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Crise des dettes souveraines : quel impact pour les SSII ?

La déprime du secteur financier pourrait conduire Syntec numérique à revoir sa prévision de croissance à la baisse.

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La rentrée des dirigeants de SSII s’annonce morose. Leurs vacances ont dû être passablement gâchées par la météo, mais surtout par le feuilleton de la crise des dettes souveraines qui s’est étalé tout l’été.
Le marché des services étant indexé à l’investissement des entreprises, les risques d’un cycle en W – la reprise en 2010 n’étant qu’une parenthèse entre deux crises – sont prises très au sérieux. La stagnation du PIB au deuxième trimestre, enregistrée par l’Insee, conforterait cette hypothèse pessimiste.
Dans son édition du 9 août, le quotidien économique Les Echos fait de l’informatique un des secteurs susceptibles de voir son activité ralentir. Citant Syntec numérique, le journal note que si l’activité a connu une nette amélioration au deuxième trimestre, « les anticipations de prises de commande pour les prochains mois sont moins élevées qu'auparavant du côté des éditeurs de logiciels et des SSII. » Sans remettre en cause pour autant les créations nettes d'emplois.

Un remake du film de 2008-2009 ?

Guy Mamou-Mani, président de Syntec numérique
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De fait, Syntec numérique pourrait, en novembre, revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour l’année. Au printemps dernier, la chambre syndicale tablait sur une croissance de 3,5 % du marché des services, du logiciel et du conseil en technologies. Soit deux points de plus qu’en 2010.
Au micro de BFM Business, le 4 août dernier, son président, Guy Mamou-Mani redoute que ces événements aient un impact négatif sur le secteur, « et que du coup, cette croissance chèrement acquise soit ralentie. Ce qui serait très dommageable pour l’emploi et notre économie ».

Par ailleurs coprésident du Groupe Open, il redoute de revivre un remake du film de 2008-2009 avec « en prologue, une crise financière et en épilogue, une crise économique qui a touché toutes nos entreprises et provoqué une décroissance dans les pays les plus industrialisés. »
Guy Mamou-Mani stigmatise « la dichotomie entre cette Bourse en grave situation et une activité économique normale. Des entreprises qui recrutent, font de la croissance, du résultat, ont du cash. » Le président de Syntec numérique en appelle à une mobilisation politique pour éviter une contamination du secteur financier sur l’économie réelle.

L’économie réelle rattrapée

De fait, les SSII se portent bien. Les résultats semestriels de Capgemini, Steria et Logica font apparaître un net regain de l’activité, en particulier en France. Et les perspectives sont bonnes. Pierre Audoin Consultants observait même, en avril dernier, une remontée des tarifs.
Ce qui n’a pas empêché ces mêmes SSII d’être sanctionnées par la Bourse. Aujourd’hui, à 17 heures, l’action de Capgemini avait perdu plus de 25 % en un mois, Steria plus de 19 %.
En plein battage sur l’endettement des pays industrialisés, Steria paierait sa dépendance au secteur public. Zonebourse.com notant que son chiffre d’affaires provient à hauteur de 40 % du secteur public. Ce dont se réjouissait l’an dernier son PDG, François Enaud, sur BFM. La dépendance au secteur bancaire pourrait aussi être mal perçue (lire encadré).
Pour Capgemini, les analystes financiers ont, selon Reuters, condamné la fonte de la trésorerie nette du groupe, ramenée à 169 millions d’euros contre 809 millions un an plus tôt. En cause, la série d’emplettes – sept depuis le début de l’année – réalisée par la SSII.
Si la période actuelle est logiquement propice à la consolidation – des valorisations boursières faibles –, le groupe entend marquer une pause avant de reprendre le chemin des acquisitions en 2012.
Alors que cette crise est partie de la dégradation de la note des Etats-Unis par Standard & Poor’s, le New York Times, repris par Slate.fr, rappelle que seules quatre entreprises non financières américaines détiennent le fameux AAA, dont Microsoft et une SSII : ADP (Automatic Data Processing).

Les SSII, accros à la banque

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Bon an mal an, la bancassurance représente un bon quart de l’investissement IT en France. Après le trou d’air de la période 2008-2009 (- 4,2 %) les dépenses en logiciels et services IT du tertiaire financier ont retrouvé, selon Pierre Audoin Consultants (PAC), leur rythme de croissance habituel. Soit plus de 4 % par an.

En tête du classement des SSII, IBM 14,4 % de part de marché dans la fourniture de services IT dans la banque en France. Devant Atos (7,1 %) et Capgemini (5,8 %). (Source : PAC, chiffres 2009)

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