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Entreprise : où en est la dette informatique ?

Les entreprises connaissent une situation de crise face à leurs dépenses informatiques. Ces budgets sont en apparence hors de contrôle, ce qui demande des mesures énergiques, pouvant s’avérer contreproductives…

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En théorie, l’endettement peut être un facteur de croissance s'il permet de créer de la richesse. A l’inverse, un trop-plein de dettes en période de croissance faible se révèle immédiatement insoutenable et appelle alors à prendre des mesures énergiques. Quand ces dernières deviennent drastiques, elles ne laissent plus la place à la nuance entre bonne et mauvaise dette. Et elles sont d’autant plus brutales que la crédibilité des dirigeants est atteinte.
En effet, cette situation démontre que l’endettement a servi soit à des investissements improductifs (qui ont donné lieu à de mauvaises affaires), soit à continuer à vivre au-dessus de ses moyens (ce qui correspond à une mauvaise gestion). Les sommes faramineuses engouffrées par les entreprises dans leur informatique interne s’analysent soit comme des investissements à haute valeur ajoutée, soit comme une dépense de fonctionnement. Dans ce dernier cas, il est étymologiquement fondé de parler de « dépense » informatique, et le niveau atteint pose naturellement question.

Combien de temps avant les mesures drastiques ?

Ne sommes-nous pas arrivés au point où tout discours sur la création de valeur par l’informatique est devenu inaudible, tant la réduction du budget des technologies de l'information (IT) est devenue impérieuse ? Le secteur bancaire –  qui est traditionnellement considéré comme la locomotive du marché IT – s’apprête, du moins dans la zone euro, à lancer une telle injonction sans nuance dans le budget 2012 ! Une situation isolée ? Pour combien de temps ?
Dans ce contexte, la dernière prédiction du cabinet Gartner est à observer de près, lorsque les analystes américains expliquent : « Les prestations informatiques industrialisés low cost vont transformer le marché des services IT. » Ces services à bas coût pourraient représenter 30 % du marché, dès 2015. Une révolution !
Cette prédiction s’avère pourtant plus ou moins réaliste, tant la réduction de la dépense informatique va devenir pressante. Il est en revanche beaucoup plus douteux que des services low cost rendus à des entreprises qui ne fonctionnent pas elles-mêmes sur ce modèle économique entraînent les effets attendus. Car la loi du moindre coût est connue : c’est une affaire de gènes ! Seules les organisations qui appliquent cette politique low cost nativement peuvent produire ainsi. Comme elles semblent être les seules à pouvoir consommer durablement et avec bonheur de telles prestations.
Les services informatiques low cost risquent d’être une mode informatique de plus, qui ne fera pas pour autant diminuer la dépense IT.

Vers une merkelisation de l'informatique !

Comme le dit la chancelière allemande Angela Merkel : « Ce qui compte, ce sont les actes ! » Et non pas les (bonnes) intentions. Il faudra prendre des mesures énergiques certes, mais surtout courageuses, et efficaces. Bref, en finir avec les mauvaises habitudes ! Ce sera désagréable et très difficile, puisqu’il s’agit de faire l’inverse de ce que l’on a fait jusqu’à présent.
Pour lutter contre la dérive des coûts informatiques, il faut probablement revenir sur le chemin parcouru ces dernières années plutôt que se ruer sur une nouvelle tocade. Il est ainsi possible que l’heure de contingenter les ERP ait enfin sonné... En tout cas, l’heure est venue dans certaines entreprises de démonter l’usine à gaz de l’informatisation de la relation client (CRM), complètement ringardisée par l’avènement des réseaux sociaux et de ce qu’il faut appeler le f-commerce (f pour Facebook). Mais le chemin parcouru a été long. La liste des révisions est donc conséquente. La relation maîtrise d'œuvre-maîtrise d'ouvrage, la gouvernance et l'urbanisation du système d'information ainsi que bien d’autres concepts (qui ont grassement nourri les fournisseurs informatiques et les consultants) seront bientôt sur la sellette.
Arrivera-t-on à le dire aussi brutalement ou faudra-t-il qu’on le masque sous une autre passade en vogue (entreprise 2.0, agilité, consumérisation de l’informatique, Saas…) ? Les fournisseurs et consultants ont, semble-t-il, une préférence pour la seconde hypothèse qui leur permettra, comme ils disent, de se « repositionner ». Une chose est certaine, il faut changer nos pratiques, pour de vrai ! 
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Christophe Deshayes est conférencier d’entreprise spécialisé sur l’évolution des technologies de l'information et de la communication (TIC), leurs usages, leur impact sur les métiers et les rapports sociaux.

Après avoir exercé des fonctions opérationnelles (grands projets) et d’état-major (stratégie, coopérations technologiques) dans une des principales SSII européenne, il créé Documental en 1996, un observatoire impertinent des TIC auquel recourent de très nombreuse grandes institutions publiques et privées.

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Changements terminologique

de tdokhac , posté le 15 novembre 2011 à 14h01
Largement utilisé dans l'article, le mot "informatique" étonne.
Il y a un an déjà que le qualificatif "informatique" a réalisé sa mutation en "numérique" (cf. annonces de deux associations prestigieuses, le CIGREF et le Syntec Numérique).

Système d'information passe encore mais informatique...

Et si les changements de pratiques passaient par les changements terminologiques ? Pour de vrai !
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