Exclusif : le top 100 du logiciel français en net rebond
01net dévoile en avant-première le classement des 100 premiers éditeurs français réalisé par PwC et PAC, en partenariat avec l’Afdel. L’étude confirme la reprise du secteur tout en attirant l’attention sur ses prochains défis. Analyse.
01net
le 27/06/11 à 14h14
Extrait du palmarès 2010 des éditeurs français
Source : Top 100 Editeurs français par PwC, PAC et Afdel
L’industrie française du logiciel retrouve des couleurs. Le chiffre d’affaires logiciel du Top 100 des Editeurs français – 85 % du secteur – a progressé de 14 % l’an dernier, à 4 238 millions d’euros, après un recul de 1,4 % enregistré en 2009. Certes, les mouvements de concentration en sommet de classement biaisent une nouvelle fois les chiffres. Notamment chez le leader Dassault Systèmes qui affiche 28 % de croissance en 2010, alors qu’il représente plus d’un tiers de l’activité du périmètre étudié. Mais « le "top 2 à 100" a tout de même vu son activité reprendre de 7 % », analyse Eric Ménard, directeur chez Pierre Audoin Consultants.
Un chiffre d’autant plus encourageant qu’il ne s’est réalisé que sur le tard. « 2010 a été une année charnière, rappelle Pierre Marty, associé chez PwC. Le début de l’année a continué d’être très difficile et le retournement s’est concrétisé progressivement au cours des deuxième et troisième trimestres, pour se confirmer sur la dernière partie de l’année. Pour le moment, même si les acteurs restent prudents dans leurs prévisions, l’année 2011 s’inscrit dans la tendance de la fin 2010 ».
Le SaaS/ASP en progression de 26,5 %
Toutefois, si la reprise est vigoureuse, elle est aussi inégale selon les domaines logiciels considérés. Ainsi, le PLM, premier domaine avec 1 594 millions d’euros de chiffre d’affaires logiciel, a enregistré la plus forte progression (26 %) du secteur. D’autres domaines ont affiché une belle croissance, tels que le CRM et les outils/middleware (16 %), suivis des applications de type « vertical administration » (11 %) et des applications de type « vertical banque/assurance » ou gestion/ERP (9 %).
Le domaine du CRM a notamment profité du dynamisme du mode SaaS qui représente déjà plus de 15 % de ses ventes en 2010. Globalement, le SaaS/ASP continue à croître fortement (+26,5 %) au sein du top 100 et représente plus de 5 % de son chiffre d’affaires. C’est notamment le fait d’éditeurs comme Oodrive, dont l’activité de sauvegarde et de partage de fichiers en ligne a progressé de 30 % l’an dernier à 13 millions d’euros.
« Beaucoup d’éditeurs pensent que les marchés financiers valorisent insuffisamment leur entreprise, en raison d’un manque de compréhension de leur activité, particulièrement lorsqu’ils se sont engagés dans le SaaS, regrette toutefois Pierre Marty de PwC. Par nature, le SaaS sacrifie un peu de la croissance à court terme des ventes, mais en contrepartie il offre une visibilité à long terme bien supérieure aux modèles classiques ». Et dans l’ensemble, le consultant rappelle que les éditeurs de logiciels du top 100 cotés ont nettement mieux progressé que le CAC 40 depuis 2008.
Trois questions à Loïc Rivière, délégué général de l’Afdel
Les éditeurs français rencontrent-ils des problèmes de financement ?
L’activité d’édition est à forte intensité capitalistique dans les premières phases de croissance. La problématique du financement est donc primordiale et rend le rôle des capitaux risqueurs et business angels crucial. Pourtant, ces deux mondes se comprennent mal. C’est pourquoi une initiative comme Seed4soft a vu le jour au sein de l’Afdel et rassemble des éditeurs-investisseurs pour l’amorçage.
Comment expliquez-vous leur faible internationalisation ?
Notre industrie dispose encore d’une trop faible culture de l’international, avec globalement de faibles niveaux en anglais et en marketing. Mais on note cependant un vrai changement, avec des entrepreneurs qui n’hésitent pas à aller s’installer aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni pour porter leur projet international ou qui adoptent l’anglais comme langue de travail en France.
Comment comprenez-vous la récente réforme du régime de la JEI ?
Ce dossier est représentatif de la myopie de certains responsables quant aux enjeux de croissance de notre pays. L’édition de logiciels et le numérique, en général ne sont pas encore considérés comme fortement stratégiques par les pouvoirs publics, qui ne réalisent pas que c’est l’économie globale qui devient numérique et que les parts de marché cédées aujourd’hui seront très difficile à reprendre demain.