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Developer Economics 2011 : l’industrie du mobile désormais guidée par le logiciel et la demande

En trois ans, le marché du mobile est passé d’une économie guidée par l’offre à une industrie dictée par la demande, le nombre d’utilisateurs et de développeurs pour la plate-forme.

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L’écosystème mobile a fortement évolué, c’est ce qui ressort de « Developer Economics 2011 », une étude détaillée et passionnante de Vision Mobile qui couvre tous les aspects du développement mobile. Quelles plates-formes dominent, comment les marques s’investissent, quel impact sur l’industrie du mobile ? Cette étude, menée entre janvier et avril 2011 auprès de plus de 850 développeurs et à travers 75 pays dans le monde, fournit de nombreuses réponses.

La guerre des plates-formes

Qui gagne les faveurs des développeurs dans la guerre des plates-formes mobiles ?
En termes d’usage, Android et iOS mènent la barque : actuellement, 67 % des développeurs utilisent Android et 59 % se servent d'iOS. En un an, ces deux plates-formes ont gagné 10 %.
Ce qui est le plus surprenant, c’est l’arrivée en troisième place du web mobile, avec un score de 56 %. Cette belle progression s’explique par le choix de plus en plus fréquent par les entreprises de développement cross-plates-formes, bon marché et ciblant une large audience, et par l’arrivée des développeurs web sur le marché du mobile.
Java ME et Symbian sont les grands perdants cette année, avec Windows Phone dont les débuts laborieux n’ont pas convaincu les développeurs.
 
En termes d’intention d’utilisation, la hiérarchie est bousculée. Si Android reste toujours en tête, l’arrivée en seconde place de Windows Phone est une surprise. Deux raisons à cela : Microsoft fournit la plate-forme de conception et de développement la plus complète et la plus productive du moment, et l’accord signé avec Nokia ouvre de nouvelles perspectives. La présence de Chrome OS semble plus être un effet de curiosité.
 
En termes d’intention d’abandon, la situation est catastrophique pour Symbian (39 %) et Java ME (35 %) que les développeurs sont prêts à délaisser.

Les critères d’adoption

Qu’est-ce qui motive les développeurs à investir du temps et des efforts dans une plate-forme ? Ici encore, les choses ont évolué en un an. Pour la moitié des sondés, la principale raison est la large pénétration du marché (la capacité à atteindre des utilisateurs). Viennent ensuite derrière, à quasi égalité, le faible coût des outils, les revenus potentiels et la rapidité du développement.
Le tableau suivant montre les critères d’adoption évalués par plate-forme :

On constate deux profils opposés : iOS est (de manière pragmatique) préféré pour sa capacité à pénétrer le marché et à générer des revenus, alors que Windows Phone est préféré pour ses qualités techniques.

Un changement de paradigme économique

Finalement, la grande découverte de cette étude, c’est que le logiciel a infléchi l’économie du développement mobile : l’industrie du mobile s’est construite sur une économie de l’offre. Des constructeurs comme Nokia ont investi des milliards de dollars pour pouvoir produire en grande quantité des téléphones bon marché. Le logiciel a introduit une économie de la demande, c’est-à-dire guidée par le nombre de développeurs ou d’utilisateurs de la plate-forme.
Connu sous le nom d'« effet réseau », un cercle vertueux s’établit entre le nombre de développeurs, les constructeurs, les utilisateurs, les opérateurs et les marques. Le cycle de développement du logiciel est beaucoup plus court que celui des services opérateurs et des constructeurs. Du coup, les applications innovent plus rapidement. Plus il y a de développeurs, plus il y a d’applications, plus il y a d’utilisateurs, plus les marques vont investir, et ainsi de suite. Une dynamique que Nokia n’a pas saisie au bon moment et qui a provoqué l’exode des développeurs Symbian vers iOS et Android. Le schéma suivant illustre l’effet réseau dans le cas de la plate-forme Android :
 
Les développeurs ne sont plus des geeks boutonneux en bermuda cachés au fond du garage. Ils sont passés de leur position d’ingénieurs en arrière-plan à une position d’éléments moteurs très recherchés. Ils participent désormais aux choix stratégiques des entreprises.
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