01net Pro Entreprise informatique
Actualités gestion et logiciel informatique professionnel
Offre et recherche Emploi informatique internet
Salon conférences inofrmatique IT ebusiness 01
Le Cloud Computing
Vidéos reportage entreprise acteur informatique
Retrouvez tous les services 01Net dédiés aux professionnels !
Télécharger logiciels Pro et progiciels
Livres blancs e-commerce informatique et nouvelles technologies
Retrouvez l'ensemble des dossiers de la rédaction 01net Entreprise
Les synthèses des bonnes pratiques sur les sujets IT du moment

La conservation des données va-t-elle sortir du brouillard juridique ?

laisser un avis
envoyer
par mail
imprimer
l'article
Le décret n°2011-219 d’application relatif à la conservation et à la communication des données d’identification à la charge des prestataires techniques signifie-t-elle la fin du trouble juridique ? Depuis l'adoption de la loi pour la confiance en l'économie numérique du 21 juin 2004, il restait une interrogation sur les données d'identification devant être conservées par les hébergeurs et les fournisseurs d'accès internet (FAI). Rappelons que cette obligation de conservation est essentielle, puisqu’elle permet, à la demande des autorités judiciaires, de retrouver les auteurs de mise en ligne de contenus illicites sur internet, afin d’engager leur responsabilité. Ce qui concerne notamment ceux qui utilisent un pseudonyme.
En droit, il n’existe pas de définition juridique précise des données de connexion. Cette notion hétérogène peut se comprendre de la façon suivante : ce sont les informations produites ou nécessitées par l’utilisation des réseaux de communications électroniques, qu’il s’agisse des communications téléphoniques ou des connexions au réseau internet (données de trafic, de localisation, de facturation, etc.).

A partir de quand les données doivent-elles êtres conservées ?

En effet, en absence de tout cadre réglementaire, la jurisprudence a rendu des décisions contradictoires : certaines juridictions dispensait les prestataires de leur obligation de conserver les données, d’autres sollicitaient uniquement l’adresse IP, et l’adresse électronique… Ce décret du 25 février 2011, que l’on n’attendait plus, vient d’être enfin publié. Il a le mérite de clarifier certains points, à savoir, la liste de données et le point de départ de la conservation, dont on connaissait la durée et dont il restait à préciser le point de départ. En l’absence de conclusion d’un contrat ou de création de compte, ce sera le jour de la création du contenu. En cas de document contractuel, le délai court à compter de la résiliation du contrat ou de la fermeture du compte. Si le contrat est payant, le point de départ est alors à la date de l’émission de la facture ou de l’opération de paiement.

Des contraintes de collectes intrusives

Ce texte réglementaire tente également de clarifier un domaine complexe et opaque du droit en dressant une liste des données que doivent conserver aussi bien les FAI que les hébergeurs lors de la création d’un compte par un utilisateur (ou la signature d’un contrat) et lors de chaque connexion de leurs abonnés (identifiant de connexion, identifiant attribué par le FAI à l’abonné, date et heure de connexion …), ou pour les hébergeurs lors de chaque opération de création (identifiant de la connexion à l’origine de la communication, types de protocoles de connexion…).

L’ensemble de cette collecte est très contraignante pour les prestataires, et peut être perçue comme intrusive par les internautes (notamment la collecte des mots de passe). Cette collecte doit se faire dans le respect des données à caractère personnel. Toutefois, certaines données relatives aux informations collectées lors de la souscription du contrat, de la création d’un compte, ne doivent l’être que « dans la mesure où les prestataires hébergeurs les collectent habituellement ». Il y a donc encore de nombreuses incertitudes et d’autant plus que l’arrêté qui doit définir les modalités de la compensation financière n’est toujours pas publié.
En conclusion, cette tentative de démêler les fils du patchwork relatif aux données de connexion dévoile un vaste chantier juridique qui est encore loin d’être achevé, même si ce domaine est prioritaire tant au niveau national qu’européen.

Garance Mathias
Avocate, elle a décidé de créer sa propre structure consacrée à l'activité des entreprises et plus particulièrement aux problématiques de sécurité informatique, de contrats tant en conseil qu'en contentieux. Garance Mathias a accepté de nous apporter un éclairage à partir de son expérience issue de la rencontre entre juridique et sécurité informatique.

PAS D'AVIS SUR CET ARTICLE
Répondre
 

Avis sur «La conservation des données va-t-elle sortir du brouillard juridique ?»

   
 
à lire aussi
SUR LES MÊMES THÈMES
La biométrie sur les appareils personnels : rendez-vous dans dix ans ?
Sept idées reçues sur la cyberguerre
Terminaux mobiles : ARM met les bouchées doubles pour imposer son architecture sécurisée
Israël : cyberdéfense et cyberguerre
Existe-t-il un business américain au service d’une cyberguerre économique ?
Sécurité en entreprise : quels enjeux pour les terminaux mobiles?
La nouvelle politique de défense japonaise
La technologie au service de la Liberté
Sécurité et fausses impressions
CERT/CSIRT contre cybercriminalité : le respect des règles (partie 1)
Vulnérabilités GSM, quelles réponses un an après ?
Cyberforce américaine : Origines d’une montée en puissance
Cyberforce américaine : Origines d’une montée en puissance
La carte SIM, une espèce menacée ?
La France doit déterminer sa cyberstratégie
Les techniques subversives se propagent sur le web
Android Ice Cream Sandwich : quoi de neuf en sécurité ?
Cyberguerre : de quoi la Chine est-elle capable ?
Les Assises de la sécurité, un lieu d’échange incontournable
ARM versus Intel : la philosophie sécuritaire en question