Bruxelles veut baisser durablement les prix de l’itinérance mobile en Europe
Insatisfaite des tarifs voix et données mobiles facturés au voyageur européen par les opérateurs, la Commission veut instaurer un marché plus fluide de l’itinérance mobile.
Rapprocher les tarifs nationaux et en itinérance en 2015
En conséquence, la Commission doit présenter cette semaine des mesures structurelles visant à instaurer une véritable concurrence dans l’itinérance mobile. L’enjeu : permettre aux consommateurs de choisir, rapidement et aisément, un service d'itinérance à un prix correspondant ou sensiblement équivalent à celui du tarif national. Une des pistes explorées consisterait à autoriser un abonné mobile en déplacement à l’étranger à acheter localement à un autre opérateur des minutes (voix ou données) moins chères et qui seraient facturées indépendamment de son opérateur d’origine, sans qu'il change de carte SIM. Ces mesures répondent, selon la Commission, à l’objectif qu’elle s’est fixée, d’une différence proche de zéro entre les tarifs en itinérance et les tarifs nationaux, en 2015. Rêvons-un peu !
Pas de plafond pour les prix de détail des données en itinérance
En attendant, la baisse des tarifs de détail instaurée en 2007 par l’Union européenne et imposée aux opérateurs, se poursuit. Depuis le 1er juillet 2011, appeler hors de son pays d'origine en Europe coûte au maximum 35 centimes hors taxe pour les appels émis, et 11 centimes hors taxe pour les appels reçus sur son mobile. Ces tarifs sont censés être des plafonds, mais peu d’opérateurs pratiquent des tarifs inférieurs. Malheureusement pour les utilisateurs de connexion mobile à internet, il n’y a pas encore de tel plafond sur les prix de détail des transmissions de données en itinérance. Seul le tarif de gros (prix que se facturent les opérateurs entre eux) est fixé au maximum, et il a baissé aussi depuis le 1er juillet 2011, passant de 80 à 50 centimes par mégaoctet. Les opérateurs restent libres de surfacturer le coût réel des connexions de données mobiles en itinérance. Pour ne pas subir une facture « illimitée », la meilleure solution reste encore de désactiver l’itinérance de données sur son smartphone ou de se connecter en Wi-Fi localement, recommande-t-on à l'UFC Que Choisir (voir l'encadré ci-dessous).
Les pièges à éviter quand on se connecte à internet à l'étranger
L'association UFC Que Choisir rappelle quelques précautions aux mobinautes qui voyagent :
• « Les smartphones ont la particularité de se connecter tout seuls à internet pour mettre à jour certaines applications (météo, actualité…). A l’étranger, ces mini-connexions (elles se répètent parfois toutes les minutes, jour et nuit) sont facturées hors forfait, au tarif appliqué dans le pays où vous vous trouvez. La plupart des téléphones sont désormais paramétrés de manière à bloquer par défaut les échanges de données à l’étranger, mais mieux vaut s’en assurer. »
• « Les prix de détail des connexions à internet (data), eux, ne sont pas plafonnés. Néanmoins, l’opérateur a l’obligation d’envoyer un message lorsque la consommation data atteint 50 euros et de bloquer les connexions à 60 euros. Mais attention : ces dispositions ne sont valables que dans l'Union européenne. Dans le reste du monde, les opérateurs n’ont aucune obligation et les tarifs y sont particulièrement élevés. »

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