Le salarié dans l'entreprise 2.0, un peu de prospective...
A l'horizon 2025, les sociétés ne ressembleront sans doute pas aux structures que nous connaissons aujourd'hui. Les salariés, tout comme les organisations qui les emploient, doivent se préparer au développement du télétravail, des réseaux sociaux, des téléphones portables, etc.
Au-delà de l’évidence de la transformation des entreprises par les nouvelles technologies au cours des dernières années, il est intéressant de faire un peu de prospective et d’imaginer l’entreprise de demain, tout en restant dans un horizon proche, environ 2025-2030. Quels sont les grands changements ? Quelles en seront les conséquences ?
Un nouvel environnement de travail
Le développement du télétravail entraîne la disparition progressive des espaces physiques, et de la notion même de bureau. Cette tendance va probablement s’accroître avec la mobilité et le nomadisme, caractéristiques du salarié du futur. Mais les moins nomades, même s’ils restent physiquement dans un bureau, seront aussi confrontés à un changement profond d’environnement de travail au quotidien. Les réseaux sociaux internes, que certaines sociétés ont commencé à implanter, modifient profondément les systèmes de communication internes et l’organisation globale de l’entreprise.
Dans ce contexte, le courriel n’existe plus. L’outil de communication principal est une interface de réseau social de type Facebook, sur laquelle le salarié renseigne son profil, ses compétences, et rentre en relation par post via un texte, ou par vidéo directe, avec les autres collaborateurs de l’entreprise. Chez IBM, par exemple, tout salarié chatte en vidéo directement avec n’importe lequel de ses collègues, quelque soit sa localisation dans le monde. Ce dernier, s’il se trouve à l’aéroport, peut même répondre simplement via son téléphone portable. Dans ce type d’environnement, tout salarié lance, quand il le désire, un groupe de discussion ou de travail virtuel.
Un nouveau type de management peut donc être imaginé, qui intégrerait des critères d’influence et de leadership virtuel. De la même manière, la capacité des entreprises à anticiper et à gérer l’évolution des compétences est remise en cause par ces réseaux. La recherche des savoir-faire se fonde alors sur les nouvelles bases de données créées par les traces numériques laissées par les employés. Face à cette évolution, le salarié devra, plus que précédemment, prouver sa compétence, via une présence active sur ces plates-formes. Au final, on pourrait même voir apparaître des entreprises dont les structures hiérarchiques perdraient du poids face aux réseaux de compétence, ou d’excellence, créées virtuellement. Les sociétés elles-mêmes se transformeraient en structures de réseaux…
Une frontière vie privée, vie professionnelle qui disparaît
L’utilisation massive des TIC par les salariés au sein des entreprises, comme les téléphones portables, pose aujourd’hui la question de la disparition progressive de la frontière entre vie privée et vie professionnelle. Ces outils sont utilisés à des fins personnelles comme professionnelles, et le salarié les garde et les utilise, y compris lors de ses week-end ou en vacances.
A terme, ceci entraîne plusieurs types de comportement – depuis l’envoi systématique de réponses le week-end à ses collègues, jusqu’à un phénomène de retour massif au « LENT » –, qui fédèreraient les individus qui refusent l’invasion des technologies dans leur vie personnelle en disant stop à l’infobésité, à l’immédiateté de l’internet et des SMS. Si les entreprises ne veulent pas subir cela, il leur faudra réfléchir à la création de règles d’utilisation des TIC par les salariés pour favoriser l’existence d’une frontière entre vie privée et professionnelle. Sinon elles auront du mal à diffuser les TIC au sein de leur organisation.
Une construction individuelle renforcée
La numérisation facilite un accès démocratique à l'information et à l'apprentissage. L'individu devient capable de construire son parcours professionnel en identifiant à la fois les compétences qu'il peut acquérir, mais aussi les moyens à mettre en œuvre pour bâtir une expertise monnayable, et pour la mettre en valeur publiquement. S’il se forme sur de nombreux sujets grâce à l'e-learning, il pourra faire connaître ses nouvelles compétences via un blog, des forums, ou encore des réseaux sociaux de type Linkedin ou Viadeo. De plus, il sera capable de construire ses propres réseaux par une présence active sur internet, et deviendra plus autonome dans son évolution et la construction de sa carrière professionnelle.
En conclusion, ces pistes de réflexion ne constituent que les prémisses des nombreux changements auxquels les salariés seront confrontés dans les prochaines années. Dans ce nouvel environnement, la fracture numérique accentuera les clivages entre ceux qui, de par leur maîtrise des TIC, pourront s’adapter à ces évolutions, et les autres, qui seront obligés de subir fortement ces changements, au risque même d’en être en partie exclus.
Christine Balagué
Enseignante-chercheur en sciences de gestion et titulaire de la chaire de recherche sur les réseaux sociaux à l’Institut Telecom - Telecom école de management. Elle est aussi présidente du think tank de l’internet citoyen Renaissance numérique. Elle a publié trois ouvrages aux Editions Pearson, Facebook, Twitter et les autres, comment intégrer les réseaux sociaux dans une stratégie d’entreprise, en 2010 ; Le marketing en ligne : boostez votre activité avec les sites web, les réseaux sociaux, les blogs et les podcasts, en 2011 ; Réseaux sociaux et entreprise : les bonnes pratiques, en 2011.
ne pas idéaliser
de
maxmtp
, posté le 31 octobre 2011 à 12h56
L'utilisation d'outils de communication instantané, ne peut être qu'envisageable que dans une entreprise orientée à 100% dans le service. Si certains employé produisent qui de l'information, qui des produits il n'est pas envisageable de les avoir connecté en permanence de façon à répondre aux sollicitations de leur partenaire de travail. Certaines taches nécessitent de mobiliser notre cerveau et une attention soutenue afin de réaliser un document, un produit. Par ailleurs le fait d'écrire que: "tout salarié lance, quand il le désire, un groupe de discussion" me semble plus tenir de la rhétorique que de la réalité. Cela suppose que nous avons des salariés qui sont tous disponible pour répondre à une sollicitation qui peut intervenir à tous moments. Soit ils ne font rien de leur journée, soit nous avons affaire à des salariés super intelligent et capable de basculer d'un sujet à un autre très rapidement sans que cela ne gêne leur tache quotidienne. Ou alors nous n'aurons que des réponses superficielles à des questions sans que les impacts liées à ces discussions soient bien identifié. Nous aurons des suiveurs et pas des leaders et la boite sera à la merci d'un concurrent capable de réfléchir autrement, différemment plus profondément.
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