons à cette question de la localisation pour nous rapprocher notamment de nos clients. Cependant ce n’est pas simple, car nous souhaitons conserver l’âme de l’entreprise. »
Voilà pour le décor. Cette année, le groupe prévoit de signer un accord sur le télétravail qui se limiterait à deux ou trois jours par semaine.
Voilà pour le décor. Cette année, le groupe prévoit de signer un accord sur le télétravail qui se limiterait à deux ou trois jours par semaine.
Edouard Fourcade a longuement insisté sur l’importance des valeurs de l’entreprise « qui ne figurent dans aucun programme, mais font partie du quotidien des collaborateurs, des managers et de la direction de Saas ». Il se rappelle avoir été très surpris, en 2009, lors de son embauche, de se voir confier des objectifs… pour 2012, avec entre autres la tâche d’amener SAS dans le classement des 10 Best Places to work et de conduire certains changements en limitant le turnover.
Confiance et liberté d'initiative
Si ces valeurs humaines semblent cruciales, c’est d’abord parce qu’elles sont profondément ancrées dans l’esprit du PDG. « En pleine crise, Jim Goodnight nous a assuré qu’il ne ferait pas de plan social. Il nous a simplement demandé de gérer l'argent de l’entreprise comme si c’étaient le nôtre. Cela prouve la confiance et le respect mutuel qu’il nous accorde », raconte la DRH. Au quotidien, Edouard Fourcade souligne aussi l’importance de la confiance. « Lorsqu’un numéro un confie une tâche à un collaborateur, quel que soit son niveau de management, il doit lui déléguer l’autorité, sinon cela inhibe sa créativité. Faire confiance à quelqu’un est plus difficile, mais je suis convaincu que c’est la voie de la réussite », assure-t-il.
Pour fidéliser les collaborateurs, la priorité est donnée à la mobilité interne (notamment à l’international) – l’un des grands chantiers RH de l’entreprise. Chaque année, 15 % des collaborateurs évoluent au sein de la filiale française, et le turnover est faible (près de 4 %). Avec une moyenne d’âge pas très jeune par rapport à Google – avoisinant les 38 ans – SAS France doit prêter attenton à sa pyramide des âges. Il réfléchit à améliorer les fins de carrière des collaborateurs seniors, soucieux de privilégier leur qualité de vie au travail. Parmi les pistes avancées figurent toutes les actions qui les aident à transmettre leur savoir et leur expérience.
Enfin, le grand patron Jim Goodnight est aujourd’hui âgé de 66 ans. La question de sa succession, et surtout de la pérennité du modèle SAS, est donc légitime. Sur ce sujet, Edouard Fourcade s’est voulu une fois de plus rassurant. « Vu de l’extérieur, tout tourne autour de lui, mais en interne c’est un personnage discret (un statisticien de génie à l’origine), qui diffuse ses valeurs, et c’est sa force. Le jour où il quittera l’entreprise, nous découvrirons à coup sûr qu’il a mis en place tous les mécanismes pour qu’elle fonctionne sans lui. » A suivre…
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