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Le Guide de la curation (1) - Les concepts

La curation est le mot à la mode en ce début 2011. Mais que cache cette appellation, quels bénéfices l'entreprise en tire-t-elle et quel rôle peut jouer le curator ? Dans ce premier volet, nous présenterons l'étymologie du terme, son historique, ses définitions.

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Etymologie

La pratique qui consiste à sélectionner, éditorialiser et partager du contenu a été baptisée par les Américains curation ou Content Curation, par analogie avec la mission du curator, le commissaire d’exposition chargé de sélectionner des œuvres d’art et de les mettre en valeur pour une exposition.
Les termes curation et curator prennent leurs racines étymologiques dans le latin cura, le soin. Ils n’ont pas d’équivalent en français, nous les utiliserons ici dans leur contexte anglais (curation en français désigne le traitement d’une maladie).
Le terme curation est apparu en France fin 2010.  Après l’e-Réputation et le Community Management, il s’annonce comme étant le « buzzword » de l’année 2011.

Historique

La curation est la convergence des deux principales activités sur internet : la recherche et le partage.
Elle est indissociable de la culture du partage, dont elle est l’héritière. Bien avant internet ou le Minitel, le réseau des BBS (Bulletin Board System, serveurs accessibles via modem) permettaient déjà d’échanger messages et fichiers en tous genre. La culture du partage se retrouve également chez les chercheurs, les programmeurs open source, etc. Avec l’arrivée d’internet, les formes de partage se sont diversifiées : newsgroups, ftp, P2P… Le Web 2.0 a donné la parole aux internautes : blogs, wikis, forums de discussion, réseaux sociaux… Partager un lien sur Twitter, une vidéo sur Facebook sont devenus aujourd’hui des pratiques courantes et à la portée de tous.
Parallèlement, le volume d’informations n’a cessé de croître. Très tôt, le besoin d’outils pour retrouver le contenu pertinent s’est fait sentir. C’est l’ère des grands moteurs de recherche (Alta Vista, Yahoo!, Google, Bing…) qui perdure encore, pour Google principalement. En 2008, le moteur de recherche indexait déjà un trillion de pages (1 milliard de milliards). Selon certains experts, le volume des données sur le web doublerait toutes les 72 heures. Entre les spams, les informations fausses, les contenus redondants ou sans intérêt, il devient de plus en plus difficile et coûteux de trier le bon grain de l’ivraie.
Les internautes ont commencé à trier, à sélectionner les contenus qu’ils jugent intéressants pour les partager avec leurs amis ou leur réseau, créant ainsi une forme d’intelligence collective. Parmi ces passionnés d’information, on a commencé à identifier des experts dans des domaines spécifiques, capables de dénicher des informations exclusives, des contenus pertinents ; capables également d’enrichir ces contenus de leur expertise avec une recommandation, un avis ; capables enfin de mettre en scène ce contenu avant de le partager. Ainsi sont nés les curators.
Mais avant que le terme curation ne consacre l’usage, il y a eu quelques tentatives de coller une étiquette. En 2004, Robin Good définissait déjà le rôle du Newsmaster, précurseur du curator. En 2008, Kweeper inventait le Social-Heapcasting.
En septembre 2009, le blogueur Robert Scoble de TechCrunch lance un appel aux start up : Une nouvelle opportunité à un milliard de dollars : la curation temps-réel. Dans la foulée, Rohit Bhargava publie un Manifeste pour le Content Curator. Le mouvement est lancé aux États-Unis.
Tout un écosystème se crée alors pour satisfaire la demande. On dénombre aujourd’hui plusieurs dizaines d’outils et de plates-formes de curation. Bon nombre d’acteurs qui travaillaient dans l’agrégation de contenu, le bookmarking social ou la mise en page de contenu se sont raccrochés au train de la curation et ont adapté leur offre. Dans ce foisonnement, une tendance émerge : la curation automatique. Objectif : générer automatiquement une page web avec une mise en page attractive à partir de sources présélectionnées. Pour cette catégorie (Flipboard, Paper.li et consorts), nous parlerons plutôt d'outils de publication automatique, car ils s’éloignent, selon nous, de l’essence de la curation : le retour de l’humain.

Définitions

Que l’on soit utilisateur ou éditeur de logiciels, que l’on ait une sensibilité de blogueur, de veilleur, de documentaliste, de journaliste, de marketeur ou de Community Manager, chacun y va de sa définition.
Chez les pionniers, Rohit Bhargava, auteur du Manifesto For The Content Curator, donne en 2009 sa définition : « Un Content Curator est quelqu’un qui, continuellement, trouve, regroupe, organise et partage le contenu en ligne le meilleur et le plus pertinent sur un sujet spécifique. »
Pour Steven Rosenbaum, auteur du livre Curation Nation, « la curation permet de trier l’information surabondante et de se concentrer sur ce qui est pertinent. »
Tom Foremski, fondateur de SiliconValleyWatcher déclare : « La curation, c'est une ou plusieurs personnes engagées dans l’acte de choisir et de présenter des éléments relatifs à un sujet et à un contexte spécifiques. »
Chez les journalistes, Fabrice Frossard estime que  « la curation telle qu’on l’entend est à la base du métier de journaliste ».
Même son de cloche chez Cyrille Frank (@cyceron) : « La curation synthétise une bonne part des missions du journaliste et du médiateur traditionnel. »
Pour Benoït Raphaël, « la curation est le new search… et le nouveau média ». C’est à la fois un moteur de recherche motorisé par des humains, et un nouveau moyen d’expression.
Chez Eric Scherer, « la curation intervient après le tri sélectif. On peut parler de dépollution des contenus ».
Parmi les blogueurs, Fred Cavazza souligne que la curation  « améliore la qualité des contenus : le principe est de nettoyer pour ne conserver que le meilleur », et rejoint, en ce sens, Eric Scherer.
Pour Bertrand Duperrin, « le curator est une personne qui traite, évalue, contextualise, met en perspective, enrichit et rediffuse l’information. C’est le chaînon manquant des dispositifs Entreprise 2.0 ».
Pour Laurent François (Citizen L.),  la curation, c’est « du bookmarking (archivage classique), du mapping (structuration de la pensée d’un individu ou d’un groupe) et une organisation sociale du web ».
Xavier Mazenod pense qu' « un Digital Curator est un aiguilleur qui analyse, trie et distribue l’information du web en fonction des destinataires ».
« Le curator est un courtier en information, c’est-à-dire un Maven », affirme Arnaud Briand.
Camille ALLOING (Cadd e-Réputation) déclare : « Le curator est un tiers facilitateur»
Shane Melaugh (IM Impact) « aime à penser que la curation, c’est comme être un DJ de contenu en ligne ». Par analogie avec le mix et le remix de morceaux de musique, Angela Dunn (Blogbrevity) déclare elle aussi qu’ « un Content Curator est un DJ. Sur Twitter, vous mixez du contenu. »
 
 
Paule Mackrous, quant à elle, défend une vision de la cyberculture et reprend le manifeste de Standford University : « La curation est une pratique savante augmentée qui accroît également fortement l’enseignement et l’apprentissage. Elle appelle les générations futures d’humanistes à se mettre au travail d’emblée avec l'essence même de la culture et de l'histoire : s’engager directement dans la collecte et la production de connaissances. »
Pourquoi y a-t-il autant de définitions de la curation ? Parce que c’est une activité aux contours encore imprécis, aux objectifs multiples. Ce qui ressort de ces définitions :
  • La curation est à la base une activité humaine
  • Les choix de contenus sont guidés par la subjectivité
  • Les motivations sont le partage
  • La curation n’est pas (encore) un métier mais une passion
Nous verrons que les pratiques associées à la curation vont pouvoir définir précisément le rôle du curator.

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