DMP : Bordeaux et Mont-de-Marsan donnent l’exemple en Aquitaine
Après l’Alsace, la Franche-Comté et la Picardie, l’Aquitaine est la quatrième région à devoir transformer son dossier médical partagé en dossier médical personnel.
Une douzaine d’établissements de santé et un millier de médecins libéraux « DMP compatibles » d’ici à la fin de l’année. C’est l’objectif que s’est fixé la région Aquitaine dans sa quête vers le dossier médical personnel. Un chantier officialisé la semaine dernière au CHU de Bordeaux, mais qui a en fait débuté dès l’ouverture du DMP en janvier dernier.
A cette date, le dossier régional aquitain, celui qui a servi d’expérimentation au DMP, est alors fermé. « La clôture du dossier régional est intervenue pour des raisons économiques, le coût de l’hébergement de ce dossier régional n’étant pas anodin. Et puis, en termes de communication, il aurait été complexe de conserver deux dossiers différents », détaille Catriona Raboutet, directrice du pôle territoire et usage du GSC Télésanté Aquitaine.
Les données du dossier régional ne sont pas perdues
Le centre François-Xavier Michelet du CHU de Bordeaux. Etablissement DMP compatible.
Ce dossier régional contenait 27 000 dossiers patients. Pour autant, les documents médicaux hébergés ne sont pas perdus puisqu’ils restent stockés au sein de chaque établissement de soins. Il faut donc maintenant reprendre ces documents et, après consentement du patient, les injecter dans le référentiel national.
Treize hôpitaux alimentaient le dossier régional. Seront-il les premiers à interagir avec le DMP ? Pas si sûr. « Peu des logiciels utilisés pour le dossier aquitain respectent à ce jour le cadre d’interopérabilité imposé par l’Asip Santé », lance Catriona Raboutet.
Peu d’éditeurs de gestion des soins compatibles
En fait, pour cette compatibilité au DMP, le schéma le plus couru par les hôpitaux consiste à déléguer cette mise en conformité à une plate-forme concentratrice, chargée d’appliquer les bons protocoles de transport et de sécurité, et de transformer les documents dans les bons formats. C’est le modèle retenu dans la plupart des régions (Alsace, Franche-Comté, Picardie), et celui mis en œuvre au CHU de Bordeaux et au CH de Mont-de-Marsan. Ces deux établissements, les premiers à être compatibles DMP en Aquitaine, passent par la passerelle de Santeos (branche santé d’Atos) à laquelle sont raccordés les différents logiciels de gestion de soin. Pour sa part, la brique administrative, celle notamment chargée de créer les dossiers des patients, interagit directement avec le DMP. Du moins à Mont-de-Marsan où le logiciel de gestion administrative (Pastel) a été certifié par l’Asip. Le CHU de Bordeaux est en train de lui emboîter le pas.
L’organisation, premier enjeu avant la technique
Catriona Raboutet tient cependant à relativiser les freins techniques. « Ils existent certes, mais ils seront tôt ou tard résolus. L’organisation à déployer au sein des hôpitaux pour créer une dynamique autour du DMP demandera plus de temps en revanche. » Où doit-on créer les dossiers ? Aux admissions ? Directement au sein des secrétariats médicaux ? Comment absorber le temps nécessaire à ces créations ? Quels sont les profils autorisés à interagir avec le DMP ? Et surtout quel type de document y verse-t-on ?
Les établissements ayant expérimenté le dossier régional ont déjà creusé ces questions et devraient donc avoir une certaine avance sur les autres.

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