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Levée de boucliers contre les nouvelles extensions internet

Les grandes marques sont de plus en plus nombreuses à faire front contre le projet de libéralisation de l’Icann. L’intérêt des Generic Top Level Domain reste toujours à démontrer.

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Le programme de libéralisation des extensions internet est en train de se transformer en flop, en dépit de l’effort d’évangélisation fourni par l’Icann. En septembre dernier, le président de cette organisation, Rod Beckstrom, avait pris son bâton de pèlerin pour répandre la bonne parole un peu partout, et préparer le terrain pour l’ouverture des guichets d’enregistrement, le 12 janvier prochain. Mais rien n’y fait : les responsables marketing font la sourde oreille.

Parmi les résistants : Procter & Gamble, Coca-Cola, HP, Dell…

Aux Etats-Unis, une véritable fronde s’est organisée sous le nom de Crido (Coalition for Responsible Internet Domain Oversight). Créée début novembre, elle regroupe déjà 49 associations métier (publicité, marketing, communication…) et 46 entreprises, parmi lesquelles de grandes marques comme Procter & Gamble, Kellogg, HP, Dell, Coca-Cola, Adidas, Reebok, Toyota ou Wal-Mart. Tous sont contre la libéralisation prochaine des extensions des noms de domaine. Leur argument : trop cher et inutile ! « Les noms de domaine existants sont plus que suffisants pour les propriétaires des marques », estime Bob Liodice,  président de l’ANA (Association of National Advertisers), dans un message vidéo.
Les décideurs ont même l’impression de se faire arnaquer. En effet, pour une grande entreprise, l’utilité d’un gTLD (Generic Top Level Domain) est loin d’être démontrée. Et quand on pose la question aux différents promoteurs, leur réponse n'est pas très convaincante. Exemple : l’Afnic, qui espère trouver dans les nouvelles extensions un juteux relais de croissance en proposant des services de conseil et de sous-traitance technique (objectif : 20-25 % du chiffre d'affaires d’ici à 2015).

Les arguments de l’Afnic

Bertrand Louveau, directeur marketing et innovation du registre français, donne ainsi plusieurs raisons pour déposer un dossier :
1) « Le gTLD est un outil marketing puissant. » C’est l’argument le plus attendu par les responsables marketing. Problème, il manque de consistance et d’exemples concrets. Ainsi, Canon souhaiterait fournir avec son .canon une URL à chaque propriétaire d’appareil photo. Très bien, mais à quoi cela va-t-il servir ? Sans oublier que pour un internaute, une adresse internet se termine par .com ou .fr.
2) « Le gTLD permet de lutter contre le cybersquatting. » C’est vrai : à partir du moment où l’on maîtrise une extension, on décide précisément à qui l’on veut donner un nom de domaine. Mais c’est un argument de défense de marque, et non de promotion de marque. Par ailleurs, les gTLD ne supprimeront pas le cybersquatting existant (sur les .com, .fr, etc.). Et en plus, ils ouvrent la porte à un cybersquatting de haut vol, car n'importe qui peut déposer une demande sur n'importe quelle marque (.cocacola, .loreal...), à partir du moment où il signe un chèque de 185 000 dollars. La protection des marques ne compte pas.
3) « Il faut prendre de l’avance sur les autres. » Le dépôt de dossier n’est possible que pendant quelques mois, et une nouvelle occasion ne se représentera pas avant quelques années. Selon l’Afnic, celui qui met la main sur un nom générique comme .bank, .secure ou .air aura un avantage marketing durable sur ses concurrents. C’est vrai, mais là encore, il manque l’idée principale : que faire avec un tel gTLD ?

Un concours pour trouver des idées

Le problème de l’intérêt des extensions n’a d’ailleurs pas échappé à ses promoteurs. La société Afilias, qui propose des services de registre internet, a par exemple organisé un concours à ce sujet : Global Innovation Contest for New TLDs. L'objectif est de trouver des idées d’usage pour les nouvelles extensions. Trois dossiers ont été primés : .know pour créer une base de connaissance en ligne ; .sec pour un service de transfert de données sécurisés ; .med pour créer un annuaire de professionnels de santé dont l’identité est vérifiée. Pas de quoi tomber à la renverse…
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