Encore un ordinateur quantique dans les laboratoires
Des chercheurs auraient mis au point un nouveau prototype d’ordinateur quantique. On ne sait pas s’il fonctionne, mais ils appellent les industriels à investir.
L’ordinateur quantique fait à nouveau parler de lui. Cette fois, c’est le chercheur Matteo Mariantoni de l’université UC Santa Barbara (en Californie) qui serait parvenu à stocker des données quantiques en mémoire. Une condition sine qua non pour qu’un processeur quantique puisse exécuter des programmes.
Le chercheur se félicite de cette avancée qui, selon lui, devrait donner le top départ aux industriels pour qu’ils investissent enfin massivement dans les recherches sur l’ordinateur quantique.
Imaginé dans les années 70 à partir des théories élaborées pour décrire la physique quantique, l’ordinateur quantique serait capable de retrouver certaines informations en une fraction de seconde, là où les ordinateurs classiques mettent des années pour les calculer. On songe notamment aux clés de cryptage.
Le développement de l’ordinateur quantique représente donc un enjeu majeur pour les industriels de l’armement et des télécommunications.
Une chimère
Problème : si pléthore de chercheurs ont théorisé le fonctionnement de l’ordinateur quantique, personne n’est parvenu, depuis lors, à en fabriquer un. Certaines entreprises ont revendiqué avoir réalisé des prototypes fonctionnels, notamment le Canadien D-Wave. Mais l’absence totale de preuve ou de démonstration suggère qu’il s’agit de supercheries.
A l’épreuve, le seul fait tangible des prétendues découvertes en informatique quantique est qu’elles servent systématiquement de prétexte pour réclamer de gros fonds aux industriels. D-Wave est ainsi parvenu à recevoir 10 millions de dollars de la part de Lockheed Martin.
L’ordinateur de Matteo Mariantoni – dont on ne connaît pas précisément la taille – serait une machine avec des cuves dans lesquelles trempent des milliards de milliards d’électrons à une température proche du zéro absolu. Et tout cela pour ne synthétiser qu’un seul QBit par cuve.
Le Qbit est l’élément de base d’un ordinateur quantique ; il est l’équivalent du bit de l’ordinateur classique, lequel est stocké dans un transistor. Vu qu’un processeur classique possède à lui seul plus de 700 millions de transistors, le projet de Matteo Mariantoni reste donc très loin d’une machine industrialisable.
Jusqu’ici, seul IBM, dont les laboratoires mènent plusieurs projets d’avant-garde depuis des décennies, a fait la preuve d’avancées expérimentales significatives en termes d’informatique quantique. Big Blue espère pouvoir construire un QBit fonctionnel et industrialisable d’ici à… 2015.
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