Une étude estime à 75 le potentiel de télécentres en Ile-de-France
Il y aurait assez d’utilisateurs potentiels pour 75 télécentres de cent places chacun, en région parisienne. L'étude de Greenworking prône un modèle économique locatif par poste.
Dans le cadre de la réduction de 40% de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2025, la ville d'Amsterdam a créé un réseau de télécentres afin de diminuer les trajets des employés.
Si le télétravail reste peu pratiqué en France, les télécentres accueillant des salariés ou des travailleurs indépendants, présenteraient un intérêt en Ile-de-France, compte tenu de la densité de population et des temps de transport. Réalisée avec des ingénieurs de l'école Centrale de Paris, une étude du cabinet Greeworking, spécialisé dans les nouvelles organisations de travail, a estimé le potentiel francilien à environ 75 télécentres. Ces sites sont définis comme « des ressources immobilières et logistiques composées de bureaux disposant d’équipements informatiques et de télécommunications, mis à la disposition de télétravailleurs". Ces centres, dont l'initiative en reviendrait aux collectivités, seraient opérés par une seule entreprise ou plusieurs entreprises partenaires. Selon l'étude, le télécentre, contrairement au travail à domicile, permettrait de diminuer les risques psycho-sociaux liés à l’isolement en proposant un cadre social au télétravailleur. Permettant la réduction des temps de transport des salariés, ces sites contribuent aussi à limiter les émissions de gaz à effet de serre dans les métropoles qui en sont équipés.
L'estimation chiffrée portant sur 75 télécentres s'appuie sur celle d'un potentiel de télétravailleurs franciliens de 137 000 dont une minorité (moins de 20 %) accepteraient de travailler dans des télécentres selon un sondage d'Opinion Way réalisé en décembre 2010 auprès de 826 salariés. Etant donné que les télétravailleurs ne passent qu’une partie de leur semaine en télécentre, un poste de travail peut y être utilisé par plusieurs personnes, ce qui aboutit à un potentiel de 7500 postes de travail, répartis en 75 télécentres de 100 places sur l'Ile-de-France.
Un modèle économique locatif "low cost"
Interrogés, les salariés franciliens seraient seulement 18 % à préférer travailler dans un télécentre plutôt que chez eux.
L'étude prône également un modèle économique basé sur un tarif de location du poste de travail localisé en télécentre suffisamment bas pour qu'il soit pris en compte par les entreprises dans leurs stratégie immobilière. Par rapport au coût d’un poste de travail, estimé en 2010 à 17 335 euros l'an par l’Arseg (association des directeurs et des responsables de services généraux), soit 80 euros par jour ouvré, l'étude préconise un tarif aux alentours de 30 euros. Selon elle, "ce prix low cost doit être maintenu en
phase d’amorçage jusqu’à ce que le réseau de télécentres ait atteint une taille critique qui permette aux entreprises d’en faire une source d’économies". Ce prix ne comprendrait que l'accès au site, le mobilité et la connexion Internet haut débit. Pour compenser le faible niveau du loyer par poste, les recettes supplémentaires pourraient être tirées de services annexes payants (impression, location de salles de réunions, visioconférence) proposés aux utilisateurs du télécentre. Dans notre pays, ce concept reste très peu usité à l'exception d'entreprises comme IBM qui a ouvert des bureaux de proximité pour ses propres salariés en Ile-de-France (cf encadré ci-dessous).
phase d’amorçage jusqu’à ce que le réseau de télécentres ait atteint une taille critique qui permette aux entreprises d’en faire une source d’économies". Ce prix ne comprendrait que l'accès au site, le mobilité et la connexion Internet haut débit. Pour compenser le faible niveau du loyer par poste, les recettes supplémentaires pourraient être tirées de services annexes payants (impression, location de salles de réunions, visioconférence) proposés aux utilisateurs du télécentre. Dans notre pays, ce concept reste très peu usité à l'exception d'entreprises comme IBM qui a ouvert des bureaux de proximité pour ses propres salariés en Ile-de-France (cf encadré ci-dessous).
Des télécentres existants en Hollande et en....France
IBM France dispose, pour la région parisienne, de bureaux de proximité auxquels ont accès ses salariés nomades comme les commerciaux ou les consultants intervenant en mission chez les clients. Les collaborateurs se connectent, sur ces sites IBM, comme s'ils étaient à leur bureau de rattachement, pour quelques heures ou quelques jours par semaine. Pour sa part, la ville d'Amsterdam a développé des télécentres mutualisés entre plusieurs entreprises et destinés aussi à ses propres salariés. Ils ont été créés en partenariat avec Cisco qui équipe notamment ces sites de salle de téléprésence. Une trentaine de ces sites sont ouverts depuis 2010 dans la cité hollandaise, plus d'une centaine de sites étant ouverts sur les Pays-Bas.

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