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Les réseaux sociaux d’entreprise sont un risque majeur d’infobésité

Contrairement aux promesses initiales, les RSE ne casseront sans doute pas les silos des entreprises. Et ces dernières devront mettre en place des règles d'usage pour capitaliser les informations échangées.

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Il y a quinze ans, le téléphone était décrié, comme l’e-mail l’est aujourd’hui. L’informatique a beaucoup évolué depuis, mais il est frappant de constater les similitudes entre les craintes vis-à-vis des réseaux sociaux d’entreprise et celles qui existaient à l’époque avec les courriers électroniques. Les freins mis en avant pour l’adoption de ceux-ci étaient la perte de productivité et les problèmes de confidentialité. L’outil dont on se plaignait le plus, et qui concentrait tous les ressentiments, était le téléphone, accusé de tous les maux : stressant, chronophage, inadapté... L’e-mail était présenté comme le sauveur qui nous rendrait plus productifs et qui nous éviterait d’être constamment dérangés dans notre travail.
Quinze ans après, la messagerie électronique est accusée des mêmes défauts que le téléphone, et les réseaux sociaux d’entreprise font figure de sauveurs. Pourtant, il y a fort à parier que le réseau social d’entreprise (RSE) sera lui aussi bientôt critiqué. Il génère de fait beaucoup de bruit, car la même information est reprise des centaines de fois sous des formes et des formulations différentes. Mais on arrivera à la même conclusion qu’à chaque fois : ce n’est pas l’outil qui est mauvais, mais l’usage qui en est fait.

L’e-mail, le seul outil informatique qui autorise une communication universelle.

L’attention des salariés est encore focalisée à 100 % sur la messagerie électronique. Et ils n’en sortiront pas tant que le réseau social ne sera pas la colonne vertébrale des entreprises. Ces dernières ont besoin de communiquer avec l’ensemble de leur écosystème. C’est une évidence pour tout le monde, et pourtant seul l’e-mail le permet en informatique, puisque c'est le seul outil universel qui garantit l’interopérabilité entre les systèmes d'information. Il s’est du coup imposé comme un standard, ce qui le rend indispensable.
Les réseaux sociaux d’entreprise sont loin de s’interconnecter. C’était l’un des paris de Google Wave lors de son lancement : fournir un protocole pour que n’importe quel serveur Wave puisse communiquer avec les autres. Mais la tentative de Google a échoué, et les systèmes d’information sont en train de devenir une Tour de Babel. Une couche applicative au-dessus de tous les outils existants devient nécessaire.

Un risque d’infobésité réel

L’e-mail n’est pas collaboratif, et c’est son point faible. Certaines conversations doivent donc être sorties des messageries pour faciliter l’intégration de personnes extérieures. C’est justement la force des solutions collaboratives telles que les plates-formes de réseau social d’entreprise. Mais contrairement aux promesses initiales, les RSE ne casseront pas les silos des entreprises.
Si décloisonner l’information est synonyme de surcharge informationnelle, les réseaux étant en train de devenir des fourre-tout dans lesquels on ne retrouve plus rien. Nous sommes au début d’une nouvelle organisation du travail, et il est plus que jamais important d’être rigoureux et de mettre en place des règles d’usage et de bon sens pour s’assurer que l’information se transforme en savoir dont l’entreprise s’enrichit tous les jours.

Antoine Perdaens

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Antoine Perdaens est PDG et cofondateur de Knowledge Plaza, une solution de Social Knowledge Management s'appuyant sur la dynamique des réseaux sociaux d'entreprise. Diplômé de l'Ecole polytechnique de Louvain, il est passionné par les nouveaux médias ainsi que par l'évolution des usages sur internet

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