Un nuage d’emplois sur la France à l'horizon 2015
[Blog] Des études sponsorisées par EMC2 et Google nous apprennent que le cloud computing ou - plus généralement - internet pourrait créer des centaines de milliers d’emploi dans l’Hexagone d’ici 2015. On aimerait y croire…
Non ce n’est pas un poisson d’avril ! Le cloud computing pourrait créer 469 000 emplois en France d’ici 2015. On sait qu’il existe des nuages radioactifs comme d’autres printaniers, plus propices à la vie. Quand même, un demi-million ! A titre de comparaison, nous apprend La Tribune, l’économie française a détruit 514 000 emplois en 2008 et 2009.
Cette estimation nous vient d’une étude britannique réalisée par le Centre for economics and business research (CEBR) pour le compte d’EMC2. Pour arriver à ce chiffre, l’argumentaire est quelque peu spécieux. La manne d’emplois viendrait à la fois des fournisseurs et prestataires du cloud mais aussi des entreprises clientes qui, gagnant ainsi en productivité, embaucheront massivement.
Internet crée des emplois mais combien en détruit-il ?
Ces conclusions ne sont pas sans rappeler celles de l’étude de McKinsey sur l’« Impact d’internet sur l’économie française », sponsorisée cette fois par Google. Qu’apprend-on ? A horizon 2015 – décidemment cette date a un pouvoir symbolique – la filière internet contribuerait a près d’un quart de notre croissance et à la création nette « d’environ 450 000 emplois directs et indirects».
Sachant qu’internet aurait déjà contribué, selon le cabinet, à la création nette d’environ 700 000 emplois en France au cours de ces quinze dernières années. Pour arriver à ces chiffres, McKinsey a notamment pris en compte les emplois attachés aux technologies web et ceux crées dans son sillage comme dans le transport des colis dans l’e-commerce.
Comme le dit McKinsey, « la quasi-totalité » des secteurs économiques sont touchés par le numérique. Mais si certains en bénéficient, d’autres en pâtissent en terme d’emplois comme la musique ou l’édition. Ce que n’a pas retenu l’étude.
L’emploi pris en otage par les lobbyistes
Plus globalement, ces études s’apparentent à de vastes opérations de lobbying comme le souligne Olivier Ezratty. « Google fait aujourd’hui ce que Microsoft faisait il y a dix ans pour valoriser l’impact du logiciel dans l’économie française ».
Financée par Microsoft, Adobe ou Symantec, la Business Software Alliance (BSA) a compris, elle, que l’emploi trouverait un écho favorable auprès de l’opinion publique. Mais plutôt que de parler d’emplois détruits par les méchants pirates comme par le passé, la BSA évoque, elle aussi, des créations d’emplois, une notion plus positive.
Elle nous apprend ainsi, en mai dernier, qu’une réduction de dix points du piratage logiciel créerait très exactement 14 465 nouveaux emplois en France et générerait 1,9 milliard d’euros de recettes fiscales supplémentaires. CQFD.

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Chiffres très fortement surestimés !!!
Il en ressort que ce nombre ne dépasse pas les 311 000, loin des 700 000 emplois de la (trop fameuse) étude Mc Kinsey sur "l’impact d’internet sur l’économie française", constamment reprise (entre autres) par le Gouvernement, le Syntec Numérique et le Conseil National du Numérique…
A lire : http://munci.org/Les-vrais-chiffres-des-creations-d-emploi-dans-le-numerique-(...)


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