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Les contradictions de l’open data

« Les ministères gagneront à la libération des données publiques »

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Les débats de l’open data se concentrent sur les conditions de réutilisation des données publiques (informations météo, trafic, démographie). Gratuites ? Gratuites sous conditions ? Payantes si elles ont fait l’objet d’un investissement ? La complexité de ces questions tient surtout au manque d’homogénéité des parties prenantes. A priori, les lignes sont claires. D’un côté, l’administration, détentrice de l’information. De l’autre, les consommateurs : sociétés privées, chercheurs, citoyens. Au centre, les promoteurs de cette libération : la sphère politique, et en particulier le gouvernement. Chacun de ces acteurs affiche cependant en son sein des positions et des intérêts souvent divergents. L’Etat déjà. Celui-ci est tiraillé entre deux logiques. L’une s’appuie sur la gratuité des données, et pousse à la transparence l’action publique et l’émergence de nouveaux marchés. L’autre, qui encourage les gains pour l’Etat, table sur la valorisation des informations publiques, souvent au travers d’une monétisation. Deux positions difficilement réconciliables… surtout en temps de vaches maigres. Les producteurs de données, ensuite. Là encore, une fracture. En dépit de l’effort mené pour extraire et mettre en ligne leurs données, ministères et collectivités ont finalement tout à gagner à cette libération, même gratuite : retombées économiques, rentrées fiscales… D’autres ont tout à perdre. C’est le cas des Etablissements publics à caractère administratif (EPA), tels que l’Inpi (Institut national de la propriété individuelle) et l’IGN, dont le modèle économique repose en partie sur la vente de données : registres des sociétés, cartes, etc. Enfin, la césure existe chez les consommateurs de données publiques. Entre, d’une part, les PME et les start up, qui se félicitent de la gratuité véhiculée par l’open data. Et, d’autre part, les grands revendeurs de données, habitués à acheter, agréger et enrichir de l’information auprès de l’administration. Pour eux, cette gratuité casse le marché en l’ouvrant à de nouveaux entrants.
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