Solutions Linux/Open Source ouvre ses portes au Cnit
Ce matin, le salon de référence de l'open source en France ouvrait ses portes à Paris. Une première journée marquée par les prises de parole de Microsoft et d'Oracle.

Si la Tunisie et sa révolution de jasmin sont à l'honneur de l'édition 2011de Solutions Linux/Open Source, force est de constater que ce premier jour se déroule sous le signe des géants de l'informatique. Ainsi se sont succédés, lors des premières keynotes de la matinée, Oracle, Microsoft et Intel, à charge pour Google de clore la journée, en organisant un duplex avec San Francisco, où la conférence Google I/O vient de commencer.
Microsoft, un habitué de Solutions Linux/Open Source

On ne peut pas rater le célèbre éditeur en arrivant sur le salon. Avec un stand idéalement placé face à l'entrée, Microsoft marque sa présence dans le monde open source. Une présence caractérisée par une certaine humilité et une grande discrétion, tant sur le stand que lors du keynote. James Utzschneider, directeur général de Microsoft en charge des relations avec les communautés open source, n'a finalement pas fait le voyage depuis Redmond. C'est Alfonso Castro, directeur de la stratégie interopérabilité chez Microsoft France, qui a pris le micro. Il a notamment rappelé que Microsoft est présent sur cette manifestation pour la 8e année consécutive et que l'éditeur de Windows a développé une grande stratégie d'interopérabilité avec le libre depuis 2008.
« Pour prendre l’exemple de Linux, nous avons démarré notre coopération avec Novell en 2006. Nous avons ensuite pris des engagements mutuels avec Red Hat en février 2009 et, en juillet de la même année, nous avons contribué au noyau Linux, en versant 20 000 lignes de code pour le support de la virtualisation Hyper-V. Aujourd’hui il y a moins de 1% de différence de performances entre Linux et sa version sur Hyper-V. » Le responsable a conclu en présentant la nouvelle stratégie d’interopérabilité avec le libre, baptisée InteroperabilityBridges, une stratégie symbolisée par un pont rouge.
Oracle, attendu au tournant, passe le test

Le discours de Microsoft face aux communautés du libre est aujourd’hui bien rodé, on l’a vu. Par contre, Oracle était manifestement attendu au tournant tant les accrochages avec les communautés Java, MySQL, OpenOffice, pour n’en citer que quelques-uns, ont été vifs ces derniers mois. C’est Wim Coekaerts, vice-président senior Oracle pour les volets Linux et virtualisation, qui devait défendre l'étendard Oracle sur scène.
De fait, en se focalisant uniquement sur les volets virtualisation de la stratégie Oracle, il a évité toute réaction hostile de la salle et a, en quelque sorte, passé son examen de passage sur Solutions Linux. Pour éviter tout point qui aurait pu soulever des contestations, notamment le noyau Linux made in Oracle annoncé lors du dernier Oracle World, Wim Coekaerts a tenu à souligner : « Contrairement à ce qui a pu être dit, tout le travail que nous avons réalisé sur le noyau Linux est accessible publiquement et peut être téléchargé librement. » Il s’est ensuite concentré sur les solutions de virtualisation Oracle et celles issues de Sun. Il a bien souligné que Xen, qui constitue la base de l’offre Oracle VM Server, ne serait pas abandonné au profit de Oracle VM VirtualBox. Oracle travaille notamment sur les évolutions du standard OVF (Open Virtual Machine Format) auprès du DMTF.
Alexandre Zapolsky, Linagora, devant son public

Après ces présentations très « politiquement correctes », Alexandre Zapolsky, fondateur de Linagora a su, comme à son habitude, susciter l’intérêt du public de Solutions Linux. Se plaignant de l’intérêt déclinant des médias pour le logiciel libre, il a voulu remobiliser ses troupes : « Nous sommes moins dans les médias, c’est vrai, mais je ne crois pas que ce soit pour autant la fin de l’histoire, bien au contraire ! Nous sommes encore au démarrage du mouvement, tant en ce qui concerne l’innovation que l’essor du marché lui-même. »
A propos de l'initiative du gouvernement britannique, qui a dévoilé le 30 mars dernier une directive poussant ses ministères à privilégier le logiciel libre dans leurs investissements IT, Alexandre Zapolski souhaite un tel engagement en France : « L’Angleterre a ainsi rejoint la position du gouvernement d’Angela Merkel, ce qui nous donne des raisons d’espérer en France. Nous n’avons pas encore cette stratégie mais sommes déjà dotés des outils pour y parvenir. Maintenant que la Disic (direction interministérielle des systèmes d'information et de communication) a été créée, laissons à Jérôme Filippini le temps d’installer ses équipes. Lorsqu'il était aux commandes de la DSI du ministère de l’Intérieur, il était un fervent défenseur du libre. »
Prenant exemple sur le secteur de l’éducation, où l’ERP open source Cocktail est déployé auprès du tiers des universités françaises, Alexandre Zapolski précise ses intentions : « Nous savons gérer de grandes universités avec un ERP open source et nous sommes maintenant en contact avec de grandes administrations et des collectivités locales. La réaction de leurs DSI est unanime. Enfin ! Il y a dix ans, j’annonçais ici que l’open source serait omniprésent dans les infrastructures. C’est aujourd’hui vrai. J’annonce aujourd’hui que dans dix ans, on remettra en question des programmes comme Chorus ou l’ONP et que seront proposées des alternatives et des migrations vers des solutions applicatives open source. »
Et Copernic ?
de
FX75
, posté le 11 mai 2011 à 14h38
Pourquoi le patron de Linagora ne parle-t-il pas d'un autre grand programme de l'Etat, Copernic ? Coût estimé par la Cour des comptes : 1.8 milliards d'euros sur 10 ans. Ambition, refonfre l'ensemble des applications de la Direction générale des Impôts. Résultat, à part la déclaration en ligne, rien qui tienne la route. Pas de compte fiscal unique, pas de solution pour la gestion du recouvrement...
A mais bien sûr, ce grand projet était le vaisseau amiral de l'open source !
A mais bien sûr, ce grand projet était le vaisseau amiral de l'open source !
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