Les 3 Suisses déménagent leur informatique dans un cloud privé
Le vépéciste procède à une refonte complète de son système d’information. Grâce à la virtualisation, il peut désormais rajouter de la puissance sur ses sites web en cinq minutes.
Groupe 3 Suisses
Activité : vente en ligne et par correspondance, services financiers, logistique.
CA 2010 : plus de 2 milliards d’euros
Effectif 2010 : 8 500 employés
Le projet
Problème à résoudre : unifier les différents systèmes d’information et mutualiser l’infrastructure informatique.
Solution déployée : SAP comme base du SI central ; migration de l’infrastructure vers un cloud privé basé sur les produits de HP, NetApp, Cisco et VMware.
Dans le Groupe 3 Suisses, il se prépare un Big Bang. Le spécialiste de la vente à distance vient de démarrer un énorme chantier, celui de la fusion des systèmes d'information (SI) de toutes ses marques B to C (3 Suisses, Blanche Porte, Becquet, ...). Soit au total six SI différents, qui fonctionnent tous encore sous mainframe. L'objectif est de les unifier désormais sur une base logicielle SAP, qui pilotera le coeur de métier du groupe: la gestion de la vente de détail et la comptabilité.
Sur cette base se grefferont alors les autres logiciels métier, sélectionnés selon une logique best of breed: achats, facturation, règlement fournisseur, gestion des entrepôt, commandes clients, marketing, etc. L'enseigne 3 Suisses, qui a commencé à migrer il y a un an, devrait être opérationnelle en janvier 2012, au bout de plus de 130 000 jours-homme de travail. Les autres entités seront intégrées dans le nouveau système unificateur au fur et à mesure, dans les deux années qui suivront.
Banaliser l’infrastructure et la rendre souple face aux besoins
L'originalité de cette fusion est qu'elle n'est pas seulement logicielle, mais aussi matérielle, avec la création d'une infrastructure commune de cloud privé. Pierre Gressier, DSI de Commerce Btoc, l'entité juridique qui regroupe les enseignes B to C du groupe, a souhaité mener de front les deux combats. « On a des sites en silos, totalement obsolètes. Sans un schéma directeur des infrastructures, la refonte des SI ne serait pas satisfaisante pour les utilisateurs. On finirait par rajouter des serveurs à droite à gauche », explique-t-il.
Deux raisons ont guidé le choix d’une architecture de type cloud privé. « Basé sur les technologies de virtualisation, le cloud privé permet de complètement banaliser l'infrastructure et de répartir le plus souplement possible la puissance entre les applications, en fonction des besoins. Ce qui permet de faire des économies sur le matériel, explique Pierre Gressier. Par ailleurs, en mutualisant l'informatique de toutes ces enseignes, nous avons une masse critique suffisante pour créer un cloud privé qui soit économiquement rentable. Pour un petit acteur, le cloud public serait davantage adapté. »
Evidemment, Rome ne s'est pas faite en un jour. Pour mettre en place cette nouvelle infrastructure, Pierre Gressier va, là aussi, procéder par étapes. La première pierre de l'édifice est déjà posée. Il s'agit d'un cloud privé pour les serveurs web. Le Net est aujourd'hui un axe prioritaire de développement.
Cinq minutes pour augmenter la puissance du site web
Opérationnelle depuis le début de l'année, l'infrastructure a été réalisée par une équipe de dix personnes, en l'espace de six mois et sans problème majeur. Elle permet de mutualiser plus de 600 serveurs web Apache et serveurs Java, et quelque 800 téraoctets de stockage. Le groupe a choisi les serveurs en lame de HP, les baies de stockage de NetApp et un coeur de réseau Cisco. La technologie de virtualisation est fournie par VMware.
« Il faut bien choisir ses technologies de base et faire attention à l'assemblage, souligne Pierre Gressier. Baies de disques et matériels réseau doivent être optimisés pour la copie de machines virtuelles. Nous disposons maintenant du socle technologique pour tout ce qu'on mettra en place à l'avenir. »
Il est encore trop tôt pour faire un bilan complet de cette nouvelle infrastructure. Mais quelques bénéfices se font d'ores et déjà sentir, surtout au niveau de la qualité de service. « Désormais, nous pouvons ajouter de la puissance sur nos sites web en l'espace de cinq minutes. Ce qui permet d'éviter les erreurs de connexion en période de forte charge, comme pendant les soldes par exemple », ajoute le DSI.
Mais cette flexibilité a aussi un prix : il est nécessaire de bien planifier à l’avance les besoins de calcul pour lisser au maximum la puissance tout au long de l’année. Surtout quand l’infrastructure sera généralisée à l’ensemble des applications. Cette planification se fait en fonction du calendrier des évènements de l’entreprise : pic de vente en Noël, clôture comptable, tests de charge, actions marketing, etc. De quoi renforcer le dialogue entre la DSI et les directions métier.

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