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What’s Next : les retrouvailles de la communauté Java

Durant deux jours, la première conférence What’s Next a rassemblé la communauté Java à Paris pour faire le point et dessiner les tendances et les grandes lignes de son futur.
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La France a un grave problème, il n’y a plus de grande conférence Java. La dernière en date fut les Sun Tech Days, en 2007. Après le succès de l’Eclipse Day en novembre dernier, Zenika s’est donc lancé dans le projet de rassembler la communauté Java autour d'un nouvel événement. Monté en quelques mois, sponsorisé par VMware, Microsoft et huit autres entreprises (Actuate, Adobe, Atlassian, Ekino, Kaazing, Jaxio, Serli et ZeroTurnaround), le projet s’est concrétisé avec What’s Next.

Cloud, mobile et Big Data

Durant deux jours se sont succédés sur la grande scène du Grand Rex, à Paris, une douzaine de speakers de haut niveau. Adrian Colyer, directeur technique de SpringSource chez VMware, a ouvert la première journée. Dans une session un peu longue (1h40), il a présenté sa vision de l’informatique d’aujourd’hui, abordant les tendances en vogue : cloud, mobile, réseaux sociaux, big data, et les réponses qu’apporte VMware, avec notamment sa solution Paas (Platform as a Service) Cloud Foundry. Un discours au final très marketing, sponsoring oblige, mais qui éclaire assez justement les problématiques actuelles.
Boris Bokowski, d’IBM, a présenté le projet Eclipse Orion, un éditeur de code en mode Saas. Malgré une belle démo des possibilités techniques, l’idée de développer dans le navigateur a encore du mal à prendre auprès des développeurs, qui restent attachés à leur Eclipse/IntelliJ sur desktop.
Howard Lewis Ship, créateur de Tapestry, a tenté d’initier l’assistance à Closure, un langage fonctionnel pour la JVM, dérivé de Lisp. Là encore, les concepts sont intéressants mais la syntaxe n’a pas emporté l’adhésion : « Quitte à apprendre un nouveau langage fonctionnel, je préfère la syntaxe de Scala à celle de Clojure », pouvait-on lire dans les tweets.
On redescend sur terre, voire plus bas encore, avec Jevgeni Kabanov, auteur de JRebel. Speaker hors pair, il nous décrit l’architecture matérielle du CPU et son modèle mémoire avec assembleur et classes Java. Présentation survoltée, compliquée et très geek, très appréciée donc.
Brad Drysdale, directeur technique Emea chez Kaazing, a clôturé la première journée avec WebSocket. Ce standard, qui fait partie de HTML5 permet d’ouvrir sur un seul socket un canal de communication full duplex entre le navigateur et le serveur. Réduisant drastiquement le trafic et la latence réseau, il autorise de véritables applications web temps réel : tableaux de bord,  jeux, médias sociaux…
Il est encore peu supporté par les navigateurs. C’est pourquoi Kaazing a développé un émulateur WebSocket qui s’intègre à tout navigateur, même IE6, et qui permet dès aujourd’hui de développer avec WebSocket. Une présentation captivante qui ouvre des perspectives.

Le futur de Java

La seconde journée démarre très fort avec Neal Gafter, figure légendaire de Java aujourd’hui chez Microsoft. Gafter retrace l’histoire de ce langage, rappelant ainsi que la dernière version du noyau date de 2006 ! Après avoir évoqué les nouveautés du futur Java 8, il embraye sur l’interopérabilité entre Java et Windows Azure. Le futur de Java dans Azure ? L’intrusion marketing de Microsoft a du mal à passer chez certains irréductibles, mais l’idée fait son chemin chez les autres.
Rob Harrop, de SpringSource, montre ensuite une démo très applaudie de RabbitMQ, un broker de messages multiprotocoles, exploitant entre autres WebSocket. Theo Schlossnagle, de OmniTI, expliquait les bonnes pratiques en matière messaging asynchrone.
Autre moment fort de la journée, Michael Chaize, d’Adobe, tenta de démontrer les bienfaits de Flex 4.5 pour développer des applications mobiles multi-plates-formes iOS, Android et PlayBook. En codant en live un client Twitter en quelques minutes, il a impressionné l’assemblée et converti certains réticents au Flex.
Kohsuke Kawaguchi, de CloudBees, créateur de Hudson puis du fork Jenkins, a eu la tâche de clôturer avec une session sur les principes du build continu et ses pistes d’amélioration. Son fort accent japonais rendait la compréhension parfois difficile.

Des grands absents

On remarquera l’absence des trois grands acteurs du monde Java : Oracle, IBM et Google. Interrogé à ce sujet, Pierre Queinnec de Zenika nous explique qu'ils ont été contactés, mais qu'ils ont décliné l’invitation. Google pour sa part ne sponsorise que ses événements.
Au final, c’est un pari gagné pour Zenika : avec 700 inscrits, 650 participants qui repartent enchantés de la qualité des contenus et pleins d’idées à explorer, What’s Next est un vrai succès. Rendez-vous donc l’année prochaine pour la seconde édition, avec toujours du contenu qui cherche à se démarquer, à innover.
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